B. Traven

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B. Traven

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Ret Marut, Londres, 1923

Activités écrivain
Décès 26 mars 1969
Mexico (Drapeau du Mexique Mexique)
Langue d'écriture allemand, anglais, espagnol

Œuvres principales

Le Vaisseau des morts
Le Trésor de la Sierra Madre

B. Traven (1882 ? - Mexico, 26 mars 1969) est le pseudonyme d'un écrivain de langue allemande, entre autres.

Son roman le plus célèbre reste Der Schatz der Sierra Madre, qui a été porté à l'écran par John Huston (Le Trésor de la Sierra Madre). Depuis au moins 1926, B. Traven a cherché à brouiller les pistes sur son passé : pour lui, seule comptait l'œuvre. En 1982, des recherches sérieuses ont démontré que B. Traven avait été dans son passé acteur et activiste politique sous le nom de Ret Marut mais aussi traducteur. Parmi ses autres pseudonymes, on relève : Traven Torsvan, Berick Torsvan, Otto Feige, Kraus Linger, Richard Wienecke, Hugo Kronthal.

Il est l'auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages et est considéré comme un écrivain majeur du XXe siècle[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

La revue anarchiste Der Ziegelbrenner dirigée par Ret Marut.
Le journal Vorwärts.

Le nom de « B. Traven » apparaît très exactement et pour la première fois sur la scène littéraire allemande en avril 1925 avec un court roman intitulé Die Baumwollpfücker (« Les cueilleurs de coton ») : le manuscrit provient de Tampico, Mexique[2]. Entre 1926 et 1982, à mesure que B. Traven se fait un nom, des enquêtes sur les origines de cet écrivain ne cesseront de paraître. Il demeure encore aujourd'hui des doutes sur le lieu et la date de sa naissance, sur sa nationalité d'origine, ainsi que sur les conditions de son enfance et de son adolescence. Cependant, on connait désormais l'essentiel de son parcours.

Selon lui, il naît le 25 février 1882 à San Francisco, ou le 3 mars 1890 à Chicago[3]… En fait, celui qui signait B. Traven, était auparavant un acteur connu sous le nom de « Ret Marut » qui, dès 1907, parcourt les tréteaux d'Allemagne avec Elfriede Zelcke, sa compagne. Marut lui-même mentionna l'année 1882 et la ville de San Francisco, information proprement invérifiable[4], et ce, par deux fois aux autorités allemandes en 1908 et 1912.

La guerre de 1914 éclate, il n'est pas enrôlé, mais devient journaliste et écrivain. Secondé par Irene Mermet, sa nouvelle amie et collaboratrice, Marut va publier des nouvelles pacifistes et surtout, à partir de 1917 diriger, malgré la censure, une revue anarchiste, Der Ziegelbrenner (Le Fondeur de Brique) vendu sur abonnement. Le 7 novembre 1918, se crée la République des conseils de Bavière, à laquelle Marut va participer activement avec Irene. Responsable de la presse, il est arrêté le 2 mai 1919, mais réussit à s'évader, puis en compagnie d'Irene, il va errer pendant quatre ans et demi à travers l'Europe, sous divers pseudonymes. Le 30 novembre 1923 il est arrêté à Londres pour défaut de permis de séjour et emprisonné deux mois et demi à la prison de Brixton. Ayant perdu tous ses papiers, il déclare à la police s'appeler Otto Albert Max Feige né le 23 février 1882 à Schwiebus en Brandebourg[5] et être de nationalité américaine[6]. Sa demande de passeport américain est rejetée. Il s'y présente en tant que Ret Marut. Mais aucun lien entre le dit Feige et Marut n'est établi par le Home Office qui est en contact avec le FBI. Finalement il réussit le 17 avril 1924 à embarquer sur un cargo, vers Tampico, port mexicain.

Sa découverte du Mexique et de l'exploitation des indiens va devenir le moteur premier de ses écrits et de sa vie pendant ces dix années prolifiques. Ses ouvrages seront écrits en allemand et publiés par le journal social-démocrate Vorwärts en feuilletons, puis par la Guilde du Livre à Berlin grâce à l'appui de son « découvreur », Ernst Preczang. Inauguré par Les Cueilleurs de coton, suivront Le Vaisseau des Morts et Le Trésor de la Sierra Madre avec pour personnage récurrent Gérald Gale. Parallèlement, Traven participe à des expéditions archéologiques et ethnologiques au Chiapas comme photographe, sous le nom de Traven Torsvan, tout en suivant des cours de civilisation et d'histoire indianiste à l'université de Mexico.

