Manuel Legris

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Manuel Legris lors de sa dernière représentation à l'Opéra Garnier.

Manuel Legris, né le 19 octobre 1964 dans le 11e arrondissement de Paris[1], est un danseur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa carrière de danseur

Il entre à l'école de danse de l'Opéra de Paris en 1976 puis dans le corps de ballet en 1980. C'est en 1981 qu'il devient coryphée puis « sujet » en 1982. Rudolf Noureev officialise[2] sa nomination au titre d'étoile le 11 juillet 1986, à l'issue de la représentation du ballet Raymonda, chorégraphié par Rudolf Noureev, dans lequel il danse le rôle de Jean de Brienne ; cette nomination a lieu sur la scène du Metropolitan Opera de New York, au contraire de l'habitude qui veut que les étoiles soient célébrées sur les scènes de Paris. Fait exceptionnel dans le milieu de la danse de l'Opéra de Paris, Manuel Legris est nommé danseur étoile par Rudolf Noureev sans passer par le stade de « premier danseur ».

Dès lors, les prises de rôles se succèdent, permettant à la nouvelle étoile de prendre possession du « grand répertoire », dévoilant ainsi ses multiples facettes et l'étendue de ses dons. Outre ses qualités intrinsèques (technique sans faille, richesse expressive), Manuel Legris s'impose comme un partenaire d'exception, un danseur complet passant avec facilité du répertoire classique au contemporain. C'est ainsi que de William Forsythe à John Neumeier, de Jiří Kylián à Jerome Robbins, les chorégraphes les plus renommés ne cessent de le solliciter : Manuel participe à la plupart des entrées au répertoire ou des créations de l'Opéra de Paris.

Dans le même temps, la réputation du danseur étoile franchit très vite les frontières : Manuel Legris est invité par les plus prestigieuses compagnies, telles que le London Royal Ballet, le New York City Ballet, le Ballet Nacional de Cuba, le Tokyo Ballet, les ballets de Monte-Carlo, de Stuttgart et de Hambourg, où John Neumeier crée spécialement pour lui Spring and Fall et A Cinderella Story.

Invité de prestige, Manuel Legris apparaît sur toutes les grandes scènes du monde, de la Scala de Milan au Met de New York, de l’Opéra d’État de Vienne au Bolchoï de Moscou où, plus récemment, il se produit à plusieurs reprises au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

Très vite, Manuel s’impose comme un partenaire recherché et ainsi, outre les étoiles de l’Opéra de Paris, il se produit avec les plus grandes danseuses du monde, parmi lesquelles Evelyn Hart, Dominique Khalfouni, Alessandra Ferri, Lorna Feijoo et Diana Vichneva.

Par ailleurs, Manuel Legris parcourt le monde avec sa compagnie : « Manuel Legris et ses Étoiles ». Ce concept est né en 1996 de la volonté commune de Manuel Legris et Monique Loudières, qui ont souhaité permettre à de jeunes danseurs d'aborder les rôles de solistes encore inaccessibles pour eux à l’Opéra, leur permettre de travailler avec les plus grands chorégraphes ou de se confronter à la jeune création.

Le groupe est régulièrement invité au Japon. En janvier 2000, lors d’une tournée à Tokyo, Kishin Shinoyama publie Manuel Legris à l’Opéra de Paris, un ouvrage qui lui est entièrement consacré.

En 2003, Manuel Legris ajoute deux créations majeures à son répertoire : Variations sur Carmen de Roland Petit et Phrases de Quatuor de Maurice Béjart. Cette même année, Maurice Béjart remonte Le Chant du compagnon errant pour lui et Laurent Hilaire et leur en donne l’exclusivité de représentation.

En février 2004, Jiri Kylian crée à l’Opéra de Paris le duo Il faut qu’une porte..., qu’il danse avec Aurélie Dupont. Pendant l’été, il fait une nouvelle tournée triomphale au Japon avec son groupe, auquel il adjoint en «invités spéciaux» Monique Loudières et Laurent Hilaire. Enfin, en décembre il participe à la nouvelle création de Trisha Brown O złożony / O composite, aux côtés d’Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche.

En décembre 2005, le Ballet de Stuttgart lui offre le rôle-titre dans Oneguin, qu’il danse avec Maria Eichwald et la compagnie lors d’une tournée au Japon et, en janvier 2006, à Stuttgart.

Le 19 novembre 2007, il a été le partenaire de Dorothée Gilbert, sa petite fille de l'École de danse, lors de la représentation sans costumes ni décors (pour cause de grèves du personnel) de Casse-noisette à l'Opéra de Paris, représentation à l'issue de laquelle cette dernière a été nommée étoile.

Il fait ses adieux officiels sur la scène de l'Opéra Garnier le 15 mai 2009, avec le rôle principal d'Onegin (pour cette représentation, il a tenu à ce qu'exceptionnellement se déroule le traditionnel Défilé des élèves et danseurs de l'Opéra). Sont présents sur scène ses partenaires Clairemarie Osta, Mathias Heymann et Myriam Ould-Braham alors que l'applaudissent depuis la salle de nombreuses étoiles de la maison, d'anciens pédagogues comme Claude Bessy ou Pierre Lacotte, ainsi que la ministre Christine Albanel ; la standing ovation que lui réserve l'ensemble du public dure près d'une demi-heure. Il reçoit à cette occasion les insignes de Commandeur des Arts et des Lettres.

Après ses adieux officiels

Manuel Legris continue cependant de danser pendant quelques mois, notamment à l'étranger, avant de prendre les rênes du Ballet de l'Opéra de Vienne en septembre 2010. Il apporte à la compagnie nombre de ballets, notamment - pour la saison 2010/2011 - le Don Quichotte de Rudolf Noureev, Onéguine puis un triple-bill consacré à Jerome Robbins déjà programmé à Paris, ainsi que - pour la saison 2011/2012 - La Sylphide de Filippo Taglioni restauré par Pierre Lacotte, ou encore - pour la saison 2012/2013 - le Casse-Noisette de Rudolf Noureev, ces deux derniers provenant également de Paris. Ces performances s'avèrent être des réussites, et grâce à Manuel Legris, le ballet de Vienne est devenu aujourd'hui l'un des cinq ou six meilleurs aux monde et a fait l'objet de nombreuses tournées, notamment 21 représentations à Paris à l' occasion des Étés de la danse 2013 au théâtre du Châtelet. Le Lac des Cygnes de Rudolf Noureev est programmé pour la saison 2013/2014.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kishin Shinoyama, Manuel Legris à l’Opéra de Paris.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Who's Who in France (2005-2006).
  2. Manuel Legris s'était retrouvé, en mars 1986, avec Éric Vu-An, au centre d'un conflit ouvert entre Rudolf Noureev et Maurice Béjart qui, à l'issue de la création de son ballet Arépo, avait annoncé leur nomination au titre de danseur étoile, sans en avoir le droit. Rudolf Noureev contraint Maurice Béjart à faire marche arrière (voir « La Guerre des étoiles », dans Le Nouvel Observateur, mars 1986).

Lien externe[modifier | modifier le code]