Marcel Bardiaux

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Marcel Bardiaux est un navigateur et écrivain français né en 1910 et mort en 2000. Il est le premier solitaire à avoir franchi le cap Horn d'est en ouest (contre les vents dominants), en plein hiver (austral) 1952 à la barre d'un voilier de 9,38 m en bois Les Quatre-Vents.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Auvergne, Marcel Bardiaux connaît une enfance difficile. Son père est tué dans les derniers jours précédant l'armistice de la première guerre mondiale. À Paris, en 1918, sa mère se trouve dans l'obligation de le confier à un orphelinat. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier et s'échappe deux fois avant d'être repris.

Marcel Bardiaux effectuera un formidable tour de l'Europe en solitaire et en canoë13 000 km à la pagaie dont 8000 en mer — dans les années 1930, dans son canoë " Belle étoile", par le Danube, en revenant par les mers Noire, Égée et Méditerranée. Il sera le premier français a utiliser en compétition la technique de l'esquimautage (actualités Pathé-Journal muettes de 1932), le plus fort kayakiste descendeur jusqu'en 1948 et le rival du grand Eberhardt de 1934 à 1939 en course en ligne. Il invente également le « Bardiaux » petite embarcation faite d'une toile tendue sur une armature en bois démontable, qu'il a commercialisée, ainsi que des kayaks conçus selon le même principe, technique reprise depuis sur les canoës démontables.

Il démarre la construction du cotre en bois riveté cuivre et insubmersible Les Quatre Vents en 1943 qui le mènera autour du monde entre 1950 et 1958. 68000 milles (env. 125000 km) du Havre à Paris en passant par Dakar, Rio, le Cap Horn, Ushuaïa, Valparaiso, Papeete, Durban, Saint-Hélène, Pointe-A-Pitre et New York notamment. Il y reçoit la prestigieuse Blue Water Medal, décernée par le Cruising Club Of America pour l'exploit maritime de l'année (Alain Gerbault, Éric Tabarly ou Bernard Moitessier figurent au palmarès).

En 1966, Bardiaux achève la construction, particulièrement difficile, d'un second voilier de 15 mètres et 22 tonnes, premier navire de plaisance en inox connu, d'où son nom. Ce ketch est construit dans un souci d'autonomie et de durabilité poussé à l'extrême, même le gréement, espars compris, est entièrement en inox. Totalement insubmersible, divisé en 50 compartiments étanches, aucune navigation ne lui est impossible, même les plus dures, Inox étant conçu pour affronter les conditions les plus extrêmes. À son bord, Bardiaux boucle un tour du monde sans escale de 229 jours, 3 jours de plus que sir Francis Chichester. La performance est extraordinaire car Inox n'est pas un voilier de course…

Bardiaux ne va cesser de parcourir le monde : Canada, Angleterre, Irlande, Alaska, Japon, Australie, son terrain de jeux est immense. En 1981, il recueille un naufragé réfugié dans son canot de survie entre le Cap de Bonne Espérance et l'Australie.

Au cours d'une traversée hivernale entre Halifax et La France (novembre 1994), Marcel Bardiaux essuie un ouragan force 12. À 84 ans, le vieil homme est projeté à la mer au cours d'une manœuvre. Il parvient miraculeusement à regagner son bord. Il touche enfin la France après 33 jours de mer.

En octobre 1996, Inox est pris dans une tempête en Gaspésie et fait côte. Son skipper de 86 ans est accablé par cette fortune de mer. Cette ultime tempête achève le rêve de celui qui voulait devenir le premier navigateur solitaire centenaire. Marcel Bardiaux rapatrie son voilier en France (sa 40e traversée de l’Atlantique en solitaire à 88 ans !) et s'installe à Redon où il décède en 2000 dans l'anonymat.

Animé d'un farouche esprit d'indépendance, ce végétarien au caractère bien trempé cultivait un sens aigu de la liberté. Opiniâtre, entêté, il supportait mal les critiques injustes et vouait un culte à la vérité.

Marcel Bardiaux laisse derrière lui un formidable sillage de quatre cent mille milles, l'équivalent de dix-huit fois le tour de la Terre.

Après la mort de Marcel Bardiaux, Inox a été repris par un admirateur et restauré et amélioré, mais en conservant l'esprit de son illustre géniteur...

Références[modifier | modifier le code]

Marcel Bardiaux a décrit son premier tour du monde avec le voilier "Les 4 vents" dans deux livres :

  • Aux 4 vents de l'aventure -- Le défi au cap Horn, Flammarion 1958, collection L'aventure vécue.
  • Aux 4 vents de l'aventure - Par le chemin des écoliers, Flammarion 1959, collection L'aventure vécue.

Il a publié à son compte :

  • Entre deux tours du monde.

Il a aussi publié d'autres ouvrages et des articles de presse dans les revues nautique, notamment dans "Loisirs Nautiques". France 3 "Thalassa" lui a consacré un sujet.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Voir aussi un article qui lui est consacré.