Priape

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Fresque de Priape dans la Maison des Vettii à Pompéi

Dans la mythologie grecque, Priape (en grec ancien Πρίαπος / Príapos) est un dieu de la fertilité, c'est un dieu ithyphallique, protecteur des jardins et des troupeaux. Son équivalent dans la mythologie romaine se nomme en réalité Mutunus Tutunus[1], bien qu'il soit souvent cité sous le nom Priape. On reconnaît Priape par son gigantesque pénis constamment en érection. Cette particularité a donné son nom au terme médical priapisme.

Mythe[modifier | modifier le code]

Il naît à Lampsaque, sur l'Hellespont, en Asie Mineure. Il est le fils de Dionysos et d'Aphrodite (certaines traditions lui donnent plutôt Hermès ou Adonis, voire Zeus pour père). D'autres auteurs, le vieillissant de plusieurs générations, voient en lui un Titan auquel Héra aurait confié le soin d'enseigner le maniement des armes à Arès[réf. nécessaire]. Priape est l'obscénité incarnée. Cette difformité serait due à la malveillance d'Héra, jalouse de la beauté d'Aphrodite.

Nous possédons au sujet de la naissance de Priape plusieurs mythes qui ne sont probablement que des variantes d'une tradition unique. D'après celle-ci, le dieu aurait été le fruit des amours de Zeus et d'Aphrodite. La déesse de l'amour n'aurait pas échappé à la jalousie vindicative d'Héra. Quand Aphrodite fut sur le point de déposer son fardeau, l'épouse légitime de Zeus accourut auprès d'elle et lui posa la main sur le ventre. Il en résulta qu'Aphrodite mit au monde un être d'un aspect repoussant, avec une langue et un ventre énormes. Saisie d'horreur, la déesse s'enfuit, abandonnant le nouveau-né, qui fut recueilli et élevé par des bergers appréciant sa rusticité, avant de rejoindre plus tard le cortège de Dionysos.

Une autre version fait de Priape le fils de Dionysos et d'Aphrodite, tandis qu'une tradition différente lui donne pour père Adonis. D'après cette légende, Aphrodite, épouse de Dionysos, aurait profité du voyage de celui-ci en Inde, pour entretenir des relations coupables avec Adonis. Au moment du retour de Dionysos, après lui avoir fait d'abord l'accueil le plus empressé, Aphrodite s'enfuit à Lampsaque où, par suite de l'intervention d'Héra, elle donne le jour à un enfant dont elle ne peut supporter la vue. Enfin, on disait encore que Priape était le fils de Dionysos et de la Naïade Chioné.

Il déteste les ânes et demande qu'on lui en sacrifie un pour son culte. Son aversion pour cet animal viendrait du fait qu'une nuit où il allait, selon Ovide[2], violer Hestia, la déesse fut avertie par le braiment de l'un d'entre eux et put ainsi échapper aux ardeurs de Priape. Cette aventure se confond avec celle mise en circulation à une époque assez tardive qui raconte une relation que le dieu eut avec la nymphe Lotis, toujours d'après Ovide (Métamorphoses et Fastes), et qui rappelle la légende de Pan et de Syrinx. Au moment où Priape croit avoir atteint son but, Lotis est métamorphosée en l'arbre qui porte son nom, le lotus. On racontait aussi que l'entreprise du dieu n'avait échoué que parce qu'à l'instant où il allait violenter la nymphe endormie, l'âne de Silène s'était mis à braire, ce qui avait permis à Lotis de s'enfuir. De colère, Priape tua l'animal qui avait contrarié ses projets.

Une explication différente est donnée de sa haine pour ces équidés : elle a pour origine une querelle avec un âne que Dionysos a doté de la parole pour lui avoir servi de monture. La cause en est la taille respective de leur membre viril. Priape comparera son organe sexuel à celui de l'animal et tuera ce dernier après avoir constaté la dimension de ses attributs.

Le dieu des jardins avait tué l'âne que Dionysos plaça parmi les astres. Il est difficile de comprendre quelle est la base de ce mythe. On sait seulement qu'à Lampsaque on sacrifiait des ânes à Priape, alors que pour la fête d'Hestia, en revanche, les ânes étaient couronnés de fleurs.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Priape est généralement représenté pourvu d'un énorme phallus en érection perpétuelle. Les Romains placent souvent dans leur jardin des statues grossières en bois (des hermai) de figuier, peintes de vermillon, représentant Priape, pour servir d'épouvantail. Il écarte le mauvais œil et sa statue protège les vergers, mais il ne connaît ni le plaisir ni la fécondité. Lorsqu'il est représenté sous forme humaine, ses bras sont généralement chargés d'attributs liés à l'agriculture[3].

Médecine[modifier | modifier le code]

En pathologie, le priapisme désigne une érection douloureuse et prolongée et ceci sans provocation érotique.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

Épithètes et attributs[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Priape dans l'Antiquité
  • Cyril Dumas, L'érotisme des Gaules, L'art érotique en Gaule romaine du IIe siècle avant J.-C. au IIIe siècle après J.-C., Éditions du musée des Baux-de-Provence, 2005, 56 p. (ISBN 2-9525039-0-7).
  • Cyril Dumas et David Fürdös, « Priape entre invocation et superstition », Dossiers d'archéologie, no H.-S. 22,‎ avril 2012, p. 36-41
Priape à la Renaissance
  • Brown, Emerson, Jr. Hortus Inconclusus : The Significance of Priapus and Pyramus and Thisbe in the Merchant's Tale, Chaucer Review 4.1 (1970), 31-40.
  • Brown, Emerson, Priapus and the Parlement of Foulys, Studies in Philology 72, 1975, 258-74.
  • Coronato, Rocco, The Emergence of Priapism in the Two Gentlemen of Verona, In Proteus, The Language of Metamorphosis, éd. Carla Dente, George Ferzoco, Miriam Gill and Marina Spunta, Aldershot, Ashgate, 2005, chapter 8, 93-101.
  • Frédéric Delord, Priapus, 2009, In A Dictionary of Shakespeare's Classical Mythology, 2009, éd. Yves Peyré. Priapus.
  • Franz, David O. Leud Priapians and Renaissance Pornography, Studies in English Literature 1500-1900 12, n°1 (winter 1972), 157-72.
  • Philippe Morel, Priape à la Renaissance : Les guirlandes de Giovanni da Udine à la Farnésine, Revue de l’Art, 69 1985, 13-28.
  • O’Connor, Eugene, Symbolum Salaciatis : A Study of the God Priapus as a Literary Character, Francfort, Bern, New-York and Paris, Peter Lang, 1989.
  • Yves Peyré, Priape dénaturé : Remarques sur les Apotheseos…Deorum Libri Tres de Georges Pictor et leur adaptation anglaise par Stephen Batman, Influences latines en Europe, Cahiers de l’Europe Classique et Néo-Latine, Toulouse, Travaux de l’Université de Toulouse - Le Mirail, A.23, 1983, 61-87.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dumas et Fürdös 2012, p. 36
  2. Ovide, Fastes [détail des éditions] [lire en ligne], VI, vers 319-348.
  3. Dumas et Fürdös 2012, p. 37

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