Michel-Marie Pacthod

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Michel-Marie Pacthod
Image illustrative de l'article Michel-Marie Pacthod

Naissance 16 janvier 1764
Saint-Julien-en-Genevois (royaume de Sardaigne)
Décès 24 mars 1830 (à 66 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade général de division
Années de service 17861827
Distinctions comte de l'Empire
grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 26e colonne.

Michel-Marie Pacthod est un militaire italien, né le 16 janvier 1764 à Saint-Julien-en-Genevois[1], naturalisé français le 14 août 1816, et mort le 24 mars 1830 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il exerce en 1786 la charge de commissaire-auditeur des guerres à Carouge, lorsqu'il est admis au service militaire en Piémont. Le 15 décembre 1792, il est nommé, par le représentant du peuple Hérault de Séchelles, capitaine d'une compagnie franche du Mont-Blanc à l'armée des Alpes, et il devient chef du 2e bataillon de volontaires nationaux du même département le 1er mai 1793.

Il se fait remarquer au siège de Toulon. En récompense de la bravoure et de l'intelligence qu'il montre dans toutes les actions qui ont lieu contre cette ville, et dans l'une desquelles il est blessé d'un coup de canon, les représentants du peuple en mission à Toulon, le font adjudant-général chef de brigade, et lui confient le commandement temporaire de Marseille. 5 000 Toulonnais ayant marché contre cette dernière ville, il se met à la tête de la garnison, composée de 900 hommes, les repousse et les poursuit jusque sous les murs de Toulon, où il entre quelques jours après et rétablit l'ordre. Il revient à Marseille au moment où les égorgeurs se sont emparés du fort Saint-Jean et massacrent les prisonniers ; il se transporte dans ce fort, arrête les massacres et fait saisir les principaux assassins. Les représentants du peuple le nomment général de brigade le 7 prairial an III (26 mai 1795).

En vendémiaire an IV (octobre 1795), le représentant Fréron lui ôte son commandement et l'envoie à l'armée des Alpes[2].

En l'an V, le général Kellermann certifie qu'il a servi sous ses ordres, à l'armée des Alpes, avec beaucoup de zèle et d'activité. En l'an VI, le général Augereau demande qu'il soit employé et lui confit le commandement de la place de Strasbourg ; réformé par le Directoire, le 5 prairial (24 mai 1798)[3] Mis de nouveau en activité le 15 fructidor an VII (1er septembre 1799), il sert à l'armée de Hollande.

Il est nommé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII (11 décembre 1803), électeur du département du Léman, et commandant de l'ordre le 25 prairial (14 juin 1804), il passe au 1er corps de la Grande Armée en fructidor an XIII (août 1805).

Il fait les campagnes des ans XII et XIII à l'armée de Hanovre et celles de la Grande Armée jusqu'au milieu de 1808. Le 4 novembre 1806, il appuie le maréchal Bernadotte à Crevismulen[4] et se distingue deux jours plus tard à la prise de Lubeck. En récompense, Bernadotte le propose pour le grade de général de division.

Il se distingue à nouveau lors de la bataille de Mohrungen, le 25 janvier 1807, où il reçoit un coup de biscaïen à la hanche gauche. À la bataille de Friedland le 14 juin, le 1er corps, dont il fait partie, ayant fortement secondé le succès de cette journée, le duc de Bellune demande de nouveau de l'avancement pour cet officier général, mais l'Empereur ajourne de faire droit à cette demande jusqu'à la première victoire remportée sur les armées espagnoles. Cette occasion se présente bientôt.

En octobre 1808, il passe au 1er corps de l'armée d'Espagne, il enleve, le 16 novembre, la position de l'ennemi à Espinosa, et l'issue de cette glorieuse bataille décide cette promotion méritée et promise. Fait général de division sur le champ de bataille, il se distingue d'une manière plus brillante encore le 2 décembre suivant, à l'attaque de Madrid, et à Uclès, en janvier 1809, où toute l'infanterie espagnole est faite prisonnière de guerre.

Le 24 mars, il prend le commandement d'une division à l'armée d'Italie. À l'attaque du fort de Malborghetto, il saute le premier dans les retranchements et s'en empare le 17 mai suivant. Il cueille de nouveaux lauriers, le 14 juin, à la bataille de Raab et à la bataille de Wagram, où il reçoit une blessure grave. Le 9 mai 1810, il rejoint l'armée de Naples ; mis en disponibilité le 23 décembre 1811, il reçoit, le 16 mars 1812, l'ordre de se rendre à l'armée d'Illyrie.

