Michèle Bernstein

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Michèle Bernstein

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Michèle Bernstein avec Guy Debord (au centre) et Asger Jorn (à droite) en 1957 à Cosio d'Arroscia.

Activités Écrivain et critique
Naissance 28 avril 1932
Paris (France)
Langue d'écriture Français
Genres Roman et critique

Œuvres principales

  • Tous les chevaux du roi (1960)
  • La Nuit (1961)

Michèle Bernstein, née à Paris le 28 avril 1932, est une écrivaine française, membre fondatrice de l'Internationale situationniste. Elle fut également la première épouse de Guy Debord qu'elle rencontre en 1952.

Elle participe à l'Internationale lettriste et à son bulletin Potlatch (1954-1957) puis à l'Internationale situationniste jusqu'à sa démission en 1967. Elle publie deux romans au début des années 1960. Elle divorce de Guy Debord en 1972.

Elle s'installe ensuite en Angleterre où elle devient la compagne de Ralph Rumney. Elle tient, pendant quelques années, à partir de 1982, une chronique littéraire dans Libération.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Michèle Bernstein naît à Paris dans une famille juive d'origine russe. En 1952, elle étudie à la Sorbonne mais s'y ennuie. Elle commence alors à fréquenter Chez Moineau, un bistrot situé 22, rue du Four. Elle y fait la connaissance du cercle d'artistes et de marginaux qui commençaient à se faire connaître sous le nom d'Internationale lettriste. Avec Patrick Straram elle se rend au Havre en août 1952 pour voir de près les endroits où Sartre a situé l'intrigue de La Nausée.

Le 17 août 1954, Michèle Bernstein épouse Guy Debord. Elle écrit dans Potlatch, bulletin de l'Internationale lettriste. En 2001, elle dira de Guy Debord : « Je l'ai aimé, et je suis désolée qu'il ne soit pas ici avec nous. »

Du lettrisme à l'Internationale situationniste[modifier | modifier le code]

L'Internationale lettriste cherche à transcender les activités artistiques traditionnelles en produisant des situations en dérivant à travers Paris. Les lettristes procèdent aussi au détournement de textes pré-existants.

Vers 1957, la plupart des membres de l'Internationale lettriste avaient quitté le groupe ou en avaient été exclus. Ses membres restant décident de fusionner avec deux autres groupes (le Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste et le Comité psychogéographique de Londres constitué du seul Ralph Rumney[1]) afin de constituer l'Internationale situationniste. Michèle Bernstein et Guy Debord visitent Cosio d'Arroscia en juillet 1957. C'est là que le 28 juillet 1957, l'Internationale situationniste est officiellement fondée.

Michèle Bernstein écrit de nombreux articles pour la revue de l'I.S., seule ou en collaboration. Elle écrit deux romans qui sont publiés par Buchet-Chastel, maison qui publiera plus tard La Société du spectacle de Debord. Dans Tous les chevaux du roi (1960) et La Nuit (1961), Michèle Bernstein met en scène sa vie avec Guy Debord dont le libertinage est un élément essentiel.

En septembre 1964, elle écrit un article sur les situationnistes pour le Times Literary Supplement.

Durant les premières années de son existence, les situationnistes continuèrent à développer dans de nouvelles directions les thèmes déjà explorés dans l'Internationale lettriste. Considérant que l'art avait été achevé par eux, les situationnistes se tournèrent de plus en plus vers des thèmes socio-politiques afin de réaliser leur philosophie. La révolte de Mai 1968 donne un grand écho aux thèses des situationnistes.

Cependant, Michèle Bernstein s'était officiellement retirée de l'I.S. en 1967. Son mariage avec Debord bat de l'aile depuis que celui-ci s'est rapproché d'Alice Becker-Ho. Michèle Bernstein divorce de Guy Debord le 5 janvier 1972. Debord épouse Becker-Ho quelques mois plus tard.

Les années anglaises[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, Michèle Bernstein retrouve Ralph Rumney qui avait participé à la fondation de l'Internationale situationniste avec le Comité psychogéographique de Londres. Rumney avait été exclu de l'I.S. après neuf mois. Bernstein et Rumney ne s'étaient plus revus depuis près de vingt ans. Ils décident de se marier. Ils divorceront quelque temps après mais ils resteront proches, tout comme Bernstein était restée proche de Guy Debord malgré leur divorce.

En 1982, Michèle Bernstein s'installe à Salisbury et devient critique littéraire pour le journal Libération.

Ralph Rumney observe ceci à propos de Michèle Bernstein  : « Selon moi, elle est la plus situationniste de tous. C'était elle qui à Cosio en 1957 corrigeait ceux qui employaient le terme de "situationnisme" au lieu de "situationniste", car lorsque quelque chose devient un "isme" il y a de fortes chances que ce soit une idéologie ou une secte. Elle refuserait de l'admettre mais je crois qu'elle avait un certain ascendant sur Guy Debord. Elle utilisait cette autorité de façon discrète, mais au bon moment. Elle savait comment le freiner quand il tombait dans les pires exagérations. Entre Guy et Michèle, il y avait une complicité véritable et solide quand ils étaient mariés, et même après. »[2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ces deux romans racontent la même intrigue en deux styles différents, habilement maîtrisés.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Consul, Ralph Rumney, éditions Allia, Paris, 1999, p. 43
  2. Le Consul, Ralph Rumney, éditions Allia, Paris, 1999, p. 116