Bief (sur un cours d'eau)

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Un bief ou bisse ou biez est :

  • Le nom d'un canal en pente utilisant la gravité pour acheminer l'eau en un lieu précis
  • La partie d'un cours d'eau, entre deux chutes, d'un canal de navigation on d'une rivière canalisée entre deux écluses. On parle de bief supérieur ou de bief inférieur d'un canal par rapport à une écluse
  • Un canal de dérivation
  • Un canal conduisant l'eau sur ou sous la roue à aube d'un moulin ou dans une turbine d'un moulin
  • Le nom donné au lieu où la hauteur maximale d'eau est la plus haute, c’est-à-dire au seuil d'un barrage

Sommaire

[modifier] Histoire

Le mot bief pourrait avoir comme origine l'ancien nom du castor (bièvre). Les biefs étaient des petits canaux chargés d'amener l'eau aux roues à aubes ou aux turbines de moulins, de scieries ou d'usines de tissage, évoquant parfois les canaux construits par les castors pour tirer les branches et troncs qu'ils coupent jusqu'à leur étang ou cours d'eau.

Les biefs permettaient également d'irriguer des prés et prairies. On en trouve beaucoup dans le massif du Pilat où les nombreux cours d'eau se prêtent volontiers à l'utilisation de la force de l'eau. Depuis 1985, Une association a pour mission de démontrer leur intérêt général pour recharger les réserves d'eau souterraine et réguler les débits de cours d'eau.

Encore aujourd'hui, notamment dans le Valais en Suisse, de nombreux bisses construits entre le XIVe siècle et le XIXe siècle sont toujours en activité ou ont été récemment remis en état. Ils ont deux fonctions, l'une est de canaliser l'eau s'écoulant des montagnes vers les cultures et les vignes, l'autre touristique. Pour ce deuxième aspect, les propriétaires de bisses doivent entretenir ces constructions faites en bois, en pierre ou en métal, qui font partie intégrante du paysage valaisan. (métier : le gardien du bisse).

[modifier] Une organisation institutionnelle vieille de 7 siècles

L'infrastructure technique se double d'une organisation institutionnelle considérée par de nombreux chercheurs comme un modèle de durabilité. La gestion des canaux exige un effort d'organisation des communautés villageoises suisses, où les archers représentent, avant la Réforme protestante, un pouvoir de police concurrent de celui des abbés et seigneurs.

Au moins dès le XIIIe siècle, certaines communautés creusent des canaux à faible pente qui permettent le transport de l'eau des cours d'eau en direction des secteurs cultivés. Dans le Valais central, ces canaux sont appelés « bisses ». Dans le Valais germanophone, on parle généralement de « Suonen », alors que dans certaines parties du Bas-Valais, on utilise plutôt le terme de « raye ».

Leur construction était destinée à assurer l'irrigation des prairies pour l'obtention du fourrage nécessaire à l'élevage des bovins. Certains de ces ouvrages sont spectaculaires et enjambent des parois vertigineuses.

Pour le XVe siècle en particulier, de nombreux documents concernant l'irrigation sommeillent dans les archives des communes valaisannes. Parmi ces documents, on trouve de nombreux statuts et règlements d'associations responsables des bisses et de leur gestion[1]. Les bisses constituent aujourd'hui un atout touristique très utilisé par les communautés montagnardes suisses.

[modifier] Principaux bisses en Valais (Suisse)

[modifier] Synonymes

Bisse, By, Bey, Trasoir, Ru, béal et béalière, canaux d'irrigation. Levada

[modifier] Voir aussi

  • Bief de partage, partie la plus haute d'un canal de jonction reliant deux vallées

[modifier] Références

  1. http://www.alpinestudies.ch/tagungen/philalp02/unterlagen/reynard.pdf

[modifier] Liens externes