Les Racines du ciel

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Les Racines du ciel
Auteur Romain Gary
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Éditions Gallimard
Date de parution 5 octobre 1956
ISBN 2070167666

Les Racines du ciel est un roman de Romain Gary publié le 5 octobre 1956 aux éditions Gallimard. L'œuvre a obtenu le Prix Goncourt la même année.

Résumé[modifier | modifier le code]

Morel, le héros, décide de faire cesser l'extermination des éléphants en Afrique au milieu du XXe siècle. Or, en AEF (Afrique-Équatoriale française), l'idée d'indépendance commence à prendre forme ici et là.

L'histoire raconte la lutte de Morel, ses actions en faveur des éléphants, la traque dont il est l'objet de la part des autorités, et, en parallèle, les conflits d'intérêt entre les engagements des uns et des autres : pour les éléphants, pour l'indépendance, pour la Puissance coloniale, pour la sauvegarde des traditions, pour la marche en avant de l'homme vers la modernité, pour l'intérêt à court terme, pour l'honneur de l'homme.

Thème[modifier | modifier le code]

L'idée centrale défendue par l'auteur est la protection de la nature (« et cette tâche est si immense, dans toutes ses implications », écrit l'auteur dans sa courte préface). Mais, par ce biais, il expose la protection d'une « certaine idée de l'homme » que Morel, Minna, Schölcher et d'autres illustrent tout au long du roman.

Les Racines du ciel évoque aussi les parcours qui ont conduit chacun à se retrouver là, dans la condition où chacun se trouve.

Le roman est à plusieurs voix : le narrateur, bien sûr, mais aussi les témoignages des uns et des autres, le tout dans une mise en forme où ces voix s'entrecroisent pour faire un récit à fort relief.

Titre[modifier | modifier le code]

L'expression "les racines du ciel" est utilisée dans le roman par le naturaliste danois Peer Qvist.

"L'islam appelle cela "les racines du ciel", pour les indiens du Mexique, c'est "l'arbre de vie", qui les pousse les uns et les autres à tomber à genoux et à lever les yeux en en se frappant la poitrine dans leur tourment".[1]

"Les racines étaient innombrables et infinies dans leur variété et leur beauté et quelques unes étaient profondément enfoncées dans l'âme humaine - une aspiration incessante et tourmentée orientée en haut et en avant - un besoin d'infini, une soif, un pressentiment d'ailleurs, une attente illimitée."[2]

Personnages[modifier | modifier le code]

Le roman fait vivre de nombreuses personnalités riches :

Morel: Héros de l'histoire, Français qui a décidé de tout donner pour lutter contre la chasse aux éléphants, d'abord avec une pétition, puis en prenant la brousse et en se livrant à des coups de mains assez spectaculaires contre les chasseurs. Morel, considéré comme un "rogue" (fou) par certains, est en fait un homme lucide. Son combat atteint une forte notoriété dans le monde et il attire la sympathie de beaucoup de ceux qui sont chargés de le capturer. En luttant en faveur de la préservation des éléphants, il lutte plus largement pour la nature, la vie, et finalement l'honneur de l'humanité malgré son apparence de misanthropie (aux yeux de certains).

La foi de Morel en son combat, et en son étoile, est totale. De son histoire passée, et notamment de sa période de camp de travail en Allemagne pendant la guerre, il a gardé une force d'âme et de caractère à toute épreuve. On n'apprendra qu'à la fin en quoi sa lutte ancienne pour la défense des hannetons, qui est parfois évoquée au cours du roman, était plus difficile que celle en faveur de la sauvegarde des éléphants...

Minna: Allemande de Berlin. Orpheline. Son oncle la prostitue. Puis, après la chute du Reich, elle tombe profondément amoureuse d'un officier russe qui sera ensuite fusillé. De fil en aiguille, elle se retrouve serveuse dans un "Café - Bar - Dancing" à Fort-Lamy (Tchad), le Tchadien. Elle sera une des très rares à signer la pétition de Morel, puis le rejoindra dans sa lutte. Elle est, finalement, la seule à comprendre réellement l'aventurier. Elle ajoute un motif personnel à sa participation : celui qu'une Allemande soit aux côtés de Morel, pour témoigner que tous les Allemands ne sont pas mauvais (nous sommes peu après la guerre). Minna est le second personnage principal du roman. Elle restera en compagnie Morel jusqu'au-delà des limites de ses forces.

