Micro-irrigation

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Système d'irrigation par goutte-à-goutte.
Une variante avec une bouteille enterrée.

La micro-irrigation, également connue sous le nom de « goutte-à-goutte » (souvent raccourci par l'acronyme GAG), est une méthode d'irrigation utilisée en zone aride car elle réduit au minimum l'utilisation de l'eau et de l'engrais.

L'eau s'égoutte lentement vers les racines des plantes soit en coulant à la surface du sol soit en irriguant directement la rhizosphère par un système de tuyaux, on peut alors parler de goutte-à-goutte enterré.

Cette technique est l'innovation la plus importante dans l'agriculture depuis l'invention des asperseurs dans les années 1930, qui avait déjà remplacé à l'époque une irrigation nécessitant trop d'eau.

Le goutte à goutte peut également utiliser des dispositifs appelés tête de micro-vaporisation qui pulvérisent de l'eau sur une petite zone (micro aspersion). Ce système est généralement utilisé dans des vergers ou pour la vigne qui sont des cultures à zone racinaire plus large.

Histoire[modifier | modifier le code]

La micro-irrigation a été utilisée depuis l'Antiquité où l'on enterrait des pots d'argile remplis d'eau afin que l'eau s'infiltre graduellement dans le sol. L'irrigation par goutte à goutte moderne s'est développée en Allemagne vers 1860 quand les chercheurs ont commencé à expérimenter la subirrigation à l'aide de tuyau d'argile pour créer une combinaison d'irrigation et de système de drainage. Dans les années 1920, des tuyaux perforés ont été testés en Allemagne, puis O.E. Robey a expérimenté l'irrigation par tuyau poreux de toile à l'université du Michigan.

Goutte à goutte dans une vigne du Nouveau-Mexique, 2002.

Avec l'arrivée des plastiques modernes après la Seconde Guerre mondiale, des améliorations sont devenues possibles. Des micro-tubes de plastique et divers types d'émetteurs ont été employés en serre en Europe et aux États-Unis.

La technologie moderne d'irrigation par goutte à goutte a été inventée en Israël par Simcha Blass et son fils Yeshayahu. Au lieu de libérer l'eau par des trous minuscules, facilement obstrués par des particules minuscules, l'eau est libérée par de plus grands et plus longs passages en employant le frottement pour ralentir l'eau à l'intérieur d'un émetteur en plastique. Le premier système expérimental de ce type a été établi en 1959 quand les partenaires de Blass au Kibboutz Hatzerim (en) créèrent une compagnie d'irrigation nommée Netafim (en). Ensemble, ils ont développé et ont fait breveter le premier émetteur extérieur d'irrigation par goutte à goutte. Cette méthode très performante s'est développée en Australie, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud vers la fin des années 1960.

Composants[modifier | modifier le code]

Système d'irrigation au goutte à goutte.

La plupart des grands systèmes d'irrigation par goutte à goutte utilisent un certain type de filtre à eau pour empêcher l'obstruction du petit tuyau d'écoulement. Certains systèmes résidentiels sont installés sans filtres additionnels puisque l'eau potable est déjà filtrée. Pratiquement tous les fabricants d'équipement d'irrigation par égouttement recommandent que des filtres soient utilisés et généralement n'honoreront pas des garanties à moins que ceci soit fait.

La micro-irrigation est employée presque exclusivement en utilisant de l'eau potable car les règlementations interdisent généralement de pulvériser de l'eau non potable. En micro-irrigation, l'utilisation d'engrais traditionnels en surface est parfois inefficace, ainsi les systèmes de micro-irrigation mélangent souvent de l'engrais liquide ou des pesticides à l'eau d'irrigation. D'autres produits chimiques tels que le chlore ou l'acide sulfurique sont également utilisés pour nettoyer périodiquement le système.

Si elle est correctement conçue, installée et contrôlée, la micro-irrigation peut aider à réaliser d'importantes économies d'eau par la réduction de l'évaporation. En outre, le goutte à goutte peut éliminer beaucoup de maladies qui naissent du contact de l'eau avec le feuillage. En conclusion, dans les régions où les approvisionnements en eau sont sévèrement limités, on peut obtenir une nette augmentation de production tout en utilisant la même quantité d'eau qu'avant.

Le goutte-à-goutte enterré permet aussi d'économiser de l'eau, mais aussi de l'azote. Il favorise parfois l'enracinement des plantes[1].

Dans les régions très arides ou sur sols sablonneux, la meilleure technique consiste à irriguer aussi lentement que possible (moins de 1 litre par heure).

La micro-irrigation est utilisée intensivement dans la culture des noix de coco, de la vigne, la banane, les jujube, les agrumes, les fraises, la canne à sucre, le coton, le maïs, ou les tomates.

Les kits de micro-irrigation pour jardin sont de plus en plus populaires pour les propriétaires de maison. Ils se composent d'un temporisateur (communément appelé « programmateur »), d'un détendeur de pression d'eau, d'un tuyau en polyéthylène basse densité et de plusieurs émetteurs (communément appelés « goutteurs » ou « asperseurs »).

Goutte-à-goutte dans le domaine de l'irrigation[modifier | modifier le code]

Le goutte-à-goutte met en œuvre des équipements légers, et convient bien à la fertigation (ou irrigation fertilisante). Il est totalement indépendant des autres interventions sur la culture mais impose dans la plupart des cas l'automatisation, car les apports doivent être fréquents et fractionnés.

L'eau forme sous la surface une « bulbe » humide, ce qui maintient sèche la plus grande partie de la surface. L'évaporation est considérablement freinée, ainsi que la levée d'adventices. On peut dire que l'eau n'arrose pas la terre, mais la plante, elle est directement « rendue racines ».

On mesure toute l'économie qui en résulte, dans tous les pays chauds, par rapport à l'irrigation gravitaire. Mais gardons-nous de condamner celle-ci : la percolation est souvent impérative sous climat chaud, comme le cas de plusieurs régions de l'Algérie et en particulier les hauts plateaux et le Sahara, pour laver le sol des sels.[réf. souhaitée]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Agriculture : économiser et recycler l'eau en irrigation », sur www.irstea.fr,‎ 10/02/14 (consulté le 11/07/14)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Irrigation, 5th Edition, Claude H. Pair, editor, published by the Irrigation Association, 1983
  • (en) Trickle Irrigation for Crop Production, F.S. Nakayama and D.A. Bucks, editors, published by Elsevier, 1986, (ISBN 0-444-42615-9)
  • (he) Water in Strife and Action, S. Blass published by Massada limited, Israel, 1973
  • (en) Maintenance Manual, published by Jain Irrigation, 1989

Liens externes[modifier | modifier le code]