Pierre Degeyter

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Pierre Degeyter (ou Pierre De Geyter en néerlandais), né le 8 octobre 1848 à Gand et mort le à Saint-Denis, est un ouvrier et musicien belge célèbre pour avoir composé la musique de L'Internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre De Geyter componist van de Internationale.png

Ses parents, ouvriers également, avaient immigré à Lille pour y trouver du travail dans l’industrie textile. Câbleur dans l’industrie ferroviaire, Pierre Degeyter s’intéresse plus à la musique. À seize ans, il commence les cours du soir à l'Académie de musique, dont il obtient le premier prix à 38 ans. En juillet 1888, alors qu’il est le premier directeur de la société musicale lilloise la Lyre des travailleurs, il reçoit une commande de Gustave Delory, du Parti ouvrier français : mettre en musique un poème d’Eugène Pottier de 1871 pour en faire le chant de lutte du parti. Il compose cette musique au siège de la Lyre, le café lillois la Liberté, rue de la Vignette.

La musique est signée du seul nom de famille de Degeyter, ce qui n’empêchera pas le compositeur de devoir quitter Lille, dont les patrons l’ont classé comme dangereux révolutionnaire. Sa famille déménage vers Saint-Denis, d’où son frère Adolphe intentera un procès en 1904 pour lui contester la paternité de cette musique. Elle ne sera attribuée définitivement à Pierre qu’en 1922, huit ans après le suicide d’Adolphe Degeyter.

Le chant fut un succès immédiat, d’abord en France, puis dans le monde entier. Il est adopté en 1889 comme hymne de la Deuxième Internationale. Lors de la scission entre socialistes et communistes, Degeyter choisit les seconds. Le chant deviendra l’hymne national de l’URSS. Degeyter fut l’invité d’honneur de Staline à Moscou en 1927, lors des célébrations du dixième anniversaire de la Révolution d'octobre. Staline lui accordera une pension d’État, en guise de droits d'auteur. Il mourut pourtant dans une certaine indigence. Ses funérailles furent suivies par 50 000 personnes, avant que son nom ne tombe dans un relatif oubli, contrairement à sa musique.

Un collège de Saint-Denis porte son nom. Celui-ci fut renommé « collège Serge-Gainsbourg » dans le film Le Plus Beau Métier du monde. Sa ville natale de Gand lui consacra une statue en 1998, tandis que celle de Lille a baptisé une place à son nom en 2007, dans le faubourg industriel de Fives où il était ouvrier. Un géant du même nom reproduit sa silhouette.

Sources[modifier | modifier le code]

A chacun sa place, (éditions) La Contre allée, 2008 (ISBN 978-2-917817-00-1)