Cagoule

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Différentes manières de porter un certain type de cagoule.
Exemple de cagoule.

Une cagoule ou un passe-montagne ou encore un cache-face en français acadien est un couvre-chef descendant en dessous du menton, masquant ainsi presque toute la tête et une partie du cou, à l'exception d'une ou plusieurs ouvertures réservées aux yeux et parfois à la bouche, voire au visage entier. Elle peut aussi être enroulée sur le haut du crâne, ressemblant ainsi à un bonnet, ou encore être portée sous un casque.

Protection du froid[modifier | modifier le code]

Sa fonction initiale est de protéger du froid en maintenant la chaleur à l'intérieur. À cet égard, elle est notamment utilisée à moto ou en montagne, notamment pour pratiquer les sports d'hiver, afin de contrer les vents froids. La cagoule était également très en vogue dans les années 1980, pour protéger les enfants en hiver, mais cet usage est aujourd'hui majoritairement abandonné. Depuis 2009, le snood, une cagoule de très grande taille, est particulièrement prisée par les femmes à la mode[1]. Le snood se porte le plus souvent comme une écharpe.

Traditionnellement tricotée en laine, la cagoule peut de nos jours être faite d'un grand nombre d'autres matériaux : soie, coton, polypropylène, néoprène, tissu polaire, etc.

Anonymat[modifier | modifier le code]

Un US Navy Seal portant une cagoule, en Afghanistan.

La façon dont elle couvre le visage garantissant un certain anonymat à celui qui la porte, elle peut être utilisée par des individus ne souhaitant pas être reconnus, que ce soit pour des raisons tactiques (par des membres de forces spéciales ou d'élite, en alternative aux peintures faciales de camouflage), ou parce que les activités dans lesquelles ils sont engagés pourraient avoir des conséquences fâcheuses pour eux : elles sont illégales et ils risquent d'être interpellés (terroristes, gangsters, casseurs), ou subversives et ils pourraient être menacés par le pouvoir en place (à l'image du sous-commandant Marcos), ou tout simplement honteuses (bourreau).

Les membres du groupe de rock alternatif australien TISM portent ainsi des cagoules à chacune de leurs apparitions publiques, si bien que leur véritable identité n'est pas connue.

Les membres du Comité secret d'action révolutionnaire, un groupe d'extrême droite actif en France dans les années 1930, portaient une cagoule en certaines occasions : cela leur a valu de voir leur groupe surnommé La Cagoule.

À la suite de la troisième guerre du Golfe, les policiers et les militaires irakiens, comme ils opèrent aux côtés de l'armée américaine, se voient menacés ainsi que leur famille par la guérilla, et sont donc contraints à porter des cagoules pour ne pas être identifiés[2].

Matières ignifugées[modifier | modifier le code]

La matière dont elle est faite peut être choisie pour ses propriétés ignifugeantes. Ceci trouve un intérêt dans un usage militaire, afin de protéger de la chaleur produite par l'explosion de grenades, ou encore dans le pilotage automobile, en particulier pour les dragsters, au cas où un incendie surviendrait à la suite d'un accident (les ouvertures étant alors généralement réduites aux yeux, afin d'éviter l'inhalation de fumées et de cendre).

Autres[modifier | modifier le code]

La cagoule est portée par certains joueurs d'airsoft pour atténuer l'éventuel impact des billes sur le visage (les autres préférant un masque, qui est plus protecteur).

La cagoule trouve également un usage courant dans les jeux de soumission sexuelle, où elle est à base de matières élastiques (latex, élasthanne).

On trouve également des cagoules sans aucune ouverture, utilisées pour masquer la vue de condamnés à mort lors de leur exécution, ou en complément d'un zentai, c'est-à-dire une combinaison enveloppant le reste du corps.

Certaines personnes collectionnent les cagoules, appelées cucullaphiles ce qui est une sorte de paraphilie.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Cagoule est le titre d'une pièce de théâtre de et par Hubert Koundé présenté au théâtre du Rond-Point en 2004. Il existe un dossier pédagogique autour de ce « conte urbain » dans la collection Pièce (dé)montée du CRDP de l'académie de Paris.

En 2006, la cagoule a fait l'objet d'une chanson de Michaël Youn intitulée Fous ta cagoule : sur le mode de la parodie, il y incarne un personnage de rappeur savoyard, Fatal Bazooka, conseillant à son public de porter une cagoule pour ne pas prendre froid.

La cagoule est également devenue l'emblème de l'émission de Canal+ Action Discrète, dont les comédiens introduisaient au départ leurs magnétos et happenings déguisés en groupe de terroristes de l'humour. Depuis 2008, l'émission est enregistrée en public, dont chaque membre est cagoulé.

Politique[modifier | modifier le code]

Entre les deux conflits mondiaux la Cagoule était une ligue d'extrême-droite qui a participé aux émeutes du 6 février 1934 qui visaient à renverser la république. La Cagoule a été dissoute par le gouvernement de Léon Blum en 1936.

À propos du nom[modifier | modifier le code]

La cagoule peut être désignée dans plusieurs langues (dont l'anglais, l'allemand, l'espagnol, le néerlandais, le norvégien, le suédois et le turc) sous le terme « balaclava » ou « balaklava ». Il s'agit, par antonomase, d'une référence à la ville ukrainienne de Balaclava, en Crimée. Elle fut en effet le théâtre de la bataille de Balaklava, durant la guerre de Crimée, au cours de laquelle des cagoules tricotées ont été envoyées à destination des troupes britanniques, pour leur permettre de se protéger du froid.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Indispensable 2009 », sur http://www.puretrend.com,‎ 2 janvier 2010 (consulté le 5 décembre 2014)
  2. LCpl Christopher Zahn, Iraqi Police, Marines work together to restore security to Habbaniyah, 26 février 2007, sur le site du US Marine Corps [lire en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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