Le Cri

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Le Cri
Artiste Edvard Munch
Date 1893
Technique Tempera sur carton (une des quatre versions)
Dimensions (H × L) 102 × 205 cm
Localisation Musée Munch, Oslo

Le Cri (en norvégien : Skrik) est un tableau expressionniste de l'artiste norvégien Edvard Munch peint entre 1893 et 1917. Cette œuvre, symbolisant l'homme moderne emporté par une crise d'angoisse existentielle, est souvent considérée comme l'œuvre la plus importante de l'artiste. Le paysage en arrière-plan est le fjord d'Oslo, vu d'Ekeberg. L'une des quatre versions du tableau a été vendue par Sotheby's à New York pour un montant de 119,9 millions de dollars. Il détient ainsi, le 2 mai 2012, le record de vente d'un tableau aux enchères[1].

Description[modifier | modifier le code]

Munch exécuta cinq versions du tableau, dont les plus fameuses sont une tempera sur carton au musée Munch d'Oslo (de 83,52 cm de haut sur 66 cm de large), et une peinture à l'huile, tempera et pastel à la Galerie nationale d'Oslo (91 cm de haut sur 73,5 cm de large). Une troisième version appartient également au musée Munch. Une quatrième appartenait au milliardaire norvégien Petter Olsen avant d'être vendue aux enchères à un acheteur anonyme, le 2 mai 2012, pour la somme record de 119,92 millions de dollars[2]. Il dépasse donc le « Nu au plateau de sculpteur » de Picasso qui fut vendu 106,5 millions. La cinquième version est une lithographie réalisée en 1895 à Berlin.

Citation de l'artiste[modifier | modifier le code]

Munch écrivit dans son journal, le 22 janvier 1892 :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers et qui déchirait la nature. »

Inspiration[modifier | modifier le code]

Selon Donald Olson, professeur d'astrophysique à l'université du Texas, ce coucher de soleil d'un rouge flamboyant était vraisemblablement provoqué par les cendres émises lors de l'explosion du volcan Krakatoa en 1883[3],[4].

Le tableau aurait été inspiré d'une momie chachapoyas retrouvée au Pérou. Selon l'historien de l'art Robert Rosenblum, Munch aurait découvert la momie lors d'une exposition à Paris et s'en serait inspiré pour peindre la première version de son tableau[5].

Vols[modifier | modifier le code]

Le 12 février 1994, le Cri de la Galerie nationale d'Oslo fut volé. Des groupes anti-avortement actifs en Norvège ont alors été soupçonnés. Trois mois plus tard, le tableau est proposé au gouvernement norvégien pour une rançon de 1,2 million de dollars américains. Le gouvernement refuse et le tableau est retrouvé le 7 mai 1994, lors d'une descente effectuée par la police norvégienne et préparée en collaboration avec la police britannique et le Getty Center[6].

Dix ans après, le 22 août 2004, l'un des Cri du musée Munch, le plus célèbre, ainsi que la Madone, ont été volés lors d'une attaque à main armée[6]. Selon le journal suédois Svenska Dagbladet, le tableau aurait été brûlé. Toutefois, le 31 août 2006, la police norvégienne a annoncé avoir retrouvé les deux tableaux volés dans un état jugé « assez bon »[7]. Le 23 avril 2007 la Cour d'appel d'Oslo condamne trois des voleurs ayant pris part au vol à main armée de ce tableau[8] ; la peine la plus sévère, neuf ans et demi de prison, a été prononcée à l'encontre de Petter Tharaldsen, le chauffeur de la voiture (mais cette sentence porte aussi sur une autre attaque à main armée pour laquelle il a également été condamné). Björn Hoen, l'un des chefs de l'opération, a écopé de neuf ans et Stian Skjold, l'un des deux assaillants, de cinq ans et demi. Le deuxième assaillant serait mort d'une surdose d'héroïne le 3 novembre 2006 selon la police norvégienne[réf. nécessaire].

Influence[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Un graffiti librement inspiré du tableau de Munch, près de la voie de chemin de fer entre Sehnde et Lehrte.

Le personnage de Ghostface personnifié dans la série de films d'horreur Scream arbore un masque d'Halloween directement inspiré de la figure du tableau de Munch [9]. Dans le film L'Étrange Noël de monsieur Jack, la figure du tableau est représentée sous la forme d'une statue dans le cimetière de la ville d'Halloween.

Animation[modifier | modifier le code]

Dans l'émission américaine Beavis et Butt-Head, le tableau apparaît dans un épisode intitulé Butt is it Art?. Le tableau apparaît également sous forme de « film » dans le film Les Looney Tunes passent à l'action[10]. La série télévisée américaine Les Simpson montre à plusieurs reprises le tableau. Dans un épisode de la neuvième saison, le personnage du tableau apparaît pour jouer au baby-foot avec Homer. Le tableau apparaît aussi lors d'un épisode où Lisa a des problèmes avec son père (Homer fait une mascotte). Un des garnements l'avait volé. Dans un épisode de la vingtième saison (intitulé Burns est piqué), le tableau fait une apparition lorsque des milliardaires tirent sur le tableau à l'aide d'arcs. Dans l'épisode 21 de la saison 1 des Sorciers de Waverly Place (intitulé Tableaux vivants), le personnage sort magiquement de la toile. Dans Persepolis (film d'animation en noir et blanc inspiré du roman graphique du même nom), le personnage principal pousse un cri tandis que son visage se métamorphose en celui du personnage du tableau.

