Culture d'Unétice

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La culture d'Unétice est un groupe du Bronze ancien d'Europe centrale (vers 2300 av. J.-C. – vers 1600 av. J.-C.).

Chronologie et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Hache-marteau de combat avec bouton opposé au tranchant typique du Bronze ancien (1800 av. J.-C. - 1500 av. J.-C.), propre à la Culture d'Únětice. Elle est aussi appelée « Hache type Nestor » du fait de l'influence mycénienne.

L'âge du bronze apparaît en Europe centrale avec la culture d'Unétice, parfois appelée improprement civilisation d'Unétice, vers 2300 av. J.-C. – 1600 av. J.-C. La ville éponyme d'Únětice est située au nord-ouest de Prague en Bohême (République tchèque). En Bohême, la culture d'Unétice fait suite à la culture campaniforme et précède la culture des tumulus (Bronze moyen).

Bien que postérieure à la culture campaniforme, la culture d'Unétice n'en dérive pas. D'après la chronologie du Bronze ancien établie par Paul Reinecke, on distingue deux périodes :

  • A1 (2300-1950 av. J.-C.) : dagues ou poignards triangulaires, haches plates, plaques de protection en pierre (stone wrist-guards), pointes de flèches en silex.
  • A2 (1950-1700 av. J.-C.) : dagues avec poignée métallique, haches avec flanc, hallebardes, épingles à tête ronde perforée, bracelets.

Les premières fouilles menées à Únětice en 1879 révélèrent une nécropole à inhumations[1]. Puis, on mit en évidence une culture étendue sur tout le territoire de l'actuelle République tchèque, le centre et le sud de l'Allemagne, et l'ouest de la Pologne, qui se caractérise par ses torques, ses haches de combat et ses épingles à vêtement en bronze, dont on a découvert des dépôts importants[1].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Généralement bâtis sur des collines, les villages de la culture d'Unétice sont entourés de palissades en bois. Les maisons, longues de 5 à 10 m, sont en bois et torchis, avec un plancher de bois ou un sol de terre battue. Parfois, les murs sont décorés d'un motif géométrique. Dans les plus grands ensemble, comme à Barca en Slovaquie, de véritables rues larges de 2,50 m séparent les maisons, qui ont parfois plusieurs pièces[1].

Dans les nécropoles, les corps sont en position contractée, le regard tourné vers l'Est, parfois accompagnés d'offrandes. Les marques de richesse ou de hiérarchie sociale sont rares, mais on trouve des sépultures doubles ou triples[1] qui évoquent des « morts d'accompagnement »[2]. D'autres modes funéraires font leur apparition, comme l'inhumation en jarre, sans doute d'origine anatolienne, en cercueils de bois ou encore les premiers tumulus. La trépanation est pratiquée[1].

Du point de vue économique, la culture d'Unétice est caractérisée par la pratique de l'élevage du mouton, du porc et du bœuf, ainsi que par la chasse du cerf et du sanglier. Le cheval domestique est présent, comme en témoignent de nombreux mors de bride. Pour l'agriculture, on travaille la terre à l'araire de bois, parfois avec un soc de pierre polie[1].

Des échanges sont attestés à travers toute l'Europe centrale avec l'exploitation des mines de cuivre de Slovaquie, d'étain de Bohême, d'or de Transylvanie et l'exportation de haches, poignards, bijoux. Exploitant les gisements d'étain des monts Métallifères, les porteurs de la culture d'Unétice ont largement exporté leurs productions dans les régions voisines, où elles ont parfois été imitées[1].

Le monde à l'époque de la Culture d'Unétice[modifier | modifier le code]

Le monde en -2000 av. J.-C., montrant l'extension de la Culture d'Unétice et ses contemporains (carte en langue anglaise)
jaune.........chasseurs-cueilleurs
violet.........éleveurs nomades
vert ..........fermiers sédentaires
orange .....villages, chefferies
bleu ..........royaumes primitifs

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Jacques Briard, L'âge du Bronze en Europe. Économie et société, 2000-800 avant J.-C., Paris, Errance, 1997, chap. II - « Unétice, tumulus et Danube », pp. 23-50.
  2. Sur la notion de « mort d'accompagnement », voir Alain Testart, La servitude volontaire, vol. I : Les morts d’accompagnement', Paris : Errance, 1994. résumé en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]