Julia Caesaris filia

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Julia Caesaris filia ou Julia Augusti filia (octobre 39 av. J.-C. - 14) est la fille de l'empereur Auguste et de sa seconde épouse Scribonia. Elle épousa successivement Marcus Claudius Marcellus, Marcus Vipsanius Agrippa et Tibère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mariage avec Marcellus[modifier | modifier le code]

En 25 av. J.-C., à l'âge de quatorze ans, Julia épouse son cousin Marcus Claudius Marcellus, de trois ans plus âgé qu'elle. Marcellus est alors pressenti pour être le successeur d'Auguste[c 1]. Son père n'étant pas présent au mariage car en guerre en Espagne et tombé malade, c'est Agrippa qui préside la cérémonie[c 1]. Marcellus meurt en septembre 23 av. J.-C. et l'union ne produit pas d'enfants.

Mariage avec Agrippa[modifier | modifier le code]

On dit que Mécène aurait alors conseillé à Auguste, préoccupé par sa succession et par les troubles à Rome, de se rapprocher davantage d'Agrippa en le faisant son gendre. Mécène aurait fait remarquer à Auguste qu'il a rendu Agrippa si puissant qu'il fallait soit l'éliminer, soit se le lier[c 2],[j 1]. Il aurait donc incité Agrippa à se défaire de Marcella et à épouser sa fille, louée pour sa beauté, ses capacités et une débauche sans scrupule[c 3],[j 2]. Agrippa quitte Mytilène avant la fin de l’hiver 22/21 av. J.-C. pour épouser Julia à Rome[c 4].

Auguste continue quant à lui son voyage en Orient, laissant le soin à Agrippa, dont le mariage avec la fille d'Auguste donne une légitimité suffisante, de faire face aux troubles à Rome[c 4].

Le nouveau couple se fait construire sur la rive droite du Tibre, près du Trastevere, une villa où ont été retrouvées nombre de peintures qui témoignent de l’intérêt d'Agrippa et de son épouse pour les œuvres d'art[c 3],[j 3]. Un pont sera aussi édifié pour joindre la villa au reste de la cité : le pont d'Agrippa.

Agrippa, qui a le même âge que l’empereur et donc l'âge d'être le père de son épouse, est sûrement pour Auguste un intermédiaire et un protecteur des enfants à naître du nouveau couple. La naissance de Caius et Lucius Julius Caesar Vipsanianus en 20 et 17 av. J.-C. comble de joie l'empereur qui les adopte, ces derniers devenant ses héritiers[1],[c 5],[j 4]. Entre les deux, Agrippa et Julia ont aussi une fille : Vipsania Julia Agrippina, née en 19 av. J.-C.[c 6] Elle a ensuite Agrippine l'Aînée et Agrippa Postumus. Ils auront tous un destin tragique.

Mariage avec Tibère[modifier | modifier le code]

À la mort d'Agrippa en 12 av. J.-C., son père Auguste arrange un remariage de Julie avec celui qu'il voit alors comme son successeur, Tibère[2],[3],[4]. Tibère est sincèrement amoureux de sa première épouse Vipsania Agrippina et il ne s'en éloigne qu'avec beaucoup de regrets[N 1]. L'union avec Julia connaît d'abord de l'amour et de l'harmonie[5], puis elle se dégrade rapidement après la mort de leur fils, né à Aquilée[5]. L'attitude de Julia, entourée de nombreux amants, contraste avec le caractère de Tibère, particulièrement réservé[6].

Sous le coup d'accusations d'adultère et de trahison, elle est exilée sous le règne d'Auguste en 2 av. J.-C. sur l'île de Pandateria et son mariage est annulé. Cinq ans plus tard, Auguste la laisse enfin revenir et lui impose des conditions un peu moins dures. Elle est assignée à résidence à Rhegium (Reggio de Calabre) mais elle n'est jamais rappelée près de l'empereur[7]. À l'avènement de Tibère, celui-ci ne rappelle pas son épouse du bannissement que son père Auguste avait décidé contre elle, en raison de son impudeur, mais l'enferme sous clé[8]. Elle meurt après l'avènement de Tibère en 14[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suétone, Vie des douze Césars, Tibère, 7 raconte que, après avoir revu Vipsania après la séparation, Tibère resta ému.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b P. Cosme, op. cit., pp. 157-158.
  2. P. Cosme, op. cit., pp. 169-170.
  3. a et b P. Cosme, op. cit., p. 175.
  4. a et b P. Cosme, op. cit., p. 170.
  5. P. Cosme, op. cit., p. 192.
  6. P. Cosme, op. cit., p. 176.
  1. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 351-353.
  2. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 356.
  3. J.-M. Roddaz, op. cit., p. 241.
  4. J.-M. Roddaz, op. cit., pp. 428-429.
  • Autres références
  1. Jean-Pierre Martin et al., Histoire romaine, 2006, p. 213.
  2. Suétone, Vie des douze Césars, Ausguste, 63.
  3. R. Syme, op. cit., p. 204 & p. 473.
  4. Michael Grant, Gli imperatori romani, p. 23.
  5. a et b Suétone, Vie des douze Césars, Tibère, 7.
  6. A. Spinosa, op. cit., p. 48.
  7. Sueton., Auguste, LXV.
  8. Dion Cassius LXII, 18.
  9. Tact. Ann., I, 53; III, 24; IV, 44; VI, 51.

Bibliographie[modifier | modifier le code]