Le tableau a également inspiré les séries d'animations japonaises. Dans un des épisodes de la deuxième saison de School Rumble, le personnage masculin principal, Harima Kenji, prend les traits du personnage du tableau pour hurler sa terreur devant son rédacteur en chef. Dans le premier épisode de GTO, lorsque Onizuka apprend qu’il peut, grâce à son métier, épouser une fille de 16 ans alors qu’il en a 40, pris d'émotion, le visage du personnage devient celui du personnage du Cri[11]. Dans l'épisode 18 de Nicky Larson, intitulé Prémonitions, le tableau apparaît en arrière-plan. Dans le deuxième OAV de Magical Girl Kokoro à plus ou moins 18 minutes et 58 secondes, une scène apparaît dans laquelle l'un des personnages fait une tête qui ressemble fort à celle du Cri[réf. nécessaire]. Dans le deuxième épisode de Another, à plus ou moins 2 minutes et 45 secondes de l'épisode, un personnage peint un tableau qui ressemble au Cri de Munch, il l'appelle même par la suite « Le cri du citron » (référence au Cri) ; ce personnage s'était effectivement inspiré de Munch[12]. Il apparaît également dans l'OAV 4 de Naruto. Le héros, Naruto Uzumaki va pousser un cri de dépit et se retrouver dans le tableau : il aura la même expression et le fond sera identique.

Littérature[modifier | modifier le code]

L'écrivain québécois Vincent Thibault s'est inspiré du Cri pour composer la nouvelle Le Secret fardeau de Munch[13].

Laurent Graff publie en 2006 Le Cri, Le Dilettante, inspiré du vol du Cri : c'est une histoire de fin du monde, qui est aussi la fin du monde d'un homme.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Chez Kek : À la 3e case de la planche « Pochtron », les trois personnages prennent la posture et le visage de l'homme du tableau.
  • Nestor Burma : Le dessinateur Jacques Tardi y fait visiblement référence dans la première vignette de l'adaptation en bande dessinée de Nestor Burma : Brouillard au pont de Tolbiac, le roman de Léo Malet (« Paris. La nuit, sur le pont de Tolbiac, un homme rôde. Dans son regard, la folie ») (Éditions Casterman, 1982).
  • Ranma 1/2 : Les personnages prennent régulièrement les traits du personnage du tableau lorsque, pendant un monologue ou une discussion, ils sont surpris par la personne visée.
  • Sentaï School : À la fin de l'épisode 25, The S files, lorsque Angus Wing embrasse Sinobi Jesper, la tête de son frère Keiji évoque le célèbre tableau.
  • W.I.T.C.H. : Dans un numéro, un monstre hante un des personnages principaux. Il a été inspiré par Le Cri ; à la fin du numéro, le nom du tableau est cité.
  • Cathy's Book : À la première page, le personnage du tableau a été reproduit.
  • GTO (Great Teacher Onizuka) : Dans le premier épisode, Onizuka, choqué, les mains collées aux joues, et ayant sa tête qui prend la forme du personnage du tableau. Le ciel lui aussi devient rouge.
  • « Le vol du Cri », bande dessinée de 2006 réalisée par Annequin et Jullian évoque longuement ce tableau, dans le cadre d'une intrigue fantastique au musée des beaux-arts de Lyon.
  • Astérix, Tome 34 : Le tableau est parodié par Uderzo à la page 45.

Musique[modifier | modifier le code]

  • Le Cri a été utilisé par différents groupes pour leurs pochettes ou affiches : Clair Obscur pour La Cassette noire (F), Red Lorry Yellow Lorry pour This Today (GB), Laibach (SLO)… On le trouve également sur la pochette de l'album The Screamers de John Cerminaro (en), sur l'album de même nom de Morgen.
  • Jean Guidoni a interprété en 1982 la chanson Qui crie ? (texte : Pierre Philippe, musique : Astor Piazzolla), dans son album et spectacle Crime passionnel, qui a pour inspiration le tableau d'Edvard Munch.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Le Cri apparaît dans Angry Birds Season de Rovio Entertainment, à l'arrière- plan des niveaux de la mise à jour « Haunted Hogs ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Judith Benhamou-Huet, « 119,9 millions de dollars pour « Le Cri » », sur lepoint.fr,‎ 3 mai 2012.
  2. « Record historique pour le Cri, adjugé 119,9 millions $ », sur Cyberpresse.ca,‎ 2 mai 2012 (consulté le 2 mai 2012).
  3. (en) « Krakatoa provided backdrop to Munch's scream », sur Reuters,‎ 11 décembre 2003 (consulté le 27 avril 2009).
  4. (en) « Why the sky was red in Munch's 'The Scream' », sur Reuters,‎ 10 décembre 2003 (consulté le 27 avril 2009).
  5. peruthisweek.com: The Scream was inspired by a Peruvian mummy
  6. a et b Karin Müller, 100 crimes contre l’art, L'Écailler,‎ 2012 (ISBN 9782364760219), p. 85.
  7. « Le Cri et La Madone de Munch retrouvés », sur Le Figaro (consulté le 25 août 2008).
  8. « De lourdes peines de prison pour le vol du « Cri » », sur TF1,‎ 23 avril 2007 (consulté le 23 avril 2007).
  9. Tony Magistrale Abject terrors: surveying the modern and postmodern horror film p. 186.
  10. « Les Looney Tunes passent à l'action / Joe Dante / 2003 » (consulté le 2 mai 2012).
  11. « kaze-anime », sur Kaze-anime.
  12. (fr) « Another 02 », sur [1].
  13. Éditions De Courberon, 2009, 60 pages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]