À partir de 1928, il entame le « cycle de la Jungle », avec des nouvelles et récits comme L'Arbuste et Le Pays de printemps (illustrés de ses photos) et des romans comme Un pont dans la jungle et Rosa Blanca. À partir de 1931, il obtient un permis de séjour et part s'installer près d'Acapulco, dans une auberge à Parque Cachu. Puis, c'est le cycle de la caboa (acajou), le plus prolifique avec notamment La Charette, Gouvernement, La Révolte des Pendus et Le Général de la jungle. Entre temps, la prise de pouvoir par Hitler contraint les éditeurs à transférer la publication de ses ouvrages en Suisse à Zurich. En homme avisé, Traven envoie également ses manuscrits aux États-Unis et à Londres, où ils vont connaitre un succès immédiat. Dans ces années-là, Traven va faire la connaissance d'Esperanza López Mateos, sœur du futur président du Mexique, qui devient la traductrice de ses livres en espagnol et sa nouvelle compagne. Après Le Général de la jungle publié en 1939 en Suède il a pratiquement cessé d'écrire, à part un curieux roman Aslan Norval en 1960, dont l'action se situe aux États-Unis.

Après le suicide d'Esperanza López Mateos en 1951, il s'installe à Mexico, dans la maison de Rosa Elena Luján, qui sera sa secrétaire, puis son épouse. Désormais, il se consacre à la diffusion de ses livres et aux adaptations de ses films (9 de son vivant). Après l'épisode du tournage du Trésor de la Sierra Madre, le journaliste Louis Spota révèle que l'agent littéraire Hal Croves, qui a supervisé l'adaptation du roman, s'appelle en réalité Torsvan et n'est autre que le célèbre écrivain B. Traven lui-même. Commence alors la « chasse au Traven » dont il s'amusera à déjouer tous les pièges avec habileté jusqu'à sa mort survenue le 26 mars 1969.

Un mois plus tard, sa veuve, Rosa Elena Luján, annonça que Hal Croves (B. Traven Torsvan à l'état-civil mexicain) était en réalité Ret Marut.

Selon ses volontés, ses cendres furent dispersées au-dessus du Chiapas.

Réputation[modifier | modifier le code]

B. Traven commence à être reconnu comme auteur d'abord... en Allemagne ! C'est paradoxalement en fuyant ce pays, que, depuis le Mexique, et par le biais de la Guilde du livre Gutenberg, il se fait un nom comme auteur des oubliés, des opprimés et des prolétaires. Sur le marché américain, il vend très peu, et ce jusqu’au moment de l'adaptation en 1947 du Trésor de la Sierra Madre par John Huston. Auparavant, cet ouvrage s'était vendu à seulement 2 800 exemplaires chez Knopf[7].

Son œuvre a été vendue à plus de 25 millions d'exemplaires dans le monde entier. Il est considéré comme un auteur national au Mexique et en Allemagne. Plusieurs biographies lui ont été consacrées aux États-Unis. Sa vie a inspiré L'Homme sans empreintes, un roman d'Éric Faye.

En ce qui concerne sa langue d'écriture privilégiée dans les années 1920-1930, il s'agit de l'allemand. Par la suite, ses tentatives de rédiger directement ses textes en anglais et en espagnol, relèvent de nombreux germanismes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Die Baumwollpflücker (Les Ramasseurs de coton), 1925
  • Der Wobbly, 1926 - version augmentée du précédent[8].
  • Le Vaisseau des morts (Das Totenschiff), 1926, (ISBN 2-7071-3967-X)
  • Le Trésor de la Sierra Madre, 1927
  • Der Busch (L'Arbuste), 1928 - cinq de ces nouvelles sont traduites dans Le Visiteur du soir.
  • Land des Frühlings (Le Pays du printemps), 1928 (pas de traduction disponible).
  • Le Pont dans la jungle, Paris, Gallimard, 1929, (ISBN 2-07-042643-2)
  • Rosa Blanca, 1929, (ISBN 2-7071-4576-9)
  • Le cycle de Caoba (l'Acajou) :
  • Sonnen-Schöpfung / Indianische Legende (« La Création du soleil - légende indienne »), 1936
  • Le Général de la Jungle, 1937
  • Macario, 1950 - traduit dans Le Visiteur du soir.
  • Aslan Norval, 1960 (pas de traduction disponible)
  • Le chagrin de saint Antoine et autres histoires mexicaines, Paris, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-5908-3)
  • Le Visiteur du soir, (ISBN 2-234-04938-5) - dont la nouvelle Le Troisième Invité, adapté à l'écran.
  • Dans l'État le plus libre du monde, 1994 et 1996, choix d'articles du Ziegelbrenner traduits en français, Arles, Actes Sud (ISBN 978-2-7427-2397-3).

