Coracle

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Un coracle (en gallois cwrwgl) est un type primitif de bateau, dont des formes proches ou dérivées sont encore utilisées dans plusieurs endroits du monde.

Description[modifier | modifier le code]

Le coracle est une embarcation très légère, de forme ronde ou ovale, constituée d’un tissu (ou d'une peau) tendu sur un cadre en vannerie et enduit de goudron pour le rendre étanche.

Histoire[modifier | modifier le code]

A Coracle man.JPG

Des coracles sont évoqués dans les textes les plus anciens (tablettes d'argile mésopotamiennes, dont une dizaine présentent l'arche comme un coracle). Une de ces tablettes, datant de 3 700 ans et récemment traduite[1] décrit plus précisément l'arche utilisée dans le mythe babylonien du déluge (antérieur à l'écriture du mythe de Noé) comme un très grand coracle, mais d'autres textes la décrivent comme un bâtiment cubique ou rectangulaire[2].

Selon les écrivains anciens, le cadre du coracle était autrefois couvert de cuir de cheval ou de taureau. Timée de Tauroménion, historien grec du -IIIe siècle, écrit que ces bateaux servaient au transport de l’étain entre les Cornouailles et le continent. Ce type primitif d’embarcation était utilisé chez les Celtes à l’époque de l’invasion de Jules César, qui en a laissé une description. Il en a même utilisé au cours de sa campagne d’Espagne[3].

Les coracles étaient historiquement répandus dans les îles Britanniques, mais on n’en voit plus aujourd’hui, rarement, que dans des secteurs de l’ouest du Pays de Galles et du Shropshire, particulièrement sur la Rivière Severn. Les rivières galloises Teifi et Towy sont les meilleurs endroits pour voir des coracles au Pays de Galles, quoique les types de coracle diffèrent suivant la rivière.

Le nom de Dubăsari, ville de Moldavie sur le Dniestr, signifie « coracliers » en roumain : c'était un point de traversée de ce fleuve.

Avantages[modifier | modifier le code]

Les petits coracles sont assez légers pour être portables par une personne seule, permettant au pêcheur ou à un habitant des bords de cours d'eau ou d'étangs de facilement le porter sur ses épaules ou de s'y abriter de la pluie.

La pêche en coracle[modifier | modifier le code]

Elle se pratique encore, généralement à deux, chacun assis dans son coracle, une main tenant le filet et l’autre actionnant la pagaie. Quand un poisson est pris, chacun remonte son extrémité du filet jusqu’à ce que les deux coracles se touchent.

Embarcations similaires[modifier | modifier le code]

Le Ku-Dru ou Kowa du Tibet est très similaire au coracle—Field Museum of Natural History, Chicago
Coracle en peau de yak au Tibet, 1938
Coracle en peau de yak au Tibet, 2006

Le currach irlandais ou curragh est une embarcation similaire, mais plus importante, qui est toujours en usage. Des curachs ont aussi été utilisés dans l’ouest de l’Écosse :

« Le curach ou bateau de cuir et d’osier peut sembler aujourd’hui un véhicule très peu sûr, auquel faire confiance sur les mers tempétueuses, pourtant nos pères se livraient sans peur dans ces faibles véhicules à la merci du temps le plus violent. On en faisait autrefois grand usage dans les îles occidentales de l’Écosse, et on en trouve toujours au Pays de Galles. La structure est nommée [en gaélique] crannghail, un mot utilisé à Uist (en) pour désigner un bateau précaire. »

— Dwelly’s [Scottish] Gaelic Dictionary: Curach

Les Currachs de la rivière Spey étaient particulièrement similaires aux coracles.

D’autres embarcations sont du même type : le Bullboat des Indiens d’Amérique, le Gufa irakien, le Parisal indien, le Thung-Chai vietnamien, les Ku-Dru et Kowas du Tibet, les annexes pliantes commercialisées sous le nom de Marcel Bardiaux, etc.

Le canot pneumatique zodiac peut être considéré comme une variante moderne du coracle.

Coracles en fiction[modifier | modifier le code]

On retrouve des coracles dans plusieurs œuvres comme :

Dans le film documentaire de Flaherty L'homme d'Aran, on assiste à une sortie en mer d'un groupe de pêcheurs irlandais d'Aran à bord d'un coracle, par très gros temps, l'embarcation finissant en triste état, déchiquetée par les déferlantes qui martèlent une portion rocheuse du littoral, séquence qui à l'évidence a été réalisée sans trucage mais laisse rêveur quiconque connaît un tant soit peu la mer... Jamais un pêcheur qui se respecte ne se risquerait dehors par un tel mauvais temps déjà établi (sauf à l'extrême rigueur, pour tenter un sauvetage).

Selon divers articles (dans Voiles et Voiliers notamment) relatifs au "Making of" de ce film culte, Flaherty qui avait pris quelque licence avec la stricte vérité pour mieux idéaliser les pêcheurs d'Aran aurait usé de divers arguments (dollars, whisky et... goût du défi) pour pousser les pêcheurs d'Aran à prendre des risques d'autant plus grands qu'à cette époque, ils étaient bien peu à savoir nager...

  • Brendan de Clonfert, en 515-524, aurait fait son premier grand voyage aux îles Féroé et en Islande à bord d'un coracle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brève de Science et vie, mars 2010, p. 20
  2. Selon les lignes 57 et 58 de la recension akkadien de la tablette XI de l'Épopée de Gilgamesh, la Magurgur (barge ou arche) de Ziusudra n'était ni un Guffa (coracle) circulaire, ni un cube, mais un bâtiment de forme carrée. Plus précisément (ligne 57), il avait une superficie de un "iku" (environ 3600 mètres carrés ou 60x60 mètres) et la hauteur de ses murs était de vingt coudées chacun (10 mètres), et (ligne 58) le pont mesurait cent vingt coudées (environ 60 mètres) de chaque côté.
  3. Commentaires sur la Guerre civile, Jules César.

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