Parties des animaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Parties des animaux (en grec ancien Περὶ ζώων μορίων / Perì zốôn moríôn, en latin De Partibus Animalium) est un traité d'Aristote composé de quatre livres et qui présente une classification des animaux et qui critique les positions platoniciennes de la conception de la nature du vivant. Ce traité aura une influence profonde sur les théories de la nature jusqu'aux travaux des naturalistes du XVIIIe siècle, notamment dans le monde arabo-musulman où le traité circule sous la traduction du Kitāb al-hayawān. Il sera notamment lu et critiqué par Avicenne et influencera Al-Jahiz dans sa rédaction de son propre Livre des Animaux.

Résumé[modifier | modifier le code]

Livre I[modifier | modifier le code]

Aristote commence par parler de la méthode des sciences de la nature. Les animaux sont déjà présents face à l'homme, mais l'expérience commune ne suffit pas ; il faut procéder selon une méthode bien définie pour pouvoir connaître, et classer, les animaux. Comme toujours chez Aristote, la connaissance passe par la catégorisation et la délimitation des objets, c'est-à-dire leur caractérisation par leurs limites ou par leur forme. Les 4 premiers chapitres de ce livre décrivent la méthodologie des sciences de la nature. On peut y voir une application à celles-ci de l'épistémologie d'Aristote (voir Physique). Le 5e, plus métaphysique, laisse apparaître le téléologisme de l'auteur.

Le principe fondamental des Parties des animaux est l'unité d'analogie. « Ce que la pince est au crabe, la main l'est à l'homme ». Les deux sont des organes de préhension : les deux sont caractérisés par la même finalité. Si ces organes ne sont pas de même forme, bien qu'ils aient le même but, cela peut se comprendre par le milieu dans lequel évoluent les différents animaux. Ainsi, les poissons ont pour organes de locomotion des nageoires, parce qu'ils évoluent dans l'eau ; des jambes ou des pattes leur seraient inutiles. Cependant, Aristote n'est pas un partisan du mécanisme. Il critique l'idée selon laquelle toutes les caractéristiques des animaux seraient dues à des causes extérieures et aveugles. La nature, telle qu'il la décrit, ne fait rien en vain. Chaque partie du corps doit pouvoir s'expliquer non seulement par le milieu dans lequel évolue chaque espèce d'animal, mais aussi par une action de la nature qui, soucieuse d'équilibrer les forces et les faiblesses des espèces afin d'empêcher qu'aucune d'entre elles ne disparaisse (nous sommes ici dans un schéma fixiste, non-évolutionniste), leur donne juste ce qu'il faut.

Cette explication par les fins conduit Aristote à identifier aux organes des fins en soi, donc non variables. Avec la méthode finaliste d'explication, le qu'est-ce que ? devient en vue de quoi ?. Beaucoup de ses explications sont justes (en tant que descriptives d'un état présent des espèces et non de leur évolution dans le cadre d'une histoire naturelle), mais certaines, faute des connaissances nécessaires, ne peuvent pas l'être. Ainsi, on ne sait pas à l'époque à quoi servent les poumons. Aristote comprend que les poumons sont aux hommes ce que les branchies sont aux poissons, selon le principe d'analogie évoqué plus haut, mais ignore quel rôle leur attribuer dans l'organisme. Le plus probable lui semble être celui d'un organe de refroidissement, destiné à rafraîchir le corps qui sans adjonction d'air s'échaufferait trop : c'est celui qu'il leur attribue (à la place de la respiration).

Livre II[modifier | modifier le code]

Après ces considérations d'ordre méthodologique et épistémologiques, Aristote entre dans le vif du sujet.

Les 9 premiers chapitres décrivent les parties homéomères (semblables) des animaux, c'est-à-dire des parties qui sont de même nature que le tout, qui n'ont pas de but téléologique spécifique : les tissus, les chairs, le sang, la moelle, etc.

À partir du chapitre 10, ce sont les parties anhoméomères (non-semblables) qui sont décrites. Ces parties sont celles pourvues d'une fin particulière, elles ne sont pas semblables entre elles et ne portent pas le même nom. Il s'agit des organes, externes (mains pour saisir, pieds pour marcher, yeux pour voir, etc.). Ces parties ne sont pas de même nature que le tout ; un tissu, qu'il se trouve au pied ou à la main, reste un tissu, tandis que la main et le pied diffèrent de par leur finalité. Aristote décrit les différentes parties du corps selon leur constitution, mais aussi selon leur usage et leur but, qui en font également partie.

Livres III et IV[modifier | modifier le code]

La même étude se poursuit tout du long, jusqu'au chapitre 5 du livre IV, où Aristote examine la question du rapport entre les organes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]