Adaptations à l'écran de son vivant[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baumann Michael Leopold, B. Traven, An Introduction, Albuquerque, University of New Mexico Press, 1976.
  • Baumann Michael Leopold, Mr. Traven, I Presume?, Bloomington, Indiana University Press, 1997.
  • Beck Johannes, Bergmann Klaus, Boehncke Heiner, Das B. Traven-Buch, Reinbek, Rowohlt Taschenbuch Verlag, 1976.
  • Dammann Günter (ed.), B. Travens Erzählwerk in der Konstellation von Sprachen und Kulturen, Würzburg, Königshausen & Neumann, 2005 (Actes d’un congrès tenu à Eutin en Allemagne, du 24 au 27 septembre 2003).
  • Guthke Karl Siegfried, B. Traven: Biographie eines Rätsels, Francfort-sur-le-Main, Büchergilde Gutenberg, 1987.
  • Heinz Ludwig Arnold (ed.), B. Traven, Munich, Text und Kritik, 1989.
  • Jenkins Philip, Schürer Ernst, B. Traven, Life and Work, University Park, Pennsylvania State University Press, 1987.
  • Raskin Jonah, À la recherche de B. Traven, Arles, Les Fondeurs de briques, 2007.
  • Recknagel Rolf, B. Traven. Beiträge zur Biografie, Leipzig, Reclam, 1966, 1971, 1982 - traduite en français sous le titre : Insaisissable. Les aventures de B. Traven, Montreuil, L’Insomniaque, 2008. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • ouvrage collectif, Der Feuerstuhl und die Fährtensucher. Rolf Recknagel, Erich Wollenberg, Anna Seghers auf den Spuren B. Travens, Berlin, Karin Kramer, 2002.
  • Stone Judy, The Mystery of B. Traven, Los Altos, William Kaufmann, 1977.
  • Treverton Edward N., B. Traven: A Bibliography, Lanham, Scarecrow Press, 1999.
  • Wyatt Will, The Man Who Was B. Traven, Londres, Le Cap, 1980.
  • Signalons également la parution des BT-Mitteilungen, Zurich, Büchergilde Gutenberg, 36 numéros, janvier 1951-avril 1960
  • Golo, Traven, portrait d'un anonyme célèbre (bande dessinée, Futuropolis, 2007)
Documentaires vidéo
  • Will Wyatt & Robert Robinson, B. Traven, A Mystery Solved, 1978.
  • Xavier Villetard, L'énigmatique histoire de B. Traven, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La biographie la plus sérieuse et la plus complète est celle de Rolf Recknagel, parue sous le titre B. Traven, Beiträge zur Biografie à Leipzig en 1966 et entièrement révisée en 1982 : cette dernière version qui fait aujourd'hui autorité a été traduite en français par Adèle Zwicker sous le titre : Insaisissable. les aventures de B. Traven (Montreuil, L’Insomniaque, 2008 (ISBN 978-2-915694-36-9)).
  2. Il fut publié en feuilleton dans le journal berlinois Vorwärts (été 1925).
  3. Cette date fut communiquée par Traven au gouvernement mexicain en 1951.
  4. Le tremblement de terre de 1906 ayant détruit les archives.
  5. Aujourd'hui Świebodzin en Pologne.
  6. Recknagel (2008), p. 116.
  7. Recknagel (2008), p. 128.
  8. À paraître aux éditions Libertalia en janvier 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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