Dominique Albert Azuni

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Dominique Albert Azuni

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Nom de naissance Domenico Alberto Azuni
Naissance 3 août 1749
Sassari
Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Décès 28 janvier 1827 (à 78 ans)
Cagliari
Nationalité Flag of the Italian region Sardinia.svg Sardaigne
Drapeau de la France France
Pays de résidence Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flag of Kingdom of Sardinia (1848).svg Royaume de Sardaigne
Profession Juriste
Magistrat
Autres activités
Distinctions

Dominique Albert Azuni (3 août 1749 - Sassari23 janvier 1827 - Cagliari), était juriste et homme politique sous le Consulat et le Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dominique Albert Azuni, né à Sassari en Sardaigne, devint Français par ses affections et par ses places, et dut à un talent remarquable de hautes fonctions que la chute de son bienfaiteur lui enleva.

Il cultiva de bonne heure les lettres, étudia le droit à Sassari et Turin mais fit surtout une étude approfondie de cette partie de la jurisprudence qui concerne les affaires commerciales, tant terrestres que maritimes.

Il publia plusieurs écrits sur ces matières, qui tous obtinrent du succès, mais parmi lesquels son Dictionnaire universel de Jurisprudence commerciale (1786-1788) tient le premier rang, étant cité comme une autorité dans tous les tribunaux de commerce du littoral de la Méditerranée.

Azuni remplit, durant sa longue et laborieuse carrière, un grand nombre de fonctions publiques. Avant la Révolution française, il était sénateur puis juge au tribunal de commerce et maritime de Nice en 1782. Associé de plusieurs académies, notamment à celles de Turin, de Naples, de Florence, il attira les regards du général Bonaparte, qui passa en 1796 à Nice.

Après la réunion de son pays à la France, Azuni fut appelé à Paris par ce général, lorsqu'il n'était encore que Premier Consul. Le juriste se lia avec les plus illustres savants de cette capitale. Il avait publié en italien un Système universel des principes du droit maritime de l'Europe (Nice, 1795, 4 vol.), dont une traduction française, imprimée en 1798, quoique très mal exécutée, eut un succès qui décida l'auteur à refaire entièrement son ouvrage. Le nouveau traité, écrit par lui-même en français avec une pureté assez remarquable ; ouvrage étonnant par la correction d'un style qui n'a rien d'étranger, par la lumineuse coordination des faits, et par la vigueur d'une analyse féconde en résultats, parut en 1805, en 2 vol. in-8°. Cet ouvrage eut beaucoup de succès, et signala, dans M. Azuni, un homme disposé à coopérer à la nouvelle organisation des lois.

Il avait publié en 1798, Essai sur l'histoire géographique, politique et morale de la Sardaigne, 1 vol. in-8. Il en donna, trois ans après, une édition très augmentée et totalement refondue, sous le titre d'Histoire géographique, etc. de la Sardaigne, Paris, 1801, 2 vol. in-8°-, fig., avec la carte la plus détaillée et la plus exacte qui eût encore paru, de cette île.

Le ministre de l'intérieur adjoignit ce savant à la commission chargée de rédiger le nouveau Code de commerce, et lui confia la partie maritime (1806).

En 1807, il fut nommé président du tribunal d'appel de Gênes, ville nouvellement réunie à l'Empire. Le 3 octobre 1808, il fut élu, par le Sénat conservateur, membre du Corps législatif, sur la présentation des collèges électoraux du département de Gênes. l'arrondissement de Novi l'avait préalablement choisi comme candidat au Corps législatif par 26 voix sur 44 votants et 67 inscrits. Le 3 février 1810, il fit hommage à l'assemblée d'un ouvrage intitulé : Traité du contrat et des lettres de change, suivant les principes du nouveau code.

Il cumulait à la même époque les fonctions de vice-intendant de Nice et de sénateur du royaume d'Italie.

