La Vie devant soi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Vie devant soi (homonymie).
La Vie devant soi
Auteur Émile Ajar (Romain Gary)
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Mercure de France
Date de parution 14 septembre 1975

La Vie devant soi est un roman d'Émile Ajar (Romain Gary) publié le 14 septembre 1975 au Mercure de France et ayant obtenu le prix Goncourt la même année.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce roman constitue une exception et une mystification dans l'histoire du prix Goncourt — au huitième tour de scrutin (six voix) contre Un policeman de Didier Decoin (trois voix) et Villa triste de Patrick Modiano (une voix)[1] —, puisque Romain Gary l'avait déjà reçu auparavant en 1956 pour Les Racines du ciel et que le prix ne peut être décerné deux fois au même auteur. Cependant, ce roman fut publié par Gary sous un nom d'emprunt, Émile Ajar, et avec une personne complice jouant le rôle de l'auteur pour les médias, Paul Pavlovitch, un parent de Gary. L'affaire fut révélée seulement à la mort de Romain Gary en 1980, bien que des doutes sur l'identité réelle de l'auteur aient été émis précédemment et des doutes sur la double identité d'Ajar dès sa parution[1].

Romain Gary a pris ce pseudonyme à un moment où il était très critiqué, et pour retrouver une certaine liberté d'expression. Un critique de Lire n'hésita pas à critiquer vigoureusement l'œuvre de Gary, pour finir de l'achever en déclarant : « Ajar, c'est quand même un autre talent. »

Par crainte que l'affaire ne donne lieu à des poursuites en justice, Romain Gary décida toutefois de refuser le prix Goncourt, ce qui lui valut des critiques acerbes de la part de plusieurs critiques littéraires (au Figaro et à L'Aurore notamment[2]). Le prix lui est malgré tout remis, car il est attribué à un livre plutôt qu'à un écrivain[1],[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

Madame Rosa, une vieille femme juive, qui a connu Auschwitz et qui, autrefois, se défendait avec son cul (selon le terme utilisé par Momo pour signifier prostitution) rue Blondel à Paris, a ouvert « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », autrement dit une pension clandestine où les dames qui se défendent avec leur cul laissent leurs rejetons pendant quelques mois pour les protéger (de l'Assistance publique ou des représailles des "proxynètes"). Momo, jeune musulman d'une dizaine d’années, raconte sa vie chez madame Rosa et son amour pour la seule « mère » qui lui reste, cette ancienne prostituée, devenue grosse et laide et qu'il aime de tout son cœur. Le jeune homme accompagnera la vieille femme jusqu'à la fin de sa vie.

Incipit[modifier | modifier le code]

« La première chose que je peux vous dire

c'est qu'on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes, c'était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.

Elle nous le rappelait chaque fois qu'elle ne se plaignait pas d'autre part, car elle était également juive. Sa santé n'était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c'était une femme qui aurait mérité un ascenseur. » Incipit

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le roman a été adapté au cinéma par Moshé Mizrahi en 1977.

En dehors de cette adaptation, le livre d'Emile Ajar apparaît dans le film Mommy de Xavier Dolan : il est le premier livre que Steve, personnage atteint de TDAH, parvient à lire jusqu'à la fin.

Article détaillé : La Vie devant soi (film).

A la télévision[modifier | modifier le code]

Il a également été adapté dans un téléfilm éponyme de Myriam Boyer en 2010.

Article détaillé : La Vie devant soi (téléfilm).

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Vie devant soi (théâtre).

Ce roman a été adapté au théâtre par Xavier Jaillard en 2008 dans une mise en scène de Didier Long et avec Myriam Boyer, Aymen Saïdi, Xavier Jaillard, et Magid Bouali dans les rôles principaux. Cette pièce de théâtre a été récompensée la même année du Molière de la comédienne Myriam Boyer, Molière du meilleur spectacle du théâtre privé François de Carsalade du Pont et du Molière de l'adaptateur Molière de la meilleure adaptation Xavier Jaillard. En 2009 ce spectacle obtient un Globe de Cristal pour la meilleure Production de spectacle privé produit par Francois de Carsalade du Pont.

Éditions[modifier | modifier le code]

Éditions imprimées
Livre audio

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1962 à 1978 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 17 août 2013.
  2. Éliane Lecarme-Tabone, La Vie devant soi de Romain Gary, Gallimard, foliothèque, 2005, p. 18, p. 24 et p. 206.
  3. Le prix aux deux visages dans L'Express

Liens externes[modifier | modifier le code]