Forsythe: Major américain qui a combattu durant la guerre de Corée. Il a "avoué" à la radio coréenne que les Américains avaient employé des armes bactériologiques, ce qui était faux et l'a mis au ban de la société américaine. Libéré par les Coréens, il s'est installé au Tchad. Il devient un compagnon de route de Morel. Comme la lutte de ce dernier a un très fort écho aux États-Unis (elle est couverte sur place par des journalistes), Forsythe redevient un héros aux yeux de ses concitoyens.

Waïtari: Africain, député français à l'Assemblée Nationale, dont il a démissionné pour entreprendre une lutte indépendantiste à laquelle il rallie bien peu de monde. Il a fait ses études secondaires et universitaires en France où il a d'ailleurs sa famille. Il essaye de se servir de Morel, en cherchant à faire passer le combat du Français comme un mode d'expression de la cause pan-africaine et indépendantiste. Mais il est indépendantiste dans une région du monde où les habitants ne cherchent pas l'indépendance et ignorent totalement le concept du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Wätari est un personnage à la fois courageux, calculateur, pathétique et flamboyant.

Fields: Photographe parti faire un reportage photo sur la sécheresse, en avion. Il s'écrase et est recueilli par Morel et son groupe ; il reste avec eux et réalise un reportage inédit. Il dit être un parfait cynique et ne s'intéresser qu'au parti qu'il peut tirer de ses photos. Mais il devient progressivement sensible au personnage de Morel. Fields, qui n'apparaît qu'au troisième tiers du roman, devient pour le lecteur un témoin important de l'épopée de Morel.

Schölscher: Officier méhariste, notamment chargé de traquer Morel. Amoureux de l'Afrique, il ne peut s'empêcher d'admirer Morel, plus ou moins secrètement. Il finira par arrêter Waïtari à l'issue d'un massacre de dizaines d'éléphants perpétré par l'ancien député et sa petite troupe afin de financer sa lutte (par la vente de l'ivoire) et surtout afin de tordre le cou définitivement à l'amalgame entre sa lutte indépendantiste et le combat de Morel (amalgame qu'il a favorisé, mais qui a fini par le gêner). Schölscher est un des liants de l'aventure.

Qvist: Naturaliste Danois, passionné par les animaux et leur protection (il s'est rendu célèbre notamment par sa lutte en faveur des baleines), aux méthodes parfois expéditives. Malgré son âge, il suit Morel en brousse.

Le Peuple Oulès, sur le territoire duquel se déroule la plus grande partie de l'action : peuple de chasseurs d'éléphants (afin de manger et pour satisfaire aux exigences du passage rituel des adolescents à l'âge adulte). Les Oulès ne peuvent comprendre Morel, mais pour eux, pourtant, le Français est "Ubaba Giva" : "l'ancêtre des éléphants". À défaut de le protéger activement, ils ne feront rien pour permettre aux autorités de le capturer.

Youssef: Jeune africain qui accompagne Morel. En réalité, Waïtari lui a demandé d'abattre le français si celui-ci se fait arrêter. Il ne faudrait pas qu'il y ait procès et que Morel réaffirme les buts non politiques de son combat. Sa mort, au contraire, permettrait d'en faire un héros de l'indépendance. Après une année avec Morel, Youssef, en proie à un profond cas de conscience, renonce à sa mission. Alors il apprend par Morel que celui-ci avait compris depuis longtemps.

Habib: Ancien marin, propriétaire du Tchadien, également trafiquant d'armes. Lorsqu'il est découvert, il s'enfuit avec Morel dans la brousse. Puis il rejoint Waïtari, par intérêt. Personnage relativement secondaire mais présent presque de bout en bout.

Et aussi, parmi d'autres :

Le gouverneur, représentant de l'État français dans la région où Morel agit ; Idriss, pisteur africain fidèle de Morel ; le père Tassin: prêtre, archéologue ; Haas, Néerlandais spécialiste de la capture des éléphanteaux ; Saint-Denis, administrateur colonial ; Orsini: Chasseur d'éléphants ; de Vries, associé de Habib ; Le père Fargue, prêtre non-conventionnel et médecin ; Dwala: sorcier et vieil ami de Saint-Denis à qui celui-ci a acheté la promesse qu'après sa mort, il le fera renaître sous la forme d'un arbre.

Éditions[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Ce roman a été adapté au cinéma par John Huston en 1958 : Les Racines du ciel.

Ce roman a été adapté en comédie musicale : "Ubaba-Giva" création en 2009 (lien1 - lien2 in creation 2011).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les racines du ciel, Éditions Folio, p222
  2. Les racines du ciel - édition Folio - p266

Lien internet Approche documentaire et critique sur ce roman : http://ubaba.fr