Le Corsaire (ballet)

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Variation sur Le Corsaire au Prix de Lausanne 2010.

Le Corsaire est un ballet en 3 actes, 5 tableaux et un épilogue sur un livret de Jules-Henry Vernoy de Saint-Georges inspiré d'un poème de Lord Byron (The Corsair, 1814), sur une musique d'Adolphe Adam créé en 1856 à l'Opéra de Paris dans une chorégraphie de Joseph Mazilier.

Avant Mazilier[modifier | modifier le code]

Le poème de Byron inspire les chorégraphes dès sa publication. Le chorégraphe italien Giovanni Galzerani (1780-1865) en donne une première version à la Scala de Milan en 1826, puis une seconde en 1830 et la dernière, qui resta longtemps au répertoire des ballets italiens, en 1842. Albert (1789-1865) compose sa version du Corsaire en 1837, pour le King's Theatre de Londres, sur une musique de Nicolas Bochsa. Aucune de ces versions n'a survécu.

Version de Joseph Mazilier[modifier | modifier le code]

Affiche de la première à Paris en 1856.

Sur une musique d'Adolphe Adam, Joseph Mazilier (1801-1868) crée sa version du Corsaire le 23 janvier 1856 à l'Opéra de Paris. Les rôles principaux sont créés par Carolina Rosati (Médora) et Domenico Segarelli (Conrad). Il reste à l'affiche pendant deux ans et sera repris en 1867 à l'occasion de l'exposition universelle. Lors de cette reprise, un grand pas est ajouté en l'honneur de la danseuse Adèle Grantzow qui interprète Médora : la musique de ce Pas des fleurs est commandée à Léo Delibes. Il tombe ensuite dans l'oubli et ne sera jamais remonté par l'Opéra de Paris.

Résumé de l'intrigue[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

Sur la place du marché d'Andrinople. Le marchand d'esclaves Lankedem présente sa marchandise. La visite du pacha met le marché en émoi : Lankedem lui présente plusieurs esclaves, dont la belle Gulnare dont le pacha se porte acquéreur. Avant de partir, il aperçoit cependant Médora, la pupille de Lankedem, dont la beauté le foudroie. Lankedem refuse d'abord de la lui céder, mais le pacha augmente son offre à tel point qu'il ne peut plus refuser. Lankedem devra livrer Médora au pacha ; s'il y manque, le pacha le fera exécuter.

Mais la beauté de Médora n'a pas séduit que le pacha : le corsaire Conrad, dissimulé avec ses compagnons dans la foule, s'éprend lui aussi de Médora, mais le coup de foudre est cette fois réciproque. Lorsque la vente de la belle est décidée, Conrad n'hésite plus : avec son accord, il enlève Médora et s'enfuit avec sa troupe et Isaac, qui fuit le châtiment du pacha.

Une grotte sur l'île des pirates. Médora, Conrad et les pirates arrivent dans leur refuge, avec des esclaves enlevées en même temps que Médora. Sur leurs instances, Médora obtient de Conrad leur libération, ce qui mécontente une partie des pirates ainsi privés de leur butin. Sous la conduite de Birbanto, ils projettent alors une révolte contre Conrad, avec l'aide d'Isaac qui leur fournit un narcotique puissant à condition de pouvoir récupérer Médora pour honorer son engagement. Laissés seuls, Conrad et Médora se livrent à leur amour. On apporte alors des fleurs dont Conrad respire le parfum : il tombe aussitôt dans un profond sommeil. Les conspirés viennent alors enlever Médora, mais ne parviennent pas à assassiner Conrad, qui se réveille et part à la recherche de Médora.

Acte II[modifier | modifier le code]

Le sérail du Pacha. Les femmes s'occupent en attendant l'arrivée du pacha. Gulnare refuse de se plier à la discipline du sérail, et elle n'hésite pas à se moquer du Pacha lui-même, mais son charme lui évite toute punition. Cependant, ce que le Pacha attend avec impatience arrive enfin : Isaac vient lui livrer Médora, éplorée, qui est accueillie par les autres femmes.

On annonce alors l'arrivée de pèlerins, qui ne sont autres que Conrad et ses pirates déguisés : le pacha leur fait les honneurs de son palais. Conrad tente alors d'enlever à nouveau Médora : l'opération échoue et Conrad est fait prisonnier du pacha.

Acte III[modifier | modifier le code]

Le sérail. Le pacha propose à Médora de libérer Conrad si celle-ci promet de l'épouser lui-même. Médora doit céder, mais Gulnare, qui aime le pacha et ne veut pas quitter le sérail, monte une machination : Médora s'enfuira avec Conrad tandis qu'elle-même jouera le rôle de Médora pour le mariage. La tromperie réussit.

Le bateau des pirates. Une fête célèbre les retrouvailles entre Médora et Conrad. Une tempête se déclenche et engloutit le vaisseau.

Le rivage. Médora et Conrad, miraculeusement échappés du naufrage, se retrouvent.

Le Corsaire en Russie[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier 1858, Jules Perrot (1810-1892) donne une version du Corsaire au théâtre Bolchoï Kamenny à Saint-Pétersbourg, d'après celle de Mazilier. Marius Petipa y participe en tant que danseur et qu'assistant de Perrot, avant d'assurer lui-même les reprises ultérieures jusqu'à l'aube du XXe siècle. La première de ces reprises est réalisée en l'honneur d'Adèle Grantzow, qui apporte ainsi en Russie la musique du Pas des Fleurs de Delibes ; Petipa le développe en ajoutant d'autres morceaux musicaux pour en faire un tableau de vaste ampleur, le Jardin animé. Comme c'est fréquemment le cas, c'est par ces reprises que le ballet a survécu jusqu'à aujourd'hui, notamment grâce aux notations réalisées du vivant de Petipa. Il est aujourd'hui impossible de déterminer la part — sans doute faible — qui subsiste de la chorégraphie de Mazilier dans l'ensemble, mais une partie importante du travail de Petipa peut être reconstituée. Ces reprises apportent successivement leur lot de changements, qui affectent la chorégraphie, mais également la musique, qui accueille de nombreux ajouts d'autres compositeurs.