Gilles-Lambert Godecharle

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Gilles-Lambert Godecharle, est un sculpteur bruxellois né à Bruxelles en 1751 et y est décédé en 1835.

Portrait de la femme de l'artiste (Musées royaux des beaux-arts de Belgique)

Il produisit une œuvre d'un classicisme impeccable mais non dépourvue de vie, de grâce et de mouvement.

Il commença à se former à Bruxelles chez le sculpteur J. Dansaert de la Corporation des Quatre Couronnés. Il reçut ainsi une première formation traditionnelle et corporative.

Il se perfectionna à Nivelles chez Laurent Delvaux, alors au faîte de son talent, puis à Paris où les artistes "flamands" formaient encore, comme au siècle précédent, un petit monde vivant, chez Jean-Pierre-Antoine Tassaert, disciple du grand R.-M. Slodtz, puis à l'Académie chez Pigalle lui-même.

Il ne resta pas à Paris et continua à se perfectionner encore à Berlin (1775-1777), à Londres (1778) et à Rome( 1778-1780) parmi les "maestri" du Capitole[1].

Chargé d'un tel bagage il retourna dans sa patrie, qui sous un régime autrichien éclairé, favorisait les talents. Il est nommé sculpteur de la cour des gouverneurs d'Autriche[1]. Comme beaucoup d'artistes de l'époque autrichienne, il adhéra à la maçonnerie.

Il figure en 1803 parmi les membres fondateurs de la Société de peinture, sculpture et architecture de Bruxelles.

Il put ainsi se mettre à l'ouvrage et produire une œuvre abondante, qui procura également à sa famille une importante fortune matérielle.

Fronton du Palais de la Nation

Outre une œuvre de petit format, tel que des bustes qui répondaient à la demande d'une clientèle lettrée, désireuse de passer à la postérité ou d'avoir dans sa bibliothèque la présence marmoréenne de ses écrivains favoris (Virgile, Platon, Milton ou Voltaire), ou des grands hommes dont elle admirait les exploits livresques (Frédéric II, Bonaparte etc.), il produisit une œuvre publique dont la plus connue est le fronton du Conseil Souverain de Brabant (actuel Palais de la Nation) ainsi que les bas-reliefs allégoriques de l'actuel château royal de Laeken, où la présence du vieillard Saturne, nous fait pénétrer dans une composition symbolisant la fuite du temps.

Une de ses sculptures connues est la Charité avec deux enfants[2], visible au Palais du Meir à Anvers. Le musée du Louvre possède un petit modèle de cette sculpture[3], dénommé Allégorie de la Charité avec deux enfants[4]. Une autre version de la sculpture d'Anvers, présentant des variantes par rapport à celle-ci[5], est présentée aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles[1].

Son fils Napoléon Godecharle légua à la Ville de Bruxelles une partie importante de sa fortune afin de constituer un prix en faveur de jeunes peintres d'histoire, mais qui fut décerné ensuite à d'autres arts comme l'architecture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Guilhem Scherf, Les vertus de la bienfaisance, in Grande Galerie - Le Journal du Louvre, sept./oct./nov. 2013, no 25.
  2. 1795, pierre, 164 cm environ.
  3. acquis en 2013.
  4. vers 1795, terre cuite, 50,5 cm x 13,5 cm.
  5. Elle est notamment composée de 4 enfants au lieu de 2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]