William O. Douglas

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William O. Douglas
Image illustrative de l'article William O. Douglas
Fonctions
Juge de la Cour suprême des États-Unis
15 avril 193912 novembre 1975
Prédécesseur Louis Brandeis
Successeur John Paul Stevens
3e président de la Securities and Exchange Commission
19371939
Président Franklin Delano Roosevelt
Prédécesseur James M. Landis
Successeur Jerome Frank
Biographie
Date de naissance 16 octobre 1898
Lieu de naissance Maine Township, Minnesota
Date de décès 19 janvier 1980
(à 81 ans)
Nationalité Américaine
Diplômé de Whitman College
Religion Presbytérien

William Orville Douglas, né le 16 octobre 1898 et mort le 19 janvier 1980, était un juge de la Cour suprême des États-Unis. Il resta à son poste 36 ans et 209 jours ce qui fait de lui le juge ayant eu le plus long mandat à la Cour suprême de toute l'histoire du pays[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

William Douglas naît à Maine Township dans le comté d'Otter Tail dans le Minnesota[2]. Son père est un pasteur presbytérien itinérant écossais du comté de Pictou en Nouvelle-Écosse (Canada). Sa famille déménagea ensuite en Californie puis à Cleveland dans l'État de Washington. Son père meurt à Portland en 1904 lorsqu'il a à peine 6 ans. Après avoir déménagé de ville en ville dans l'ouest, sa mère, avec trois jeunes enfants, s'installe à Yakima (Washington). William, comme le reste de la famille fait des petits boulots pour gagner de l'argent et une éducation universitaire parait inaccessible. Bien que n'étant pas en tête de classe, Douglas réussit suffisamment au lycée pour obtenir une bourse pour le Whitman College de Walla Walla[3]. Il devient alors membre de la fraternité Beta Theta Pi, fait partie de l'équipe des débats[Quoi ?] et devient président des étudiants au cours de sa dernière année. Il doit cependant travailler en dehors des cours pour pouvoir se payer sa formation. Il sera ainsi serveur ou portier durant l'année et cueilleur de cerises l'été. En 1920 il obtient son diplôme avec mention en économie et en anglais. Il enseigne alors l'anglais et le latin à la Yakima High Schools dans l'espoir de mettre assez d'argent de côté pour pouvoir suivre les cours de droit à l'université de droit de Columbia à New York. Mais au bout de 2 ans, il y renonce et se décide à tenter l'aventure à New York. D'anciens membres de sa fraternité l'aident à survivre à New York[3],[4], il habite dans une des maisons de la fraternité et l'un des frères d'un membre de la fraternité lui prête 75 dollars, la somme nécessaire pour s'inscrire à Columbia.

Au bout de six mois il n'a plus d'argent mais le bureau des engagements de son école lui indique une piste. En effet, un cabinet de New York cherche un étudiant pour aider à préparer des courriers. Ceci lui permet de gagner 600 dollars et donc de continuer son cursus. Il sera par la suite encore mis à contribution pour d'autres projets qui lui permettront d'avoir 1000 dollars de côté à la fin du semestre[4]. Il se marie ensuite à La Grande avec Mildred Riddle qu'il avait connue à Yakima. Il terminera cinquième de sa classe en 1925 et commence à travailler pour le prestigieux cabinet new-yorkais Cravath, DeGersdorff, Swaine and Wood (plus tard Cravath, Swaine & Moore).

Yale et la SEC[modifier | modifier le code]

Il quitte le cabinet après quatre mois. Après un an, il repart à Yakima mais regrette vite son choix et ne pratique plus vraiment le droit là bas. Après une période sans emploi puis d'autres mois bloqué à Cravath, il part enseigner à Columbia avant de rapidement rejoindre l'école de droit de l'université Yale. Il y devient un expert en législation commerciale et en faillite d'entreprises et est identifié avec le legal realist movement qui pousse à une compréhension de la loi basée moins sur les doctrines formelles du droit et plus sur les effets dans le monde réel de la loi.

Il quitte son emploi d'enseignant à Yale en 1934 et rejoint la SEC, la Securities and Exchange Commission y ayant été nommé par le président Franklin D. Roosevelt[5]. Il devient un ami et un conseiller du président américain avant de devenir président de la commission en 1937.

Carrière à la Cour suprême[modifier | modifier le code]

William O. Douglas

En 1939, Louis Brandeis quitte son poste à la Cour Suprême, et Roosevelt nomme William Douglas le 20 mars pour le remplacer[5]. Douglas révèlera plus tard que cela été une vraie surprise pour lui, Roosevelt l'ayant convoqué pour une importante réunion et Douglas craignait d'être nommé comme président de la Federal Communications Commission. Le Sénat américain confirmera le choix le 4 avril par 62 voix contre 4. Les quatre votes négatifs sont ceux des Républicains Lynn J. Frazier, Henry Cabot Lodge, Jr., Gerald P. Nye et Clyde M. Reed). Douglas prend ses fonctions le 17 avril 1939.

Philosophie juridique[modifier | modifier le code]

Douglas et l'environnement[modifier | modifier le code]

Douglas était un homme qui aimait le grand air. Selon The Thru-Hiker's Companion, un guide publié par l'Appalachian Trail Club, Douglas parcourut l'intégralité des 3200 km du sentier de Georgie jusqu'au Maine. Son amour de la nature se retrouvera dans ses raisonnements juridiques.

