Frank Lucas

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Frank Lucas en janvier 1975
Frank Lucas en novembre 2008

Frank Lucas, né le 9 septembre 1930 à La Grange (Caroline du Nord) fut un dealeur d'héroïne et le chef d'une organisation criminelle à Harlem de la fin des années 1960 au début des années 1970[1]. Il connut une nouvelle notoriété à la fin des années 2000 avec la sortie du film American Gangster de Ridley Scott inspiré de sa vie.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse

Il passe son enfance à Greensboro en Caroline du Nord où il voit à 6 ans son cousin se faire tuer par le Ku Klux Klan pour avoir seulement regardé une femme blanche. À la suite d'un conflit avec un ancien employeur, il est recherché, et, sur conseil de sa mère, il part à New York.

Un jour il défie un grand joueur de billard en présence d'un caïd de la mafia de Harlem, Bumpy Johnson, qui l'encourage. Il gagne la partie et devient son homme de main et son tueur.

[modifier] Carrière criminelle

La guerre du Viêt Nam est déclarée en 1964, Lucas découvre à la télévision combien les GIs étaient devenus accros à l'héroïne vendue à très bas prix sur place.

Il décide d'importer la drogue. Pour supprimer les intermédiaires dans le trafic de stupéfiant, il achète l'héroïne directement à la source dans le triangle d'Or en Asie du sud-est. Il organisa le transport d'héroïne depuis le Viêt Nam jusqu'aux États-Unis en faisant aménager des double fonds dans les cercueils rapatriant les corps de soldats américains. Richie Roberts, un ancien Marine, inspecteur fédéral et juriste du New Jersey, l’a traqué et mis en accusation avec succès.

Dans les années 1970, l'héroïne qui circulait dans les rues de New-York avait en moyenne une pureté de 1 à 3%. Celle que faisait importer Frank était pure à 98%, avant d'être coupée pour être vendue pure à 10%, soit encore deux fois plus forte que la meilleure qualité en circulation. Elle a créé une véritable épidémie d'overdoses du Maine à la Floride. C'est à la suite de ces décès que le gouvernement a décidé de mettre en place des unités de lutte contre la drogue à Boston, à New York, dans le New Jersey, à Washington, à Philadelphie, peut-être à Miami.

Ami avec les stars de son temps, ses gains ont été estimés à 1 million de dollars par jour. Il faisait cela en bloquant la rue de Harlem de 14h à 17h et en vendant son héroïne, qu'il avait nommé "Blue Magic" et développé comme une marque.

Il a voulu tuer l'un de ses frères, "Shorty", qui l'avait trahi mais comme un de ses autres frères était mort, il renonça pour que sa mère n'enterre pas deux fils le même jour.

En janvier 1975, sa maison à Teaneck dans le New Jersey est investi par des policiers de la DEA et du bureau du contrôle du crime organisée de la police de New York. Dans la maison, les policiers trouveront 584.683 dollars. Il fut plus tard accusé de violations de lois fédérales et de lois de l'État du New Jersey sur les drogues.

En janvier 1976, il est condamné par un tribunal fédéral à 40 ans de prison, auxquels viennent s'ajouter dix mois plus tard, 30 ans de prison infligé par un tribunal de l'État du New Jersey. Pour bénéficier d'une réduction de peine, Frank Lucas accepte de coopérer avec la justice américaine et fournit des éléments permettant de condamner des policiers corrompus et d'autres caïds. Pour sa sécurité, lui et sa famille sont placés sous le programme de protections des témoins en 1977.

En 1981, il bénéficie d'une réduction d'une peine et d'une libération conditionnelle du fait de sa coopération et sort après cinq ans de prison. Mais en 1984 il est de nouveau arrêté pour avoir essayé de vendre 1 kilo de cocaïne. Il est alors défendu par son ancien accusateur Richie Roberts devenu entretemps avocat au pénal. Il est emprisonné pendant 7 ans et sort en 1991. Il décide alors de se ranger du monde du banditisme, et déclare : « Je ne veux pas être glorifié. »

En 2005, il est victime d'un accident de circulation et est condamné au fauteuil roulant.

Dans un étrange retournement de situation, il est devenu ami proche de Richie Roberts.

[modifier] Famille

Marié avec Julie, d'origine portoricaine (mais qui n'est pas Miss Puerto Rico comme dans le film American Gangster), ils auront 7 enfants. Lucas reçoit un manteau à 125 000 $ et un chapeau à 40 000 $, offerts par sa femme, ce qui lui causera certains problèmes, entre autres l'intérêt soudain des policiers à son égard[2]

Un de ses fils officie dans le hip-hop et a créé la marque "Franck Lucas Band"[3].

[modifier] Culture populaire

  • Une série documentaire American Gangster de 2006 diffusée sur BET (narrateur Ving Rhames).

[modifier] Notes et références

  1. U.S. Jury Convicts Heroin Informant, The New York Times, 25 aout 1984
  2. Janelle Oswald (09 décembre 2007). The Real American Gangster, www.voice-online.co.uk
  3. Kevin Clark (6 novembre 2007). Frank Lucas, Jr.: Son Of An American Gangster. hiphopdx.com. Retrieved on 2008-02-24.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Lien interne


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