Tablette graphique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir tablette.
Page d'aide sur l'homonymie À ne pas confondre avec tablette tactile (également appelée « Tablet PC » ou « tablette électronique ») et palette graphique.
Tablette Wacom Intuos5 M

Une tablette graphique est un périphérique informatique pour tracer à la main (graphisme, schéma, dessin, écriture manuscrite...).

Description[modifier | modifier le code]

Une tablette graphique associe :

Une surface plane active de faible épaisseur, appelée communément « la tablette », en général aux dimensions de formats de papier standards (A6, A5, A4, A3), ou plus récemment d'écrans d'ordinateur tendant vers le panoramique.
L'objet possède également des bords plus ou moins larges pour un besoin ergonomique (possibilité de tenir la tablette sans toucher la surface active, emplacement de rangement pour l'outil associé) et un besoin fonctionnel (touches paramétrables correspondant à celles du clavier de l'ordinateur).

Un stylet, ressemblant à et s'utilisant comme un stylo, mais sans encre et exclusivement pour tracer sur la tablette.
Il peut être équipé de boutons paramétrables et complété par d'autres stylets spécifiques, un aérographe ou une souris.

Type de tablette graphique[modifier | modifier le code]

Il en existe deux types : celles dite « traditionnelles », c'est-à-dire opaques ; et celles avec une dalle, en référence à l'écran LCD.

Tablette traditionnelle[modifier | modifier le code]

Tablette traditionnelle

La tablette graphique « traditionnelle » est donc la plus ancienne et présente une surface active opaque. Sur cette surface, le stylet gère la pression et le mouvement. Mais cette visualisation ne se fait que sur l'écran du moniteur. C'est donc le curseur qui affiche l'emplacement où le stylet est en contact avec la tablette. Ceci oblige à regarder le moniteur sans regarder sa main sur la tablette. Cette façon de travailler déconcerte au début car écrire ou dessiner, c'est également voir sa main écrire et dessiner. Avec la tablette, on se rapproche du dessinateur d'après-nature qui ne regarde que son modèle et non sa feuille. L'utilisation de la tablette graphique traditionnelle se situe entre les deux.

Une autre particularité de cette tablette est la reconnaissance du geste du stylet qui se différencie de la souris. Cette dernière propose un mouvement relatif du curseur sur l'écran du moniteur, c'est-à-dire que le curseur démarre de l'emplacement où la main a arrêté la souris précédemment. Pour une tablette graphique, ce mouvement est par défaut absolu, c’est-à-dire que la taille de la surface active correspond à la taille de l'écran : les bords de l'un correspondent aux bords de l'autre.

C'est une contrainte lorsque le rapport de taille est trop élevé entre la surface de la tablette et celle de l'écran. Le geste naturel réalisé avec le mouvement de la main ou du bras sur la tablette et sa réalisation du tracé affiché par le mouvement du curseur sur l'écran peut déconcerter l'utilisateur. Par exemple, un petit trait réalisé sur une tablette de petite taille A6 affiche un trait long et rapide sur un moniteur de 20 pouces.

Le choix de la taille d'une tablette graphique impose donc une adéquation avec celle du moniteur. Le choix de la taille de la surface active dépend également des gestes de l'utilisateur. Un trait au stylet est réalisé par le mouvement du poignet ou par l'avant-bras entier. Des gestes habituels amples demanderont une surface large, et inversement, bien que des réglages de zoom soient disponibles pour s'y adapter.

Tablette avec écran intégré[modifier | modifier le code]

Le second type de tablette graphique plus récente et actuellement moins répandue, du fait de son prix, est la tablette à écran LCD. La surface active est l'écran lui-même, ce qui permet de retrouver la coordination naturelle du regard, de la main et du support. Les tailles des tablettes à écran LCD proposent des formats élevés pour permettre un confort d'utilisation, auquel s'ajoute la possibilité de travailler en positionnant la tablette à la verticale ou à l'horizontale. En effet, la tablette, assez lourde, s'appuie sur un pied solide et pivotant qui permet de régler son orientation. Le seul souci de ce style de tablette est la question de la longévité de la surface active puisqu'elle doit subir les pressions du stylet mais également le poids du bras de l'utilisateur lorsqu'il travaille à l'horizontale.

Le fonctionnement d'une tablette graphique à écran LCD nécessite une alimentation électrique, un adaptateur DVI/VGA et une prise USB, la tablette faisant office de moniteur également.

L'expression « surface tactile » est, à tort, souvent utilisée pour désigner la surface sur laquelle le stylet fonctionne. Il s'agit d'une surface active puisque seul le stylet ou les autres outils utilisant la même fréquence radio sont détectés, et non une pression extérieure comme celle d'un doigt.

