Bombardement de Kure (juillet 1945)

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Bombardement de Kure
Le navire de guerre japonais Haruna, attaqué le 28 juillet
Le navire de guerre japonais Haruna, attaqué le 28 juillet
Informations générales
Date 24-28 juillet 1945
Lieu La mer intérieure de Seto
Issue Victoire des Alliés
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau : Japon Empire du Japon
Commandants
William F. Halsey
Pertes
133 avions,
102 morts[1]
1 porte-avions,
3 cuirassés,
2 croiseurs lourds,
1 croiseur léger,
2 vieux croiseurs cuirassés,
2 frégates,
Plusieurs petits navires de guerre coulés
306 avions détruits,
392 avions endommagés[1]
Seconde Guerre mondiale, Guerre du Pacifique
Coordonnées 34° 13′ 48″ N 132° 33′ 00″ E / 34.23, 132.55 ()34° 13′ 48″ Nord 132° 33′ 00″ Est / 34.23, 132.55 ()  

Le bombardement de Kure et de ses environs par des avions de l'aéronavale des États-Unis et du Royaume-Uni en fin juillet 1945 a entraîné la destruction de la plupart des navires de guerre de la Marine impériale japonaise survivant.

Les attaques de la Troisième Flotte américaine sur l'Arsenal naval de Kure, dans la préfecture de Hiroshima, et des ports à proximité le 24, 25, et 28 juillet 1945 ont coulé un porte-avions, trois cuirassés, cinq croiseurs, et plusieurs navires moins grands. Pendant la même période, la Flotte britannique du Pacifique a attaqué d'autres cibles dans la mer intérieure de Seto et a coulé deux frégates et plusieurs d'autres navires plus petits, et a causé des dégâts au niveau d'un porte-avions d'escorte.

Le prélude[modifier | modifier le code]

En juillet 1945, les grands navires de guerre restant de la Marine impériale japonaise sont concentrés près de la base navale de Kure. Ces navires ont été, effectivement, immobilisés par les pénuries de carburant et ont été employés comme des batteries antiaériennes fixes[2]. L'amiral John S. McCain, Sr., le commandant de la Force opérationnelle de porte-avions rapides, ou la Task Force 38, a été fortement contre une attaque sur Kure puisque, avec son état-major, il estimait que les navires ne constituaient qu'une menace mineure[3].

Dans ses mémoires, l'amiral Halsey a donné quatre raisons pour lesquelles il a lancé une attaque contre Kure malgré l'opposition de McCain. En premier, il a cité sa conviction que l'attaque remonterait le moral des forces américaines et constituerait des représailles pour l'attaque de Pearl Harbor en décembre 1941 ; en deuxième, cette attaque garantirait la passivité japonaise par rapport à l'invasion prévue d'Hokkaido par les soviétiques ; troisièmement, elle empêcherait le Japon d'utiliser sa flotte pour négocier de meilleures conditions de paix, et, finalement, son commandant, l'amiral de la Flotte Chester W. Nimitz lui a ordonné de mener l'attaque[3].

Même si la Flotte britannique du Pacifique a été sous les ordres de la Troisième Flotte américaine, elle a été exclue de l'attaque pour que le Royaume-Uni ne puisse pas prétendre avoir détruit une partie de la flotte japonaise. C'est pourquoi elle a donc dû attaquer seulement les aérodromes et le port d'Osaka[2],[3].

En 1945, avant les attaques de la fin de juillet, des bombardiers B-29 des U.S. Army Air Forces avaient déjà bombardé Kure. L'usine d'avions maritime de Hiro avait été bombardé le 5 mai, des mines marines avait été placés dans les entrées du port le 30 mars et le 5 mai, et 40 pour-cent de la ville a été détruit dans un grand bombardement le 1er juillet[4].

Dans ces attaques, la Task Force 38, les américains, et la Task Force 37, les britanniques, ont joué un rôle ; les HMS Formidable, Indefatigable, et Victorious ont fait partie de la Task Force 37[5].

Les bombardements[modifier | modifier le code]

L'attaque sur Kure de la Troisième Flotte a commencé le 24 juillet[6]. Des avions provenant de porte-avions américains ont fait 1747 vols ce jour contre les cibles japonais[7]. Ces attaques ont été fructueuses: le porte-avions Amagi et le croiseur Ōyodo, le navire amiral provisoire de la Flotte combinée, ont été coulés. Les cuirassés Hyūga, Ise, et Haruna, les croiseurs lourds Tone et Aoba, et les vieux croiseurs d'entraînement cuirassés Iwate et Izumo ont tous subi d'importants dégâts et ont été stationné dans les eaux peu profondes[8]. Leur amarrage peu profond a exclu l'utilisation de torpilles. Les avions américains ont essayé de réduire leurs propres pertes, causées par la grande quantité de batteries antiaériennes dans la zone, en utilisant des bombes à temps de détonation variable[2],[5].

