Nicolas-Charles Bochsa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Nicolas Bochsa

alt=Description de l'image Nicolas Bochsa.jpg.
Naissance 9 août 1789
Montmédy, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 6 janvier 1856 (à 66 ans)
Sydney, Drapeau du Royaume-Uni Australie
Activité principale compositeur
Maîtres Étienne-Nicolas Méhul

Robert-Nicolas-Charles Bochsa[1] est un musicien français né à Montmédy (Meuse) le 9 août 1789 et mort à Sydney (Australie) le 6 janvier 1856. Il était à la fois harpiste, compositeur, professeur, chef d'orchestre, éditeur, directeur de théâtre, producteur mais également spécialiste dans l’art de la contrefaçon de signatures.

Oublié aujourd'hui, il fut très célèbre au XIXe siècle, à la fois en tant que compositeur prolifique et harpiste de tout premier plan mais aussi à cause de ses démêlés avec la justice qui défrayèrent la chronique. Il passa de ce fait presque toute sa vie hors de France, tant en Europe qu’en Amérique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du hautboïste, compositeur et éditeur Karl (dit Charles) Bochsa, originaire de Bohême[2], il étudie le piano avec son père, premier hautbois au Grand Théâtre de Lyon, puis la composition avec Franz Beck à Bordeaux avant d'entrer en 1807 au Conservatoire de Paris dans les classes de Charles-Simon Catel pour l'harmonie, Étienne-Nicolas Méhul pour la composition, François-Joseph Naderman et Marin pour la harpe. Détenteur d'un premier prix d'harmonie, il est nommé harpiste dans la musique impériale de Napoléon en 1812, poste qu'il conservera sous Louis XVIII[3]. Il épouse la même année Georgette Ducrest, fille du marquis du Crest et nièce de madame de Genlis[4], qui lui donnera deux enfants[5].

Sa brillante carrière est toutefois interrompue par une condamnation à douze ans de travaux forcés, 4 000 francs d'amende et « à la marque » pour faux et vol. Il est en effet accusé d'avoir contrefait la signature de plusieurs personnes, musiciens célèbres (Berton, Méhul, Boieldieu, Nicolò) ou personnalités influentes (le comte Decazes, le duc de Wellington), sur des bons au porteur pour assouvir son goût du luxe. Le jugement est rendu par la cour d'assises de la Seine le 17 février 1818 en l'absence de Bochsa qui a prudemment choisi de quitter la France pour l'Angleterre l'année précédente en abandonnant femme et enfants[6].

À Londres, il devient successivement directeur de la musique du théâtre du roi, de l'Opéra-Italien et du Conservatoire royal de musique[7]. Professeur de harpe à l'Academy of Music de et chef d'orchestre au King's Theatre[3]. Le 5 juillet 1839, il étrenne à l'Opéra-Italien de Londres une série de concerts en compagnie de la soprano française Anna Rivière[7], épouse du compositeur Henry Rowley Bishop, surnommé le « Mozart anglais »[réf. nécessaire] et auteur du célèbre Home! Sweet Home! (1823). Il dédie à celle-ci de nombreuses mélodies et arrangements avant d'entamer une liaison qui durera jusqu'à la mort du compositeur. Ainsi, la cantatrice n'hésite pas à quitter son mari et ses trois enfants pour suivre son amant[8] lorsque ce dernier quitte l'Angleterre à la suite d'accusations de bigamie. Bochsa est en effet accusé d'avoir épousé Amy Wilson (sœur de la célèbre courtisane et maîtresse présumée - entre autres - du prince de Galles, Harriette Wilson), sans avoir divorcé de sa première épouse[9].

Les amants entreprennent une tournée qui les conduit à travers toute l'Europe (Danemark, Suède, Russie, Autriche, Hongrie, etc.) avant de s'installer à Naples où la direction du Teatro San Carlo engage Anna Bishop comme prima donna assoluta di cartello et Bochsa comme chef d'orchestre de 1843 à 1845[7]. Ils se produisent plus de 300 fois dans une vingtaine d'opéras différents parmi lesquels La fidanzata corsa de Pacini, La cantatrice villane de Fioravanti, Lucia di Lammermoor et L'elisir d'amore de Donizetti, Beatrice di Tenda et La sonnambula de Bellini, Il barbiere di Siviglia et Otello de Rossini, I due Foscari de Verdi et créent Il Vascello di Gama de Mercadante[7].