En janvier 1813, il commande la division du corps de l'armée d'observation d'Italie, et, le 17 mars suivant, la 2e division du même corps. Passé au 42e corps de la Grande Armée le 24 avril, il fait la campagne de Saxe. Il prend une part très active à la bataille de Bautzen, le 20 mai, et reçoit de Napoléon Ier le titre de comte de l'Empire. Le 28 du même mois, il oblige 8 000 Prussiens à mettre bas les armes à Hoyerswerda, et verse de nouveau son sang pour la patrie à la bataille de Hanau. L'Empereur le fait grand officier de la Légion d'honneur le 22 juillet suivant.

Le 31 octobre de la même année, à l'attaque du pont de Saxe-Hausen, à Francfort-sur-le-Main, il commande en chef un corps d'armée de deux divisions de la jeune garde, en remplacement du maréchal Oudinot, duc de Reggio, couvert de blessures, lorsqu'il est lui-même grièvement atteint d'un coup de feu à l'épaule gauche.

Dans la campagne de France, il se trouve placé, à la tête d'un corps de 4 000 gardes nationaux de Sens et Montereau-Fault-Yonne. Il soutint pendant six heures un combat sanglant à la Fère-Champenoise, le 25 mars. Ses six carrés de soldats en sabots et chapeaux sont accablés par les charges répétées de 20 000 cavaliers et les tirs d'artillerie de 100 canons des armées russe et prussienne. Les deux souverains alliés, témoins de cette défense héroïque, réussissent à le convaincre, blessé au bras, et les 1 400 soldats survivants de se rendre. Il est libéré en avril, après la chute de l'Empire.

À la suite des événements du 20 mars 1815, il a reçu du gouvernement impérial l'ordre de se rendre à l'armée des Alpes pour y prendre le commandement de la 13e division militaire, mais il n'obéit pas à cette injonction, et il est remplacé le 10 mai 1815 et mis en disponibilité.

Le 1er juillet 1815, Louis XVIII le nomme inspecteur général d'infanterie dans les 8e et 9e divisions militaires. Le 30 décembre suivant, compris comme inspecteur général d'infanterie dans le cadre d'organisation de l'état-major général, et il est mis en disponibilité le 30 décembre 1819. il comparait devant le 1er conseil de guerre permanent, siégeant à Paris, le 24 septembre 1822, comme accusé de s'être porté à des voies de fait envers un adjudant de la ville de Paris, de service au jardin Beaujon. Le conseil de guerre l'acquitte à l'unanimité, le déclarant non coupable d'injures et de voies de fait envers le dit adjudant, et le décharge de toute espèce de blâme et de culpabilité dans l'action portée contre lui.

Membre de la commission de révision du Code de justice militaire le 15 juin 1822, et remis en disponibilité le 1er mars 1823, il obtient sa retraite en 1827.

Il meurt à Paris le 24 mars 1830 et il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (40e division)[5]. Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté sud (26e colonne).

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Armes du baron Michel-Marie Pacthod et de l'Empire

Coupé : au 1, d'or, à une tour de sable, maçonnée et ouverte du champ; au 2, d'azur, à trois croissants d'or ; au canton des barons militaires brochant.[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Située dans le duché de Savoie appartenant au royaume de Sardaigne, la ville fut intégrée en 1792 au département du Mont-Blanc lors de sa formation, puis au département du Léman de 1798 à 1814 et à nouveau au département du Mont-Blanc en 1814-1815, avant de revenir au royaume de Sardaigne en 1815. Elle ne redevient définitivement française qu'en 1860 suite à la ratification du traité de Turin validant l'annexion de la Savoie.
  2. il attribut cette mesure arbitraire à une dénonciation adressée à la Convention sur sa conduite contre les révoltés toulonnais, en prairial. À cette occasion, les représentants du peuple dans le département du Mont-Blanc font le plus grand éloge des qualités morales et des talents de cet officier, noté comme paraissant avoir reçu une éducation distinguée.
  3. Par suite des préventions qu'ont fait naître contre lui les friponneries de son secrétaire qui a fait de faux bons, il s'en justifie, en faisant observer que le délit a été commis dans la partie administrative, absolument étrangère à sa surveillance et à sa responsabilité. Les représentants du peuple du Bas-Rhin et l'administration centrale du département certifient que personne ne s'est plaint de lui pendant son commandement à Strasbourg, et qu'il est généralement aimé et estimé dans cette ville.
  4. « Le 4 novembre, l'ennemi prend position à Crevismulen ; le prince de Ponte-Corvo culbute l'arrière-garde, mais il ne peut entamer ce corps, parce qu'il n'a que 600 hommes de cavalerie, et que celle de l'ennemi est beaucoup plus forte. Le général Vattier a fait, dans cette affaire, de très-belles charges, soutenues par les généraux Pactod et Maisons, avec le 27e régiment d'infanterie légère et le 8e de ligne. » Œuvres de Napoléon Bonaparte, tome 4, chap. 5, 1821.
  5. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père-Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 616-617
  6. Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy

Sources[modifier | modifier le code]