Cas des Rosenberg[modifier | modifier le code]

Le 16 juin 1953, Douglas arrête provisoirement la procédure d'exécution d'Ethel et Julius Rosenberg, un couple accusé d'avoir vendu des plans de bombes atomiques aux Soviétiques. Ceci pour un problème de procédure : en effet, il avait relevé que le juge Irving Kaufman, qui avait rendu son arrêt, n'avait pas demandé l'assentiment du jury. Mais son raisonnement n'était pas fondé car le juge Kaufman en avait le droit, de par la loi Espionage Act de 1917. Plus tard, en 1946, cette loi sera amendée pour que les membres du jury soient toujours consultés en cas de peine de mort (Atomic Secrets Act de 1946). La décision de Douglas fut mal reçue par la justice et le Congrès américain aurait pu le démettre de son poste mais ne le fit finalement pas[6].

Il prend sa retraite en 1975 à 77 ans dont plus de 36 ans passés à la Cour suprême. Il fut remplacé par John Paul Stevens (né en 1920).

Tentation des élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Quand au début de 1944, le président Franklin D. Roosevelt décida de ne pas soutenir activement la reconduction de son vice-président Henry A. Wallace à la convention nationale démocrate pour la désignation des candidats pour l'élection présidentielle de novembre 1944. Une courte liste de remplaçants possibles fut établie où l'on trouvait le nom de William Douglas[7].

Cinq jours avant le choix du candidat pour la vice-présidence à la convention, prévu le 15 juillet, le président du Comité démocrate, Robert E. Hannegan, reçut une lettre de Roosevelt déclarant que son choix pour la candidature à la vice-présidence était « Harry Truman ou Bill Douglas ». Après avoir rendu publique cette lettre à la convention le 20 juillet, Truman fut élu sans incident dès le second tour de scrutin.

Après la convention, des supporters de Douglas firent courir la rumeur que sur la note présidentielle envoyée à Hannegan, il était en fait écrit « Bill Douglas ou Harry Truman » et non l'inverse. Ces supporters proclamaient qu'Hannegan, un soutien de Truman, craignait que la nomination de Douglas n'éloigne du ticket démocrate les électeurs blancs du Sud (Douglas avait toujours paru antiségrégationniste dans ses décisions à la Cour suprême) et avait donc inversé les noms, donnant l'impression que Truman était le vrai choix de Roosevelt.

En 1948, une possible candidature de Douglas réapparut, due à la très faible popularité de Truman, qui était devenu président en 1945 à la mort de Roosevelt. Plusieurs démocrates pensaient que Truman ne réussirait pas à être réélu lors de l'élection présidentielle de novembre et commencèrent à chercher un remplaçant. Des tentatives furent menées en direction du populaire héros de guerre et alors retraité, le général Dwight D. Eisenhower. Douglas commença une campagne dans le New Hampshire et plusieurs autres États des primaires avant de retirer assez vite sa candidature. À la fin, Eisenhower refusa la nomination et Truman gagna facilement la candidature démocrate. Il approcha Douglas sur une possible candidature à la vice-présidence, mais ce dernier déclina. Truman choisit le sénateur Alben W. Barkley et les deux remportèrent l'élection.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Douglas sera marié 4 fois : avec Mildred Riddle de 1923 à 1953, avec Mercedes Hester Davidson de 1954 à 1963, avec Joan Martin (une étudiante en droit d'une vingtaine d'années) de 1963 à 1965 et Cathleen Heffernan (autre étudiante en droit d'une vingtaine d'années) de 1965 jusqu'à sa mort en janvier 1980. Il eut deux enfants de son premier mariage, Mildred et William O. Douglas, Jr. Ces nombreux mariages et ses présumés autres conquêtes féminines furent un sujet de polémiques publiques à l'époque. En 1966, le représentant du Kansas Robert Dole compara son « mauvais jugement d'un point de vue matrimonial » à ses décisions à la cour suprême. Quatre résolutions différentes furent introduites à la Chambre des représentants des États-Unis pour demander une enquête sur sa moralité. Les divorces qui suivirent ces mariages furent difficiles et coûteux, le plaçant dans une situation financière précaire malgré son salaire de juge à la Cour suprême.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.michaelariens.com/ConLaw/justices/douglas.htm
  2. Ernest Kerr, Imprint of the Maritimes, 1959, Boston: Christopher Publishing, p. 83.
  3. a et b Current Biography 1941, pp233-35
  4. a et b Current Biography 1941, p234
  5. a et b (en) Christopher L. Tomlins, The United States Supreme Court, Houghton Mifflin,‎ 2005 (lire en ligne), p. 475–476
  6. "House Move to Impeach Douglas Bogs Down; Sponsor Is Told He Fails to Prove His Case." The New York Times, Wednesday, July 1, 1953, p. 18.
  7. La liste comportait aussi les noms suivants : l'ancien sénateur et membre de la Cour suprême James F. Byrnes de Caroline du Sud, l'ancien sénateur Sherman Minton, l'ancien gouverneur et Haut-commissaire aux Philippines Paul McNutt de l'Indiana, le président de la Chambre des représentants Sam Rayburn du Texas, le sénateur Alben W. Barkley du Kentucky, le sénateur Harry S. Truman du Missouri
  8. Un juge de la Cour suprême peut se faire enterrer à Arlington s'il a servi auparavant dans les forces armées, Douglas n'y ayant jamais servi, son inhumation dans ce lieu a donc créé une controverse (Critères pour être inhumé à Arlington)
  9. (en) Arlington National Cemetery on William Douglas, including review of Wild Bill.
  10. (en) Mont Rainier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]