Le Tone est attaqué le 24 juillet

Les attaques de la Flotte britannique du Pacifique sur Osaka ainsi que sur ses cibles de la mer intérieure de Seto ont porté atteinte au porte-avions d'escorte Kaiyo et ont coulé les frégates C.D. N° 4 et C.D. N° 30, mais les britanniques ont perdu quatre avions[2].

Les attaques américaines sur Kure ont repris le 28 juillet et les cuirassés Ise et Haruna ont encore subi des dégâts, comme le croiseur lourd Aoba[2]. Le porte-avions Katsuragi, qui avait largement échappé aux attaques précédentes, et le porte-avions léger inutilisable Ryhūhō ont été attaqués et le premier a subi d'importants dégâts[7]. Ces attaques aériennes ont été parmi les plus grandes menées par l'U.S. Navy pendant la guerre, et ont été les plus destructives au niveau maritime[7].

Les USAAF ont aussi lancé une attaque sur les navires japonais à Kure le 28 juillet. Cette attaque a été constituée de 79 bombardiers B-24, basés à Okinawa. Le croiseur échoué Aoba a été frappé par quatre bombes. Ces bombardements ont causé de nouveaux dégâts, et l'arrière du navire s'est séparé du reste. Pendant l'attaque, deux B-24 ont été descendu et quatorze autres ont été endommagés[9].

Au cours de ces attaques, les Alliés ont perdu 102 équipages et 133 avions, perdus au combat ou dans des d'accidents. Ces pertes ont été supérieures à celles subies par la Troisième Flotte américain dans la plupart de ses opérations, ce qui est dû aux défenses antiaériennes intenses autour de Kure[1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Amagi en 1946

Les attaques des Alliés sur Kure et dans la mer intérieure de Seto ont fait du Nagato, posté à Yokosuka, le seul navire capital restant parmi les forces maritimes japonaises. La destruction des cuirassés et de croiseurs lourds à Kure a été comparée par l'historien Stephen Roskill à une vengeance pour les pertes américaines lors de l'attaque de Pearl Harbor[10]. Ces attaques ont permis à la Flotte du Pacifique des soviétiques de se répandre dans la mer du Japon sans crainte d'opposition[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Halsey, Admiral Halsey's Story,‎ 1947, p. 264
  2. a, b, c, d et e (en) Royal Navy, War with Japan. Volume VI Advance to Japan,‎ 1995, p. 223
  3. a, b et c (en) Halsey, Admiral Halsey's Story,‎ 1947, p. 265
  4. (en) Craven and Cate, The Pacific: Matterhorn to Nagasaki,‎ 1953, p. 649, 668–669 and 675
  5. a et b Rohwer, p. 424.
  6. (en) E.B. Potter, Bull Halsey, Annapolis, Naval Institute Press,‎ 1985, 1e éd., poche (ISBN 978-1-59114-691-9, lien LCCN?), p. 345
  7. a, b et c (en) Morison, Victory in the Pacific,‎ 1960, p. 331
  8. (en) Jürgen Rohwer, Chronology of the war at sea, 1939-1945: the naval history of World War II, Naval Institute Press,‎ 1972 (ISBN 1591141192), p. 424
  9. (en) Craven and Cate, The Pacific: Matterhorn to Nagasaki,‎ 1953, p. 698
  10. (en) Roskill, The War At Sea 1939–1945. Volume III The Offensive. Part II 1st June 1944 – 14th August 1945,‎ 1961, p. 374
  11. (en) Frank, Downfall. The End of the Imperial Japanese Empire,‎ 1999, p. 158

Sources[modifier | modifier le code]

  • Wesley Craven, Cate, James, The Pacific: Matterhorn to Nagasaki, Chicago, The University of Chicago Press,‎ 1953
  • (en) Richard B. Frank, Downfall. The End of the Imperial Japanese Empire, New York, Penguin Books,‎ 1999 (ISBN 0141001461)
  • (en) William F. Halsey, Bryan, J, Admiral Halsey's Story, London, Whittlesey House,‎ 1947
  • Samuel Eliot Morison, Victory in the Pacific, Champaign, University of Illinois,‎ 1960 (2002 reprint) (ISBN 0252070658)
  • (en) Jurgen Rohwer, Hummelchen, Gerhard and Weis, Thomas, Chronology of the War at Sea 1939–1945, Annapolis, Naval Institute Press,‎ 2005, 3e éd. (ISBN 978-1-59114-119-8, lien LCCN?)
  • Stephen W. Roskill, The War At Sea 1939–1945. Volume III The Offensive. Part II 1st June 1944 – 14th August 1945, London, Her Majesty's Stationary Office,‎ 1961
  • (en) Royal Navy, War with Japan. Volume VI Advance to Japan, London, HMSO,‎ 1995, 1e éd. (ISBN 978-0-11-772821-9)
  • (en) Barrett Tillman, Whirlwind: The Air War Against Japan 1942–1945, New York, Simon & Schuster,‎ 2010, 1e éd., relié (ISBN 978-1-4165-8440-7, liens OCLC? et LCCN?)

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