Mahaut d'Artois

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Mahaut d'Artois
Sceau de Mahaut d'Artois.
Sceau de Mahaut d'Artois.

Titre Comtesse d'Artois
Prédécesseur Robert II
Successeur Jeanne Ire
Biographie
Dynastie Maison capétienne d'Artois
Naissance 1268
Décès
Abbaye de Maubuisson
Père Robert II d'Artois
Mère Amicie de Courtenay
Conjoint Othon IV de Bourgogne
Enfants Jeanne de Bourgogne
Blanche de Bourgogne
Robert de Bourgogne

Arms of the County of Artois.svg

Mathilde d’Artois, dite Mahaut d’Artois[1] (1268- ), est une princesse de la maison capétienne d'Artois, comtesse d’Artois, pair de France par son titre de comtesse d'Artois, comtesse de Bourgogne par son mariage avec le comte Othon IV de Bourgogne, et belle-mère des rois Philippe V de France et Charles IV de France par les mariages de ses deux filles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du comte capétien Robert II d'Artois et d'Amicie de Courtenay, elle naît en 1268.

Mariage avec le comte Othon IV de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Le , elle se marie avec le comte Othon IV de Bourgogne de la maison d'Ivrée, dont elle a deux filles et un fils Robert, mort à l'âge de 15 ans

Héritière du comté d'Artois[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 1302 son père meurt à la bataille de Courtrai, en Belgique, contre les Flamands du comté de Flandre, bataille qu'il mène pour le compte de son suzerain, le roi Philippe IV de France (Philippe le Bel). Elle lui succède comme comtesse d'Artois en occultant son neveu Robert III d'Artois, alors âgé de 16 ans, fils de son frère cadet Philippe d'Artois, mort le après une blessure reçue à la bataille de Furnes contre le comté de Flandre. Les lois de succession du comté d'Artois écartent les petits-enfants du dernier comte au profit de ses frères et sœurs.[réf. nécessaire]

Régente du comté de Bourgogne[modifier | modifier le code]

En 1303 son mari le comte Othon IV de Bourgogne meurt à son tour des blessures reçues à la bataille de Courtrai contre les Flamands du comté de Flandre. Elle devient veuve et son fils Robert de Bourgogne, âgé de 3 ans, succède à son père sous la régence de sa mère.

Ses deux filles épousent des héritiers du royaume de France[modifier | modifier le code]

Elle marie ses deux filles aux héritiers du roi Philippe IV de France :

En 1309 son neveu Robert III d'Artois lui fait un premier procès, qu'il perd, devant la cour des pairs du roi de France pour essayer de récupérer son héritage du comté d'Artois.

En 1314, Blanche de Bourgogne est condamnée pour adultère avec Gauthier d'Aunay sans avoir donné d'héritier mâle à Charles IV de France.

Le fils aîné de Mahaut, Robert de Bourgogne, meurt à l'âge de 15 ans en 1315, et sa fille Jeanne II de Bourgogne hérite du comté de Bourgogne.

En 1316, Robert III d'Artois organise une insurrection du comté d'Artois contre Mahaut, qui fait face.

Sa fille Jeanne II de Bourgogne devient reine de France[modifier | modifier le code]

À la mort de Louis X de France (fils aîné de Philippe IV de France) et de Jean Ier de France (Jean le Posthume), son seul héritier, âgé de 5 jours, Philippe V de France et la comtesse Jeanne II de Bourgogne sont sacrés roi et reine de France à la cathédrale Notre-Dame de Reims en janvier 1317.

Robert III d'Artois fait un second procès à Mahaut en 1318 devant la cour des pairs du roi de France pour récupérer le comté d'Artois, son héritage légal. Il est débouté. Lors d'un nouveau procès intenté dix ans plus tard, la mise en évidence du faux fourni par Jeanne de Divion fait perdre à Robert son procès. Jeanne de Divion est condamnée au bûcher, et Robert dépossédé de tous ses biens et banni en 1332.

