Empattement (typographie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Empattement.
Serif and sans-serif 01.png
Police sans empattement (caractères à bâton ou sans sérif) - ici Helvetica
Serif and sans-serif 02.png
Police avec empattement (ou sérif) - ici Times
Serif and sans-serif 03.png
Empattements, en rouge

En typographie, les empattements sont les petites extensions qui forment la terminaison des caractères dans certaines polices d'écriture (dites « sérif » en anglais). Une diagonale forme avec son empattement un angle appelé angle d'empattement, caractéristique d'une police.

Origine[modifier | modifier le code]

Initialement, les empattements proviendraient de la trace laissée par l'outil (plume, pinceau etc.) lorsque la main s'élève en achevant le geste d'écriture. Parallèlement, les Romains sculptaient les lettres capitales lapidaires avec de légers empattements pour accentuer les jeux de lumières dans la gravure sur pierre en creux et augmenter la clarté des formes monumentales, lues et vues d'une grande distance (voir aussi : Cunéiforme). Les textes gravés étaient préalablement tracés entre deux portées haute et basse : les empattements des hampes permettent de retrouver visuellement l’alignement de ces portées et concourent à l’harmonie générale.

Une autre explication soutient que les empattements sont les vestiges du ciseau qui était planté de manière perpendiculaire au trait afin d'arrêter de manière précise le trait de gravure. Ce ciseau laissait alors une marque correspondant à l'empattement. Ce « défaut » technique lié à la gravure se retrouve dans les gravures anciennes (inscriptions romaines sur pierre).

Police de caractères avec empattement[modifier | modifier le code]

La quasi-totalité des polices utilisées en imprimerie, à partir des caractères humanistiques, et les divers styles qui ont suivi, des origines jusqu'à nos jours, sont à empattements.

La forme des empattements a pu servir d'indices pour établir des classifications de caractères. Les caractères classiques ont des empattements triangulaires, relativement épais avec les Humanes, s'affinant avec les Garaldes, et réduits à un trait filiforme avec les Didones. Les empattements rectangulaires signalent les Égyptiennes. Les caractères inspirés des inscriptions gravées, avec des empattements très réduits, ou simplement en épaississement des fûts aux extrémités, sont dits Incises.

Les polices à empattement permettent de distinguer chaque lettre tout en assurant une continuité qui améliore la lisibilité du texte. La ligne formée par les empattements forme un repère que l’œil peut suivre, évitant ainsi de sauter d'une ligne à une autre. La fatigue visuelle est moindre avec ce type de police.

Police de caractères sans empattement[modifier | modifier le code]

Les caractères sans empattements sont désignés comme « caractères bâton » ou « linéales ». En anglais, l'appellation est sans serif ou gothic. L'anglais reprend ici le mot français « sans » (modérément répandu en anglais, hors d'un contexte typographique) dans son acception habituelle. En allemand, on les appelle Grotesk (« grotesques »).

Articles connexes[modifier | modifier le code]