Après une nouvelle tournée en Belgique, Suisse, Hollande, ils gagnent les États-Unis et enfin l'Australie où Bochsa meurt en 1856[3]. Anna fait édifier un tombeau au Camperdown Cemetary de Sydney avec cette dédicace : « This monument is erected in sincere devotedness by his faithfull friend & pupil Anna Bishop[10] »

Nicolas-Charles Bochsa a composé plus de 350 œuvres, la plupart pour harpe (sonates, duos, fantaisies, symphonies, etc.) dont deux concertos et un nocturne pour deux harpes, flûte et cor anglais, mais également des opéras et opéras-comiques, un Requiem, des ballets, une sonate pour piano, un quatuor pour hautbois, violon, alto et basse, trois quatuors pour deux violons, alto et basse, un quintette pour harpe, hautbois, flûte, cor et basson, des trios pour violon, violoncelle et piano, un concerto pour flûte, plusieurs mélodies et de nombreux arrangements comprenant La Marseillaise et les Quadrilles pour violon de Niccolò Paganini.

Œuvres diverses[modifier | modifier le code]

  • Le Retour de Trajan ou Rome triomphante, intermède en deux actes et en vers, livret de Stéphanie-Aline Despréaux (1805, Lyon)
  • La Dansomanie, ballet (1806, Bordeaux)
  • Le Déluge universel, oratorio (1806, Bordeaux)
  • Requiem à la mémoire de Louis XVI pour chœur d'hommes et instruments à vent, dédié à Louis XVIII (Basilique Saint-Denis)
  • L'Héritier de Paimpol, opéra-comique en trois actes (29 décembre 1813, Opéra-Comique)
  • Les Héritiers Michau ou le Moulin de Lieursain, opéra-comique en un acte (30 avril 1814, Opéra-Comique)
  • Alphonse d'Aragon, opéra-comique en trois actes (20 août 1814, Opéra-Comique)
  • Le Roi et la Ligue ou la Ville assiégée, opéra-comique en trois actes (22 août 1815, Opéra-Comique)
  • Les Noces de Gamache d'après Cervantès, opéra-comique en deux actes (16 septembre 1815, Opéra-Comique)
  • La Lettre de change, opéra-comique en un acte (11 décembre 1815, Opéra-Comique)
  • Un mari pour étrennes, opéra-comique en un acte (1er janvier 1816, Opéra-Comique)
  • Justine ou la Cruche cassée, ballet (7 janvier 1825, Londres)
  • Le Temple de la Concorde, ballet (28 janvier 1825, Londres)
  • La Naissance de Vénus, ballet en deux actes (8 avril 1826, Londres)
  • Le Corsaire, ballet en trois actes (29 juillet 1837, Londres)

Citation[modifier | modifier le code]

« On ferait plus d’un volume des folies, des aventures romanesques, de la vie si agitée de ce harpiste célèbre. Ses mémoires seraient chose fort curieuse [...]. De quelle aventure galante, mystérieuse, fantastique, ce harpiste, qui fut un des plus beaux hommes de France et de Navarre sous la Restauration, ne fut-il pas le héros ? »

— Revue et Gazette musicale, 1842

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, 1878.
  • Frédéric Robert, « Robert-Nicolas-Charles Bochsa » in Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Joël-Marie Fauquet (dir.), Paris, Fayard, 2003 p. 153 (ISBN 2-213-59316-7)
  • Michel Faul, Nicolas-Charles Bochsa : Harpiste, compositeur, escroc, Delatour, Sampzon, 2003 (ISBN 2-7521-0000-0).
  • Michel Faul, Les Tribulations mexicaines de Nicolas-Charles Bochsa, harpiste, Delatour, Sampzon, 2006 (ISBN 2-7521-0033-7).

Discographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Connu sous le nom de Nicolas-Charles ou simplement Charles Bochsa.
  2. (de) Ludwig Fischer, Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Bärenreiter, Kassel, 1999-2007.
  3. a, b et c Frédéric Robert, Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle.
  4. Théodore Muret, L'Histoire par le théâtre (1789-1851), Paris, Amyot, 1865, pp.37-38
  5. Mémoires de Mlle Avrillion, première femme de chambre de Sa Majesté l'Impératrice Joséphine
  6. François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, 1878.
  7. a, b, c et d Annuaire dramatique 1847, Bruxelles, Taride, pp. 100-106.
  8. Norman Gilliland, Grace Notes for a Year: Stories of Hope, Humor and Hubris From the World of Classical Music, Madison, Wisconsin, NEMO Productions, 2002, p.9.
  9. Mémoires d'Harriette Wilson cité in Annuaire dramatique 1847 pp. 106.
  10. « Ce monument est érigé en sincère dévotion par son amie et son élève fidèle, Anna Bishop » [1]