Bibliothèque municipale de Grenoble

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Bibliothèque municipale de Grenoble
Image illustrative de l'article Bibliothèque municipale de Grenoble
Bibliothèque d'étude et d'information de Grenoble
Présentation
Coordonnées 45° 11′ 07″ N 5° 43′ 52″ E / 45.18524, 5.73145° 11′ 07″ Nord 5° 43′ 52″ Est / 45.18524, 5.731  
Pays Drapeau de la France France
Ville Grenoble
Adresse 12 boulevard Maréchal-Lyautey
Géolocalisation sur la carte : Grenoble
Bibliothèque municipale de Grenoble

La Bibliothèque municipale de Grenoble est une bibliothèque municipale classée située 12 boulevard Maréchal-Lyautey à Grenoble. L'institution créée en 1772 rassemble et anime aujourd'hui un réseau de 13 bibliothèques réparties sur la ville, ainsi que 8 autres bibliothèques d'institutions culturelles locales. Depuis 2003, l'édifice est labellisé « Patrimoine du XXe siècle » de Grenoble.

Historique[modifier | modifier le code]

L'occasion de créer l'institution se présente en septembre 1771 après la mort de l'évêque de Grenoble, Jean de Caulet qui laisse parmi son héritage au marquis de Grammont, une bibliothèque privée de 33 644 ouvrages. Une souscription est aussitôt ouverte pour recueillir auprès des notables grenoblois, l'argent nécessaire afin de la racheter au profit de la ville. Après avoir récolté la somme de 67 888 livres de la part de notables et de grenoblois de toutes conditions, une assemblée générale des souscripteurs nomme le 11 juillet 1772, une commission exécutive de douze membres présidée par Louis de Sausin, afin de constituer un conseil de direction.

Le 29 juillet 1772, André Faure, imprimeur du Roi et membre de la commission exécutive, se présente au nom des souscripteurs à la barre de la Chambre des comptes où la bibliothèque de l'évêque lui est adjugée pour la somme de 45 000 livres. Le reliquat de l'argent étant prévu pour aménager un local provisoire et l'installation des ouvrages. Dans l'enthousiasme, l'ordre des avocats de la ville y joint le don de leur bibliothèque ouverte au public depuis 1748 dans l'hôtel de ville de Grenoble, et composée de plus de 6 000 volumes.

Par la même occasion, ce conseil de direction va devenir le noyau d'une petite société savante baptisée « Société littéraire » qui obtiendra en 1789 le titre d'Académie, connue de nos jours sous le nom d'Académie Delphinale[1].

Entrée bibliothèque avant 1872.

Le premier bibliothécaire est l'abbé Davaux en 1772, suivi par la suite de l'abbé Ducros en 1775, puis Chalvet en 1802 et Dubois-Fontanelle en 1808. Jacques-Joseph Champollion-Figeac est bibliothécaire de 1812 jusqu'à la nomination d'Amédée Ducoin en 1816[2]. En 1800, la bibliothèque municipale de Grenoble s'installe sur un étage entier de l'ancien collège des Jésuites devenue l'École Centrale en 1796, puis lycée à partir de 1803[3].

Hyacinthe Gariel est directeur de la bibliothèque de 1848 à 1882 après avoir été l'adjoint d'Amédée Ducoin. Il travaille en collaboration avec le directeur du musée, Alexandre Debelle, pour construire un bâtiment commun aux deux institutions, ce qui permet des innovations dans l'organisation des espaces de la bibliothèque, notamment la création d'une salle réservée aux expositions. Ce nouveau bâtiment, appelé musée-bibliothèque est dessiné par l'architecte Charles-Auguste Questel sur la place de la Constitution (actuelle place Verdun), et ouvre au public en 1872[4], cent ans après la création de l'institution. Sur les murs du vaste vestibule d'entrée commun aux deux institutions, figurent les noms des généreux donateurs de la bibliothèque, ainsi que ceux de ses fondateurs.

Fondateurs de la bibliothèque

Gariel développe le fonds, dont la taille est multiplié par trois[4]. Il crée et développe surtout le fonds dauphinois, ancêtre de l'actuel fonds de conservation et fait rentrer à la bibliothèque 67 volumes de manuscrits de Stendhal obtenus à partir de 1860 auprès de la veuve de Louis Crozet[4], maire de Grenoble de 1853 à 1858.

Durant les décennies 1890 et 1900, Jules Bernard conservateur du musée de Grenoble et Edmond Maignien, conservateur de la bibliothèque entretiennent une relation privilégiée avec un grand mécène, le général Léon de Beylié, qui après sa mort, va léguer à la bibliothèque de Grenoble toute sa bibliothèque personnelle, constituée d'ouvrages d'art, de belles publications (art, histoire de l'art, et mémoires). Au moment du legs en mars 1914, près de 1 500 ouvrages entrent dans le fonds de la bibliothèque[5].

