Bombardements de Tokyo

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35° 41′ N 139° 46′ E / 35.683, 139.767 ()

Une quartier de Tokyo après le 10 mars 1945
Restes carbonisés de civils japonais après un bombardement au napalm.
La mère portait l'enfant sur son dos, le dos lui-même n'a pas brûlé.

Les bombardements de Tokyo est une opération militaire américaine d'envergure sur la capitale japonaise qui eut lieu en février et mars 1945. Le nombre de victimes s'est élevé à plus de 100 000 personnes[1].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bombardement stratégique des cibles sans valeur militaire directe est devenu une politique commune. En tant que capitale économique et politique de l'empire du Japon, Tokyo était une cible évidente d'un assaut sur « la base du tissu économique et social du pays ». La ville fut donc visée par de multiples vagues de bombardements de l'aviation des États-Unis, dont les plus ravageurs eurent lieu de février à juin 1945, peu avant la défaite du Japon.

Premier raid[modifier | modifier le code]

Le premier raid sur Tokyo, dit le raid de Doolittle, eut lieu le 18 avril 1942, où seize bombardiers B-25 Mitchell lancés du porte-avions USS Hornet attaquèrent Yokohama et Tokyo avec pour objectif de se replier sur des terrains d'aviation en zone libre de la République de Chine, alors envahie par le Japon. Lancées prématurément, ces incursions furent des « piqûres d'épingle » militaires mais elles constituèrent une victoire significative pour la propagande et incitèrent l'état-major japonais à lancer la bataille de Midway.

Aucun avion assaillant n'atteignit les terrains d'aviation prévus, soit ils s'écrasèrent, soit ils s'abîmèrent en mer, soit se posèrent en Union soviétique. Deux équipages américains atterrirent en zone occupée sur le sol chinois et furent capturés par l'armée impériale japonaise après que celle-ci eut, en guise de représailles, massacré à l'été 1942 environ 250 000 civils des provinces du Zhejiang et du Jiangxi.

Multiplication des raids[modifier | modifier le code]

À mesure que les troupes américaines se rapprochaient des côtes japonaises, les US Army Air Forces purent multiplier les raids et en augmenter l'intensité, d'autant plus que les nouveaux B-29 avaient un rayon d'action de 1 500 miles. Ces derniers ont de ce fait lâché 90 % des 147 000 tonnes de bombes reçues par le Japon.

Au début de l'année 1944, les escadrilles de B-29 décollaient d'Inde ou de Chine, puis, à partir d'octobre 1944, des îles Mariannes (dont Tinian, d'où partit l'Enola Gay lors de sa mission sur Hiroshima). Le premier raid de B-29 sur le territoire du Japon eut lieu le 15 juin. Le 24 novembre 1944 eut lieu le premier raid venant de l'est en direction de Tokyo, comprenant 88 bombardiers. Seulement 10 % des bombes, larguées à 30 000 pieds (10 000 mètres) d'altitude, atteignirent leur objectif.

La quantité de bombardements augmenta après l'arrivée de Curtis LeMay à la tête du 21e Bomber Command situé sur les îles Mariannes en janvier 1945. Les raids de B-29 eurent désormais lieu de nuit, à une altitude de 7 000 pieds (2 300 mètres) sur les principales agglomérations : Tokyo, Nagoya, Ōsaka, et Kobe. En dépit du succès limité des bombes incendiaires, LeMay était déterminé à employer de telles bombes contre les villes japonaises vulnérables. Les attaques sur des cibles stratégiques continuèrent de jour, à un rythme moins élevé.

Le premier raid avec des bombes incendiaires au napalm eut lieu sur Kobe le 3 février 1945 et son succès encouragea l'Air Force à continuer dans cette direction. La défense antiaérienne japonaise n'ayant presque plus les moyens de riposter, les bombardiers furent allégés de leur blindage et de leurs armes pour pouvoir transporter des bombes de plus en plus lourdes. Le premier raid de ce type sur la capitale eut lieu la nuit du 23 au 24 février avec 174 B-29.

Le raid qui eut lieu la nuit du 9 au 10 mars fut le plus meurtrier des bombardements de la Seconde Guerre mondiale[2],[3], dépassant en nombre de victimes les bombardements des villes allemandes de Hambourg en juillet 1943 ou de Dresde du 13 au 15 février 1945, qui ont servi de « terrains d'essais » des bombardements incendiaires sur Tokyo.

Cette nuit-là, 334 B-29 larguèrent 1 700 tonnes de bombes, détruisant environ 30 km2 et causant plus de 100 000 morts dans la tempête de feu qui en résulta.

Il y eut un troisième raid contre Tokyo le 26 mai 1945.

L'emploi de bombes incendiaires n'était pas exclusif à l'encontre de Tokyo, car des raids avec des bombes explosives avaient lieu régulièrement. Après la capture de l'île d'Okinawa, les États-Unis y placèrent une division aérienne, ce qui permit d'augmenter la quantité de bombardements de 13 800 tonnes en mars à 42 700 tonnes en juillet avec un objectif de 115 000 tonnes mensuelles.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Cette campagne de bombardements détruisit une grande partie de la vieille ville de Tokyo (51 % environ), alors principalement construite en bois, du fait d'un grand incendie qui en résulta.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rival 1995, p. 166-167.
  2. (en) A&E, « Mar 9, 1945: Firebombing of Tokyo », A&E Television Networks, LLC.,‎ 1996-2013 (consulté le 2 janvier 2014)
  3. (en) Tony Long, « March 9, 1945: Burning the Heart Out of the Enemy », Wired,‎ 9 mars 2011 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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