Sa fille Blanche de Bourgogne devient reine de France[modifier | modifier le code]

Philippe V de France meurt de dysenterie et de fièvre le 3 janvier 1322 à Longchamp, près de Paris, sans héritier mâle. Son frère Charles IV de France lui succède et est sacré roi de France à Reims le 21 février. Blanche de Bourgogne devient reine de France tout en étant en prison pour adultère, et son mariage est annulé le 19 mai par le pape Jean XXII. Elle finit sa vie dans l'abbaye de Maubuisson près de Pontoise, où elle meurt en avril 1326.

Le 1er février 1328, Charles IV de France, dernier des trois fils de Philippe IV de France, meurt sans héritier mâle à Vincennes, ce qui marque la fin de la dynastie des Capétiens directs et pose un problème de succession au royaume de France, résolu par l'assemblée des barons qui désignent Philippe VI de France (neveu de Philippe IV le Bel) comme successeur de Charles IV.

Début de la guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Le roi Édouard III d'Angleterre, fils d'Édouard II d'Angleterre et d'Isabelle de France (la dernière fille vivante de Philippe IV le Bel), encouragé par Robert III d'Artois et appuyé par les ducs de Bourgogne, revendique le trône de France, ce qui déclenche la guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre.

Disparition[modifier | modifier le code]

Le 23 octobre 1329, Mahaut, après avoir dîné à Poissy avec le roi Philippe VI, passe la nuit à l’abbaye royale de Maubuisson. Le lendemain, elle rentre à Paris. Le 25, dans la nuit, elle tombe subitement malade ; son médecin accourt mais les saignées et remèdes divers ne peuvent rien, la comtesse meurt le 27 octobre. Son corps est inhumé à l’abbaye de Maubuisson, aux pieds de son père, tandis que son cœur est porté à l’église des Cordeliers de Paris dans la tombe de son fils. Sa fille, la comtesse Jeanne II de Bourgogne, lui succède au titre de comtesse d'Artois. Soupçonné de l’avoir empoisonnée, son neveu Robert III d'Artois s’enfuit et se réfugie en Angleterre, où il soutient les prétentions du roi Édouard III à la couronne de France, d’où découlera la guerre de Cent Ans.

Mahaut d'Artois dans la culture[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Portrait de Mahaut d'Artois dans Les Rois maudits[modifier | modifier le code]

Impopulaire en raison de son autoritarisme, certains de ses ennemis l'ont accusée de la mort des rois Louis X le Hutin et Jean Ier le posthume. Ce sont justement ces accusations, vraies ou fausses, que l’écrivain Maurice Druon reprend dans son œuvre littéraire Les Rois maudits. Le tableau qui en ressort est pourtant loin de la réalité historique : Mahaut d’Artois était une excellente gestionnaire, n’intervenant qu’à bon escient dans la vie communale. Si elle a défendu ses droits avec âpreté, elle n’a pas cherché à envenimer les querelles.[réf. nécessaire] Elle s’est également montrée généreuse dans ses dons aux pauvres, aux monastères et aux hôpitaux. Enfin, elle a manifesté sa volonté de protéger les arts et d’encourager l’enluminure des nombreux manuscrits qu’elle a fait copier.

Dans la série de romans de Maurice Druon, portée à l’écran en 1972 et 2005, Mahaut d’Artois est décrite comme une conspiratrice et calculatrice perverse, prête à tout pour conserver l’Artois. Elle spolie son neveu Robert III d'Artois du comté, puis tente de faire de ses deux filles des reines de France en les mariant avec les héritiers du roi Philippe le Bel, et en jouant de poisons et diverses intrigues pour aider ses gendres à accéder au trône. Robert, pour se venger de sa tante, intrigue dans le sens contraire. Le conflit entre Mahaut et Robert pour le pouvoir contribue à la fin de la dynastie capétienne directe, ce qui provoque la revendication du trône de France par le roi Édouard III d'Angleterre, fils d’Isabelle de France, la seule fille survivante de Philippe le Bel, et mène à la guerre de Cent Ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Le Nabour, Les Rois maudits, l'enquête historique, Perrin,‎ 2005 (ISBN 2-262-02396-4).
  • Jules Marie Richard, Une petite nièce de Saint Louis. Mahaut Comtesse d'Artois et de Bourgogne, Champion,‎ 1887

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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comtesse d'Artois
1302-1329
Jeanne II de Bourgogne

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]