Éducation européenne

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Éducation européenne
Une kryjówka (cachette) polonaise dans la forêt
Une kryjówka (cachette) polonaise dans la forêt

Auteur Romain Gary
Genre roman
Pays d'origine Drapeau de France France
Éditeur éditions Calmann-Lévy
Date de parution 1er janvier 1945
Nombre de pages 178

Éducation européenne est un roman de Romain Gary, paru en 1945. C'est son premier roman écrit sous ce nom durant l'automne 1943 alors qu'il combat comme aviateur dans le groupe Lorraine depuis l'Angleterre[1]. Éducation européenne reçut le prix des Critiques (1945) et remporta un vif succès, notamment avec sa traduction dans 27 langues. Jean-Paul Sartre tenait ce livre pour le meilleur roman sur la Résistance.

Sommaire

[modifier] Résumé

Les pommes de terre aliment et élément central du roman

Le jeune Janek Twardowski, environ 17 ans, est le fils d'un médecin polonais dans la ville alors polonaise de Wilno. Au début de l'hiver 1942, alors que la bataille de Stalingrad commence, Janek se voit intimer par son père l'ordre de se terrer littéralement dans la forêt afin de ne pas subir le sort des deux fils ainés tués au combat. Pour cela son père et lui ont creusé une kryjówka, une cachette, dans le sol de la forêt, aux murs renforcés, camouflée, et provisionnée de dix sacs de cinquante kilos chacun de pomme de terre. Après plusieurs jours sans nouvelles de son père, qui est probablement tué lors d'une répression de l'armée allemande, il rejoint à la demande de celui-ci les partisans qui se cachent et luttent eux-aussi dans la forêt.

Récupéré par un petit groupe de partisans frigorifiés, affamés, composé de diverses nationalités, et sous-équipés, Janek devient un agent de liaison pour transmettre des messages aux villes alentours dans lesquelles les habitants tentent de survivre à la famine comme ils le peuvent, en courbant le dos ou en collaborant avec la puissance occupante. Un jour il rencontre Zosia, une jeune fille de son âge qui est utilisée par les résistants pour récupérer des informations auprès des Allemands en se prostituant et recueillant leurs confidences. Tout deux tombent amoureux et décident de se cacher ensemble dans la kryjówka où ils découvrent le sens de l'amour et de l'espérance malgré le froid extrême, la faim omniprésente, et les maladies (choléra et tuberculose) qui déciment les partisans polonais. Zosia décide de ne plus continuer son rôle de renseignement, ce que les partisans acceptent, jusqu'au jour où le chef la convainc d'aller voir les Allemands une dernière fois pour leur soutirer des informations sur un étrange convoi de camion qui semble monter sur le front russe de la bataille de Stalingrad. Elle s'exécute et confirme l'objectif du convoi et sa cargaison que le groupe attaquera victorieusement, en sacrifiant toutefois l'un des leurs.

La victoire russe à Stalingrad redonne de l'espoir aux combattants et leur démontre que le recul et la défaite allemande sont possibles. En 1945, Janek, maintenant devenu jeune lieutenant sous l'uniforme de l'armée polonaise en combattant durant la fin de la guerre vers l'ouest, revient dans sa ville natale et revoit sa cachette dans la forêt. Il repense aux trois années écoulées qui l'ont vu devenir un homme et le père d'un jeune enfant fruit de son union avec Zosia.

[modifier] Commentaires

Romain Gary est avant tout un écrivain de la grandeur humaine ; le souffle épique qui traverse Éducation européenne fait songer à Malraux[réf. nécessaire]. Pourtant, ce roman, par son réalisme lucide et cruel qui met en scène une humanité déchue et presque bestiale, oscille entre deux tendances contradictoires et rappelle parfois Nicolas Gogol[réf. nécessaire]. De ces récits cruels ressortent pourtant une foi profonde en ce qui fait l'humanité de l'homme et le sens de sa propre dignité. Car si dans Éducation européenne, les hommes ne sont plus que des bêtes qui luttent contre le froid et la faim pour survivre, il n'en reste pas moins vrai qu'ils gardent en eux l'espérance d'un humanisme et d'un idéalisme salvateurs.

[modifier] Extraits choisis

  • « La cachette fut terminée aux premières lueurs de l'aube. C'était une aube mauvaise de septembre, mouillée de pluie : les pins flottaient dans le brouillard, le regard n'arrivait pas jusqu'au ciel. Depuis un mois, ils travaillaient secrètement la nuit : les Allemands ne s'aventuraient guère hors des routes après le crépuscule, mais, de jour, leurs patrouilles exploraient souvent la forêt, à la recherche des rares partisans que la faim ou le désespoir n'avaient pas encore forcés à abandonner la lutte. »[2]
  • « Le patriotisme, c'est l'amour des siens. Le nationalisme, c'est la haine des autres. Les Russes, les Américains, tout ça... Il y a une grande fraternité qui se prépare dans le monde, les Allemands nous auront valu au moins ça... »[3]
  • « Rien d'important ne meurt... Seuls... les hommes... et les papillons... »[4]
  • « A quoi sert-il de prier, d'espérer et de croire? Le monde où souffrent et meurent les hommes est le même que celui où souffrent et meurent les fourmis: un monde cruel et incompréhensible, où la seule chose qui compte est de porter plus loin une brindille absurde, un fétu de paille, toujours plus loin, à la sueur de son front et au prix de ses larmes de sang, toujours plus loin! sans jamais s'arrêter pour souffler ou demander pourquoi... »

[modifier] Notes et références

  1. Ultime page du roman Éducation européenne dans l'édition de 1945.
  2. Education Européenne, chapitre 1, page 9, éd. Folio
  3. Education Européenne, chapitre 32, page 246 éd. Folio
  4. Education Européenne, Epilogue, page 281 éd. Folio
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