John Paul Stevens

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John Paul Stevens

John Paul Stevens (né le ) fut juge de la Cour suprême des États-Unis de 1975 à 2010. Nommé par le président Gerald Ford, il est le doyen de la cour suprême entre 2005 et 2010 et l'un des membres les plus progressistes[réf. nécessaire].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Stevens est né en 1920 à Chicago dans l'Illinois.

Diplômé en anglais de l'université de Chicago, il s'engage dans l'United States Navy en 1941 et de 1942 à 1945 participe à la guerre du Pacifique. Il est médaillé de la Bronze Star.

En , il épouse Elizabeth Jane Sheeren dont il divorcera en 1979 pour épouser Maryan Mulholland Simon. Il a 4 enfants John Joseph (mort d'un cancer en 1996), Kathryn, Elizabeth et Susan.

Après la fin de la guerre, il poursuit des études de droit sur les conseils de son frère Richard à l'école de droit de l'Université Northwestern. Il est diplômé en 1947.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il entame une carrière d'avocat prolifique d'abord au sein du cabinet Poppenhusen, Johnston, Thompson & Raymond.

En 1951, il est engagé comme conseiller juridique au sein du comité judiciaire de la chambre des représentants.

En 1952, à Chicago, il fonde avec des associés son propre cabinet "Rothschild, Stevens, Barry & Myers". Stevens est spécialisé dans la lutte contre les Trusts.

En 1970, sa notoriété dans le monde juridique est importante et sa compétence reconnue. Le président Richard Nixon le nomme alors comme juge à la cour d'appel pour le 7e circuit le .

Le , sur nomination de Gerald Ford et après confirmation par le Sénat (par 98 voix contre 0), il entre à la Cour suprême des États-Unis pour reprendre le siège de William O. Douglas (1898–1980) parti en retraite (après 36 ans et 209 jours à la Cour suprême, le plus long mandat à la Cour suprême de toute l'histoire).

Après avoir à son tour accompli l'un des plus longs mandats de l'histoire de la Cour, il prend sa retraite en 2010 et est remplacé par Elena Kagan.

Philosophie juridique[modifier | modifier le code]

D'abord perçu comme un conservateur centriste, ses positions ont évolué vers la gauche. Il est l'un des juges les plus progressistes de la Cour suprême bien qu'il s'en défende et se réclame du conservatisme modéré. D'ailleurs, dans Diamond v. Chakrabarty (1980), qui autorise la brevetabilité du vivant, il rejoint la majorité conservatrice, aux côtés du président de la Cour Warren Earl Burger, de William Rehnquist, de Potter Stewart (en) et d'Harry Blackmun (en).

Il est hostile à la restriction du droit à l'avortement ; sceptique sur la restriction de l'affirmative action (la « discrimination positive ) après l'avoir cependant combattu ; partisan de l'extension de droits aux homosexuels et défenseur des prérogatives de l'État fédéral.

Il s'est prononcé contre la censure et le droit d'expression des étudiants au sein des écoles publiques. Il s'est également prononcé en faveur de la réintroduction de la peine de mort en 1976 mais il y est aujourd'hui opposé à titre personnel : il s'est joint à la courte majorité de la Cour, en 2005, pour abroger la peine capitale pour les moins de 18 ans (Roper v. Simmons). Néanmoins, cela ne l'a pas empêché de voter en faveur de la méthode d'exécution par injection létale en 2008.

En , il a lu à voix haute l'opinion minoritaire de la Cour dans Montejo v. Louisiana, ce qui était une première durant cette session de la Cour suprême[1]. Montejo v. Louisiana renverse Michigan v. Jackson (en) (1986), qui avait été écrit par Stevens lui-même et qui interdisait à la police d'interroger un suspect en l'absence de son avocat, invalidant toute preuve ou témoignage obtenu de la sorte.

Notes et références[modifier | modifier le code]