Colline (roman)

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Colline
Auteur Jean Giono
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions Grasset
Date de parution 1929
Nombre de pages 199
Série Trilogie de Pan
Chronologie
Un de Baumugnes Suivant

Colline est un court roman de Jean Giono publié en 1929 aux éditions Grasset.

C'est le premier roman de l'auteur, qui est alors âgé de 34 ans, et le premier de la trilogie de Pan. Les deux romans suivants seront Un de Baumugnes, en 1929 également, et Regain en 1930. Ils s'inscrivent dans ce que l’auteur a nommé la « Trilogie de Pan. »

Résumé[modifier | modifier le code]

C'est l'histoire d'un hameau, les Bastides blanches, situé à l'ombre des monts de Lure, dans lequel vivent une douzaine de personnes, rassemblées dans les quatre maisons situées autour de la fontaine du village.

Le roman débute sur la venue d'un sanglier, que l'on essaie de tuer mais qui parvient à s'échapper.

Plus tard, lorsque la fontaine du hameau, qui avait alimenté les habitants depuis très longtemps, va se tarir, tout commence à aller mal. À cette même période, l'aîné du village, Janet, paralysé et alité, commence à parler de manière peu compréhensible. Il ne faudra pas longtemps pour que les autres habitants pensent que Janet est à l'origine de leurs malheurs. En effet, en plus de la fontaine asséchée, une petite fille tombe malade, un incendie manque de raser le hameau.

Les habitants veulent mettre fin à la déchéance de Janet en le tuant. Pour eux, il s'agit d'une sorte d'euthanasie, mais pour le lecteur l'acte s'apparente à un meurtre.

Le roman se finit avec une nouvelle venue du sanglier. Cette fois-ci, on parvient à l'abattre à coup de chevrotines. Cette mort fait évidemment contrepoint à la mort de Janet.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Dans ce roman, d'un genre nouveau, un hameau doit expier les crimes que les hommes ont commis contre la Terre. Giono, avec ce premier roman, a inventé une forme d'écriture nouvelle en utilisant le langage des hommes de la campagne. Ce style d'écriture se retrouvera dans les deux livres qui compléteront la trilogie de pan : Un de Baumugnes et Regain.

Ce genre se teinte de ce que l’on appelle le réalisme merveilleux : des faits réalistes entremêlés de l’interprétation irrationnelle des personnages, le surnaturel.

Thèmes[modifier | modifier le code]

Une nature animée[modifier | modifier le code]

Les forces souterraines de la nature sont très présentes dans Colline ; en effet, elles symbolisent le dieu Pan. Au fur et à mesure de la progression du récit, les personnages prennent petit à petit conscience de l’importance de cette vie souterraine : une atmosphère pesante et à la limite du surnaturel s’installe alors parmi les habitants du village.

L'homme, être naturel[modifier | modifier le code]

Cela se traduit par la présence de Janet, le doyen du village, alité et souffrant. Toutes les descriptions de Janet font appel à la nature : « Janet est de bois mort » ; « Janet halète : une petite haleine d’oiseau. ». Le personnage de Gagou est aussi intéressant : mi-créature, mi-homme, il participe au réalisme merveilleux qu'entretient l'auteur dans le roman.

L'eau[modifier | modifier le code]

Dans le roman, tout est liquide, tout à la consistance de l’eau. De nombreuses métaphores ponctuent le roman, ainsi que des oxymores[1]. L’opposition et en même temps l’union de l’eau et du feu constituent un point majeur du roman.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Colline comporte beaucoup de similitudes avec les récits mythologiques, qui furent d’une grande influence sur l’œuvre de Jean Giono.

Le flux de conscience[modifier | modifier le code]

Un des thèmes phares de la littérature moderniste que Giono développe peu à peu dans Colline : l'emploi du flux de conscience, ou flux de pensée. En effet, à plusieurs reprises dans le roman, le lecteur est immergé dans la pensée du personnage, sans aucune intervention du narrateur. Cela lui permet de suivre la progression de pensée du personnage et de mieux s'approprier l'intrigue ainsi que la psychologie de ce dernier..

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Comme l’aube pointait, ils l’ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. » : une référence à la flamme de l’incendie

Voir aussi[modifier | modifier le code]