Juda Halevi

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Sculpture de Juda Halevi au musée Reali, à Césarée

Rabbi Juda (Yehouda) ben Shmouel ibn Alhassan haLévi, rabbin, philosophe, médecin et poète séfarade, né à Tudela dans l'émirat de Saragosse vers 1075, surnommé le Chantre de Sion. Auteur du Kuzari, Il laisse huit cent poèmes, dont les Odes à Sion.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune, il parcourt l’Espagne en proie aux guerres entre chrétiens et Almoravides. Il descend au pays d'al-Andalûs afin d'y compléter ses études. Il remporte une compétition de poésie à Cordoue, puis rencontre à Grenade les poètes séfarades Moïse ibn Ezra et Abraham ibn Ezra, avec lesquels il sera lié sa vie durant.

Les persécutions des almoravides dispersent les poètes de Grenade. Juda Halevi reprend ses voyages, se rend auprès du vizir juif Meir ibn Kamniel à Séville et du maître talmudique Joseph ibn Migash à Lucène. Il pratique la médecine à Tolède, alors redevenue chrétienne, qu’il quitte en 1109 avec son ami Abraham ibn Ezra. Ils poursuivent alors leurs voyages à travers l’Espagne musulmane (Cordoue) et l’Afrique du Nord.

Partisan du retour à Sion, Juda Halevi arrive à Alexandrie, puis au Caire où il meurt en 1141 avant d’avoir pu s’embarquer pour la Palestine. La légende le fait mourir aux portes de Jérusalem sous les sabots d'un cavalier arabe[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Agacé par l'attrait qu'exercent christianisme, islam et philosophie jusqu'au sein du peuple juif, il rédige vers 1140, à la fin de sa vie son grand-œuvre, rédigée en arabe Kitab alhuyya wa-l-dalil fi nusr al-din al-dhalil, en français, "le Livre de l'argumentation pour la défense de la religion méprisée", plus connue sous le nom que lui a donné son traducteur Juda ibn Tibbon, le Kuzari[2] en réponse aux questions d'un Karaïte dira-t-il, s'inspirant de la conversion au judaïsme du roi des Khazars et de son peuple quatre siècles auparavant.

Il est aussi l'auteur d'élégies, regroupées sous le nom de « Sionides » (ou "Chants de Sion"), basés sur les poèmes de nostalgie pour le pays ou la ville aimée, ici Sion, dont certaines sont reprises dans la liturgie traditionnelle du 9 av, qui commémore la chute du Temple de Jérusalem[3]. L’une de ces odes, Tsion halo tishali (« Sion, que ne t’enquiers-tu pas »), bien que non composée dans un but liturgique à l’origine, a cependant intégré le rituel de l’ensemble des congrégations juives. Celle-ci a également été mise en musique sous de multiples mélodies et appartient au répertoire des chansons populaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Dubnow, Simon, pp. 396/399.
  2. On en trouve la traduction en anglais de la première partie sur la Jewish Virtual Library.
  3. (en) Richard Gottheil, Max Schloessinger et Isaac Broydé, « Judah Ha-Levi », sur Jewish Encyclopedia,‎ 1906

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Kuzari, Apologie de la religion méprisée. (introduction, annotation et traduction de l'arabe depuis le texte original de Juda Halevi) par Charles Touati, éditions Peeters et éditions Verdier, Louvain et Paris, 1994 (et réédité aux éditions Peeters en 2006)
  • Dubnow, Simon. Manual de la Historia Judía (en espagnol). Buenos Aires: Editorial Sigal, 1977.
  • Masha Itzhaki, Flore Abergel (trad.), Juda Halévi : D'Espagne à Jérusalem : (1075?-1141), éd. Albin Michel, 1997, collection Présences du judaïsme, (ISBN 978-222608920-5)