Les ordinateurs de type tablette PC peuvent être considérés comme des tablettes graphiques, puisqu'ils en intègrent tous les composants, mais la pression n'étant généralement pas gérée, elle ne permet pas d'aller très loin.

De la même façon, il existe les tablettes tactiles, les téléphones tactiles, ou les ordinateurs tout en un (intégrés à l'écran) tactiles. Proche de la tablette, elle ne gèrent ni pression, ni inclinaison, mais ajoutent généralement la possibilité de travailler avec plusieurs doigts.

Fonction[modifier | modifier le code]

Une tablette graphique est un périphérique utilisé en priorité par l'infographiste en association avec un logiciel d'infographie, c’est-à-dire un éditeur graphique, un logiciel de retouche d'image, de vectorisation, d'illustration, de 3D ou de dessin technique. Un système d'ordinateur peut également proposer en son sein des fonctions utilisant les propriétés de la tablette graphique comme la reconnaissance de caractères.

L'association de la tablette et du stylet s'apparente à celle de la feuille de papier et du crayon. Cet appareil permet donc de dessiner sur un ordinateur avec une précision et une ergonomie proche de celle des outils traditionnels de dessin. Il pallie le manque de précision et de maniabilité des souris (dérive, prise en main, etc.).

Suivant la qualité du modèle, la tablette permet de mesurer la pression sur la pointe du crayon, l'inclinaison, la rotation, l'accroche, ou d'autres paramètres indispensables en dessin classique. La gestion de ces paramètres (pression, inclinaison) diffère selon les logiciels d'infographie, mais elle a pour but en premier lieu d'adapter l'outil à la propre sensibilité de l'utilisateur. En effet, la tablette graphique propose non seulement de gérer les sensations du toucher, mais également de les personnaliser. Une même tablette peut donc être paramétrée différemment selon le logiciel et selon son utilisateur.

Un certain nombre de fonctions et d'options présentes dans les logiciels d'infographie les plus utilisés concerne uniquement la tablette graphique et est destiné à un travail plus ponctuel et plus précis. Il est possible également d'obtenir des effets variés dont certains sont impossibles avec une simple souris. Le côté mimétique du stylet avec un crayon traditionnel est renforcé par le fait que la majorité des logiciels gèrent le retournement du stylet comme une gomme.

Le traitement numérique du tracé est de l'ordre de l'instantané, cependant il est fort possible d'avoir parfois un décalage dans le temps entre le trait fait à main levé et la réalisation de son tracé. Ce problème de concordance s'explique souvent par une mauvaise gestion du traitement de l'image par le logiciel d'infographie ou par l'ordinateur.

Il convient de distinguer la tablette graphique, qui est un périphérique de saisie et la palette graphique, qui est la transposition de la palette du peintre sur l'ordinateur et qui englobe l'ordinateur et le logiciel de dessin.

Certaines tablettes sont capables de reconnaître le formulaire en papier simplement posé en surface, comme si la tablette était un bloc-note. Elles peuvent enregistrer les notes manuscrites saisies, qu’il s'agisse de caractères imprimés, de dessins ou de cases à cocher. Les informations saisies peuvent alors être transférées vers un PC qui les recevra d’une part sous forme d’un fichier attaché à un mail (PDF) et d’autre part sous forme de données structurées qui pourront être intégrées à une application comme une base de données (sous fichier XML).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les ancêtres des tablettes graphiques sont connus sous le nom de « spark tablets » ou de « tablettes sonores » ( (en)) car elles

utilisent le son pour repérer l'emplacement du stylet, qui s'apparente à une sorte de bougie qui produit un clic à chaque contact avec la tablette. L'objet - très complexe- est constitué d'une multitude de microphones : Ces capteurs sont très sensibles à la moindre interférence.

En 1964, la première tablette graphique proche des modèles actuels est la RAND Tablet (en), connue aussi sous le nom de la « Grafacon » (venant du mot anglais Graphic Converter). La surface plate de la tablette est constituée d'une grille qui offre un quadrillage parfait avec un repérage des coordonnées horizontales et verticales. Chaque coordonnée produit un signal magnétique que le stylet repère en tant que récepteur et renvoie pour signaler sa position.

En 1984, KoalaPad (en) est la première tablette graphique destinée au grand-public. Conçue à la base pour l'Apple 2, elle peut être adaptée à tous les micro-ordinateurs de l'époque qui supportent des interfaces graphiques comme le TRS-80 Color Computer, le Commodore 64, et l'Atari 8-bit family. D'autres tablettes apparaissent alors ; certaines comme celle d'Atari sont considérées de très bonne qualité bien que leur usage soit très restreint à l'époque.

