Tossafistes

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Les tossafistes (en hébreu בעלי התוספות, baaléi tossafot, auteurs des Tossafot) sont des rabbins médiévaux du XIe au XIVe siècle. Localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne, ils sont majoritairement anonymes.

Ils ont réalisé des tossafot, gloses et commentaires de plus de 30 traités du Talmud qui doublent le commentaire de Rachi. Certains tossafot, qui sont imprimés dans les éditions courantes du Talmud, sont appelés tossefot chelanou. Dans les éditions classiques du Talmud, ils sont imprimés en miroir du commentaire de Rachi.

Les premiers tossafistes sont les disciples immédiats de Rachi, parmi lesquels ses gendres et son petits-fils ainé, Samuel ben Meïr. Les suivants sont leurs disciples et descendants :

  • Jacob ben Samson, (début du XIIe siècle). Disciple de Rachi.
  • Rashbam (Samuel ben Meir; 1080-1171). Petit-fils aîné de Rachi, il lui servit de secrétaire, et composa le commentaire sur le Traité Bava Batra du Talmud de Babylone. Son commentaire de la Bible et du Talmud sont tout aussi réputés que ses Tossafot. Cependant, ils n'égalent pas la popularité des commentaires de son grand-père.
  • Rabbénou Tam (Yaacov ben Meïr, surnommé Tam -simple, parfait- comme Jacob dans la Bible). Né vers 1100, décédé en 1171, on dit de lui que, lorsque son grand-père Rachi mourut, Rabbenou Tam, âgé de quatre ans, dit à sa mère : ne t'inquiète pas de la lumière tombée, je la reprendrai ! Ce Tossafiste français fut l'un des plus importants de son temps, et on lui doit la matière principale des Tossafot du Talmud de Babylone, ainsi qu'une somme de "Responsa", réunies dans le Sefer Hayachar (le livre du Juste).
  • Abraham le Prosélyte (XII siècle). Originaire de Hongrie, il se convertit au judaïsme, et étudia auprès de Rabbenou Tam.
  • Bekhor Schor (Joseph ben Isaac). Exégète du Talmud, disciple de Rabbenbou Tam, poète et tossafiste, il vécut dans le Nord de la France notamment à Orléans.
  • Isaac ben Samuel de Dampierre dit le Ri (décédé en 1185). Tossafiste, neveu et disciple de Rabbénou Tam. Il fut l'un des grandes figures en Halakha du Judaïsme du Nord de la France et de l'Allemagne. Il enseigna dans la yeshiva de cette ville.
  • Elhanan ben Isaac de Dampierre (décédé en 1184). Tossafiste français fils du Ri, il subit le martyre dans des circonstances mal connues.
  • Isaac ben Abraham de Dampierre le Jeune. Successeur du Ri et frère de Samson ben Abraham de Sens, il dirigea la yeshiva de Dampierre jusqu'au début du XIIIe siècle. Il entretint une correspondance avec Meir ben Todros Abulafia de Tolède et son enterrement fut décrit par Rabbi Perez de Corbeil.
  • Yaakov ben Asher (environ 1270-1340). Autorité décisionnaire, fils et disciple du Rav Asher ben Yehiel (le Rosh). Il est l'auteur du code de loi Arbaa Tourim (les Quatre Colonnes).
  • Moïse ben Jacob de Coucy (XIIIe siècle). Tossafiste et prédicateur, il ramena, par milliers, les Juifs d'Espagne au repentir et prit part à la disputation de Paris sur le Talmud contre Nicolas Donin, en 1240. Son œuvre maîtresse, le Sefer Mitsvot Gadol (SEMAG), fut écrit en réaction à la crémation du Talmud, afin d'en préserver l'enseignement légal. Ce code de la loi orale fut l'un des plus prisés avant le Mishné Torah de Maïmonide
  • Yehiel ben Joseph de Paris (décédé en 1265). Talmudiste et tossafiste français, il fut l'un des principaux protagonistes de la Disputation de Paris en 1240. Il s'exila à Saint-Jean-d'Acre où il fonda une yeshiva.
  • Eshtori haFarhi (Isaac ben Moïse), né en 1280 dans le Midi et mort vers 1355, voyagea en Terre d'Israël. Élève de Jacob ben Machir ibn Tibbon, il fut géographe et médecin. Il écrivit dans son Sefer Kaftor wa-Ferah ("Livre du bouton et de la fleur") :
Je rappellerais aussi la date de la ruine du petit temple, la ruine des collège et synagogue de France et de la marche provençale survenue en mon temps.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (he) E. E. Urbach Les tossafistes : leur histoire, leurs oeuvres et leurs méthodes, Institut Bialik, Jérusalem, 1980.