Évaporomètre

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Un évaporomètre, aussi connu comme atmidomètre[1], atmomètre[2] et évaporimètre[3], est un instrument utilisé en météorologie pour mesurer la quantité d'eau s'évaporant dans l'atmosphère pendant un intervalle de temps donné[4]. Il s'agit d'un appareil comportant un réservoir d'eau relié à l'extérieur par un médium poreux qui laisse s'évaporer l'eau. Les surfaces mouillées sont constituées, soit par des sphères, des cylindres ou des plaques de porcelaine poreuse, soit par des rondelles de papier filtre, maintenues mouillées en permanence[5].

Types[modifier | modifier le code]

Bellani[modifier | modifier le code]

L’atmomètre ou la plaque de Bellani est constitué d'une cuve cylindrique graduée, environ 30 cm de haut, qui alimente par l'intermédiaire d'un tuyau d'aspiration, une surface d'évaporation constituée par un disque d'environ 7,5 cm de diamètre de céramique poreuse. Le dispositif est placé à environ 120 cm du sol[6]. L'eau qui s'évapore par le disque est remplacée immédiatement par une quantité égale venant de la cuve qui est sous pression. L'utilisateur peut ainsi noter le changement du niveau d'eau dans la cuve et donc l'évaporation. Il est utilisé en particulier dans les stations agro-météorologiques au Canada.

Livingston[modifier | modifier le code]

L'atmomètre de Livingston est formé par une sphère creuse de porcelaine poreuse d'environ cinq centimètres de diamètre et d'un centimètre d'épaisseur. Elle est remplie d'eau distillée provenant d'un réservoir gradué qui permet son alimentation permanente[7]. La perte d'eau par la sphère est notée par la graduation du réservoir et constitue la mesure de l'évaporation.

Piche[modifier | modifier le code]

Actuellement le seul appareil de cette nature couramment utilisé en France est l'évaporomètre Piche. Il est constitué d'un tube gradué en forme de U, ou droit, rempli d'eau distillée. L'un des bouts est scellé alors que l'autre est ouvert mais recouvert d'un papier buvard qui s'enfonce également en partie dans le tube. L'évaporation à la surface externe du papier est constamment remplacée par l'eau provenant du tube ce qui laisse un espace vide du côté scellé. L'opérateur peut alors mesurer la perte de liquide par unité de temps en suivant la descente du liquide[8].

Wild[modifier | modifier le code]

L’évaporimètre de Wild est un petit bac de 250 cm2 de surface et 25 mm d’épaisseur reposant sur une balance équipée d'un enregistreur. L'appareil est placé à 2 mètres du sol dans un abri permettant la circulation de l'air mais dont le toit empêche la pluie d'atteindre le bac[9]. Ce genre de balance d'évaporation n'est pas très représentative de l'évaporation naturelle en raison de sa faible surface libre. De plus, le faible volume de l'eau permet aux variations de température des parois d'influencer celle du liquide et donc de changer le taux d'évaporation[10].

Évaporomètre de Bellani
Évaporomètre de Piche
Évaporomètre de Wild

Utilisation[modifier | modifier le code]

Cet instrument permet de connaître le taux d'évaporation dans l'air et d’estimer l'évapotranspiration des plantes. En utilisant l'évaporomètre et en connaissant le taux d'humidité dans le sol par un lysimètre, les agriculteurs peuvent déterminer les besoins en irrigation des sols en culture. L'instrument doit être placé loin des obstructions et des bâtiments de ferme pour bien représenter les champs visés[11].

Appareil voisin[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bac d'évaporation.

Un bac d'évaporation est constitué par un bassin ou un bac d'eau d'assez grande surface et assez profond où l'on mesure le changement du niveau de l'eau dû à l'évaporation[12]. Les bassins vont de 1 à 5 mètres de diamètre et de 10 à 70 cm de profondeur. Ils sont posés sur ou dans le sol (bacs enterrés) ou encore dans l'eau (bacs flottants). Dans tous les cas, le niveau de l'eau est maintenu à faible distance au-dessous du bord du bac. Les variations du niveau d'eau du bac, mesurées à des intervalles fixes, sont proportionnelles à l'intensité de l'évaporation subie par les lacs, les réservoirs ou les bassins hydrauliques dans le même environnement[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. G.-Oscar Villeneuve, Glossaire de météorologie et de climatologie, Québec, Presses de l'Université Laval,‎ 1980 (lire en ligne), p. 29
  2. S. de Parcevaux et D. Payen, Dictionnaire encyclopédique d'agrométéorologie, Paris, Conseil International de la Langue Française et Météo-France, coll. « Dictionnaires: Institut national de la recherche agronomique »,‎ 1990, 323 p., p. 315-319
  3. Comité d'étude des termes de l'eau et l'Office de la langue française, Dictionnaire de l'eau, Office de la langue française, coll. « Association québécoise des techniques de l'eau »,‎ 1981, p. 541-544.
  4. Organisation météorologique mondiale, « Évaporomètre », Glossaire météorologique, sur Eumetcal (consulté le 3 décembre 2012)
  5. Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, « Évaporomètre », Termium, Gouvernement du Canada (consulté le 3 décembre 2012)
  6. « Atmomètre de Bellani », sur Termium, Travaux pulbics et Services gouvernementaux Canada (consulté le 26 décembre 2012)
  7. « Atmomètre de Livingstone », sur Termium, Travaux pulbics et Services gouvernementaux Canada (consulté le 26 décembre 2012)
  8. « Évaporation et évapotranspiration », sur Système Méditerranéen d'Observation du Cycle Hydrologique,‎ 2 octobre 2001 (consulté le 3 décembre 2012)
  9. (en) M. Shahin, Hydrology and Water Ressources of Africa, vol. 41, Springer, coll. « Water Science and Technology Library »,‎ 2002, 688 p. (ISBN 978-1-4020-0866-5, lire en ligne, présentation en ligne), p. 114
  10. a et b André Musy, « Chapitre 7 : La mesure hydrologique », Hydrologie générale, École polytechnique fédérale de Lausanne,‎ février 2005 (consulté le 27 décembre 2012)
  11. (en) Linzy Carlson, « Atmometers: A Simple, Site Specific Tool for Irrigation Scheduling », Université du Montana (consulté le 26 décembre 2012)
  12. Organisation météorologique mondiale, « Bac d'évaporation », Eumetcal (consulté le 29 décembre 2012)