Les tablettes graphiques récentes s'apparentent dans le fonctionnement à celui de la première RAND Tablet. Le système de quadrillage est présent mais plus pointu ; D'où une reconnaissance parfaite de la position du stylet mais également de sa navigation sur la surface dite active. Le signal magnétique ne s'arrête pas à la tablette elle-même, mais s'étend à 1 centimètre au-dessus environ. Le stylet est reconnu sans pression. La reconnaissance également de cette dernière change selon les constructeurs. Mais en général, la tablette émet un signal, le stylet est repéré et c'est lui-même qui module le signal en fonction de la pression et le renvoie à la tablette. Ainsi la tablette récupère les informations de positionnement, de pression, de vitesse, mais également d'inclinaison et de rotation selon les modèles de stylet. Les informations collectées sont codées pour être interprétées par des logiciels d'infographie optimisés.

Connexion[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des périphériques de saisie, selon les modèles :

Reliée à l'ordinateur par une connexion filaire USB (ou autre si plus ancien), ou sans fil comme le Bluetooth.

Alimentation par câble électrique, ou piles/batteries pour les modèles sans fil.

Prix[modifier | modifier le code]

Réputées très chères et se dévaluant peu, comparé à la plupart du matériel informatique. Les premiers prix coûtent environ 30€ pour aller jusqu'à 400€ pour des tablettes graphiques sans écran intégré. Les tablettes équipées d'écran intégré montent jusqu'à 3500€.

Concurrence[modifier | modifier le code]

Le marché est largement dominé par une unique entreprise[1](Wacom), contrairement à la plupart des domaines informatiques.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Utilisable pour naviguer au curseur comme une souris sur n'importe quel système informatique (Mac, Windows, Linux) avec parfois l'installation ou la réalisation préalable d'un driver.

Mais destiné aux logiciels d'infographie qui reconnaissent l'information supplémentaire de pression, et parfois plus sur les modèles les plus sophistiqués.

Logiciels[modifier | modifier le code]

Les fonctions supportées dépendent des marques, des modèles, mais aussi du type même de l'application.

Parmi les applications reconnues qui gèrent la pression du stylet :

  • 3D Paint,
  • 3D Studio Max Vertex Painter,
  • 4D Paint,
  • 5D Cyborg
  • Acrylic/Expression,
  • After FX,
  • Amazon Paint,
  • Amorphium,
  • Animation Stand,
  • Art Dabbler,
  • ArtRage,
  • Artstream,
  • Aura
  • Blender
  • Cinema 4D / Bodypaint,
  • Combustion,
  • Commotion,
  • Corel Draw,
  • Corel Photo-Paint,
  • Creator,
  • CTP,
  • Cult Effects
  • Deep Paint,
  • Deep Paint 3D,
  • Deneba Canvas
  • Adobe Photoshop[2]
    • Adobe Photoshop Elements,
    • Adobe Photoshop LE,
  • ArtRage[3]
  • Eclipse,
  • Eddie
  • Macromedia Fireworks,
  • Flash,
  • Fontographer,
  • Freehand,
  • Full Color
  • GIMP,
  • iChat,
  • iGrafx Designer,
  • Illustrator,
  • inkBook,
  • Inkscape,
  • Inkwell
  • Kai's Power Tools / KPT Effects
  • Krita
  • Liberty
  • MagicArtist,
  • Matador, Matrix,
  • Maya,
  • Media Studio Pro,
  • Manga Studio (Comic Studio)
  • MyPaint,
  • Osu!
  • Paint Tool SAI,
  • Painter,
  • Painter Classic,
  • Painter Essentials 2,
  • PencilMan (Retas! Pro),
  • penPalette,
  • Photo Deluxe,
  • Photo Impact,
  • Photo Magic,
  • Photonyx,
  • Plastic Animation Paper,
  • Picture Publisher,
  • Photoimpact
  • Revelation Natural Art,
  • Rita
  • Satori PhotoXL,
  • Satori FilmFX64,
  • Satori WebFX,
  • Shake,
  • SketchBook Pro,
  • Softimage DS,
  • Studio,
  • Studio Artist,
  • Studio Tool
  • The Tab,
  • Toon Boom Studio,
  • Toonz, Artweaver
  • TVPaint Animation Pro
  • WebPainter,
  • Windows XP Tablet PC Edition
  • Xara
  • Zbrush
  • Microsoft Office 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « FAQ », Wacom (consulté le 15 janvier 2013)
  2. « Aide de Photoshop / Création et modification de formes », Adobe
  3. Frédéric Boutier, « Art Rage 1.1 : des outils très efficaces », 01net,‎ 8 juillet 2005

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]