M. Azuni devenu Français par ses affections, comme par ses fonctions, donna au public, en 1809, un opuscule où il cherchait à prouver que l'invention de la boussole était due aux Français, et non aux Italiens, qui la revendiquaient avec d'assez bons titres. Mais il trouva un adversaire dans un savant Italien, Joseph Hager, professeur des langues orientales à l'université de Pavie, qui publia contre lui un opuscule intitulé : Memoria sulla bussola orientale, Milan, 1810, où celui-ci réfuta d'une manière sinon triomphante, du moins fort spécieuse. Cette querelle polémique fut examinée dans le journal officiel de Milan ; et l'avantage n'y resta point à M. Azuni, malgré ses fréquents voyages en cette ville, et l'étroite amitié qu'il y avait formée avec M. Luosi.

Quand, en 1811, les tribunaux furent réorganisés, M. Azuni, intime ami de Giuseppe Luosi, grand-juge et ministre de la Justice du royaume d'Italie, fut continué dans ses fonctions jusqu'à la Restauration, sous le titre de président de la chambre de la compagnie de Gênes. En février de cette même année, il publia un ouvrage sur l'origine et les progrès du droit et de la législation maritime.

Il fut promu, le 19 juin 1813, chevalier de l'Empire, chevalier de la Légion d'honneur et de l'Ordre de la Réunion.

Napoléon succomba. M. Azuni partagea le sort de tous les hommes que sa chute précipita des honneurs dans la vie privée. En 1815, il publia un nouvel et bon ouvrage intitulé : Mémoires pour servir à l'histoire maritime des marins navigateurs de Marseille. Il se retira alors à Nice, puis Gênes, où il n'occupa plus aucune place.

Lors de la restauration de la maison de Savoie, Azuni, sur l'invitation de Victor-Emmanuel Ier, revint dans sa terre natale, où il remplit les fonctions de juge et magistrat suprême du consulat de Cagliari, et celles de président de la Bibliothèque de l'Université royale de cette ville. II y mourut l'un des derniers jours de janvier 1827 et fut inhumé en la Basilique Notre-Dame de Bonaria.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fonctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire universel de Jurisprudence commerciale (1786-1788) ;
    • Dizionario universale raggionato della giurisprudenza mercantile, seconda edizione, Livourne, imprimerie de Massi, 1822
  • Sistema universale dei principj del diritto maritimo d'Europa, Nice, 1795, 4 vol. ;
  • Essai sur l'histoire géographique, politique et morale de la Sardaigne, 1798, 1 vol. in-8 ;
  • Dissertation sur l'origine de la boussole : suivie d'une lettre du même auteur,en réponse au Mémoire de M. Hager publié dernièrement à Pavie, Paris, H. Nicolle, Librairie Stéréotype,‎ 1809, 2e éd. (lire en ligne), Éditions Claude Arthus Bertrand, Paris, 1809, in-8 ;
  • Origine et progrès du droit et de la législation maritime, avec des observations sur le consulat de la mer, Paris, imprimerie de Jeune-homme, 1810, in-8° ;
  • Mémoire pour servir à l'Histoire des voyages maritimes des anciens navigateurs de Marseille, Gênes, imprimerie de H. Bonaudo, 1813, in- 8°. ;
  • Recherches pour servir à l'histoire de la piraterie, Gênes, 1816, in-8°. ;
  • Système universel des armements en course et des corsaires en temps de guerre, Gênes, imprimerie de H. Bonaudo, 1817, in-8°. ;
  • Sopra l'amministrazione sanitaria in tempo di peste, Cagliari, 1820.

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Statue de Domenico Alberto Azuni à Sassari.

Armoiries[modifier | modifier le code]

« Coupé, au 1, d'argent au phénix essorant de sable; au 2, d'azur au sautoir d'or accompagné d'une étoile à huit rais du même, posée au deuxième point en chef. Bordure d'azur du tiers de l'écu, chargée, au deuxième point en chef, du signe des chevaliers de l'Ordre impérial de la Réunion, qui est une étoile à douze rayons d'or.[2] »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dissertation sur l'origine de la boussole : suivie d'une lettre du même auteur,en réponse au Mémoire de M. Hager publié dernièrement à Pavie, H. Nicolle, Librairie Stéréotype,‎ Paris, 1809, 2e éd. (lire en ligne)
  2. Source : Armorial des Chevaliers de l'Ordre Impérial de la Réunion créés par Napoléon Ier en 1813 et 1814 - par M. Alcide Georgel - 1869. Texte téléchargé depuis le site de la Bibliothèque Nationale de France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]