Le 15 juillet 1955, le permis de construire d'une nouvelle bibliothèque universitaire est validé par le service de salubrité de la ville, et rentre en fonction le 4 janvier 1960 sur le boulevard Maréchal-Lyautey. Mais avec le lancement d'un nouveau campus universitaire en décembre 1961 dans la banlieue de Grenoble, à Saint-Martin-d'Hères, le besoin de déménager l'institution universitaire devient impératif. Ainsi, l'ouverture de la bibliothèque universitaire sur le campus le 9 octobre 1967, laissant l'immeuble du boulevard Maréchal-Lyautey sans affectation, il est décidé de transférer les collections du Musée-bibliothèque dans ces locaux. En 1970, la bibliothèque municipale de Grenoble ouvre ses portes boulevard Maréchal-Lyautey dans les locaux de l'ancienne bibliothèque universitaire.

Aujourd'hui, la bibliothèque détient des fonds concernant l'ancienne province du Dauphiné et de la région Rhône-Alpes ou d'autres extrêmement prestigieux, tels que ceux du monastère de la Grande Chartreuse, Stendhal, Berlioz, Champollion...

Liste des conservateurs en chef puis directeurs[modifier | modifier le code]

...

  • Christine Carrier

Le Bâtiment[modifier | modifier le code]

Labellisé patrimoine du XXe siècle en septembre 2004[6], le bâtiment de la bibliothèque municipale de Grenoble construit entre 1955 et 1959 par l'architecte Jean Benoit, conserve de nos jours environ 800 000 livres[7] et documents sur une superficie de 10 161 m2. L'originalité de sa façade provient de sa forme qui se termine en chevet comme l'abside des églises, et surtout qu'elle ne reflète pas l'organisation interne de la bibliothèque. Les trois divisions externes de la façade n'expriment pas les sept étages internes, en effet, certaines baies font plusieurs étages.

Constitué de sept étages et d'un sous-sol, le bâtiment réunit à l'origine, des salles de travail, des ateliers de restauration des ouvrages ainsi qu'un appartement réservé au bibliothécaire.

hall d'entrée

Le rez-de-chaussée dispose d'une cafétéria, d'une salle d'exposition de 500 m2 afin de recevoir des manifestations à caractère littéraire, et d'un accueil où il est possible d'acheter les publications relatives à d'anciennes expositions de la bibliothèque. Les collections patrimoniales sont conservées dans les quatre niveaux de magasins et réparties sur 23 kilomètres de rayonnage. Les salles de lectures réservées au public sont situées au 6e étage afin d'offrir aux lecteurs une meilleure luminosité naturelle en complément d'une façade vitrée haute d'environ 4 mètres.

Pour accéder à ces salles, les visiteurs ont à leur disposition, outre un escalier, deux ascenseurs de sept places. Le personnel dispose de son côté de trois monte-charge et d'un monte-livres. Grâce aux colonnes porteuses et à l'absence de murs porteurs internes, l'agencement interne est différent selon la fonction de chaque étage. Ainsi la salle de lecture, autre étage public, est ordonnée d'une manière totalement différente.

Le réseau de bibliothèques[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 et 1970, plusieurs petites bibliothèques de quartier sont créées, accompagnant ainsi le développement de la ville. En 1976, s'ouvre une première médiathèque au sein du centre commercial de Grand'Place. En 2005, sa surface est portée à 2 700 m² et prend le nom de Bibliothèque Kateb Yacine.

La mission de la bibliothèque municipale qui prend la dénomination de bibliothèque d'étude et d'information, par delà la conservation du patrimoine, est de contribuer au développement de la lecture et de lutter contre l'illettrisme. La bibliothèque a ainsi établi un réseau maillé de recherche et de consultation avec 21 autres bibliothèques dans la ville, dont huit bibliothèques associées dépendant d'institutions culturelles locales, élargissant ainsi sa réserve de lecture. Le tableau suivant en présente la liste complète :


Type de bibliothèque Lieu Nom de la bibliothèque
Grande bibliothèque Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque Centre ville
Grande bibliothèque Secteur 6 de Grenoble Bibliothèque Kateb Yacine
Bibliothèque de quartier Secteur 4 de Grenoble Bibliothèque Abbaye-les-Bains
Bibliothèque de quartier Secteur 4 de Grenoble Bibliothèque Alliance
Bibliothèque de quartier Secteur 6 de Grenoble Bibliothèque Arlequin
Bibliothèque de quartier Secteur 3 de Grenoble Bibliothèque Eaux-Claires
Bibliothèque de quartier Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque Hauquelin
Bibliothèque de quartier Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque Jardin de Ville
Bibliothèque de quartier Secteur 4 de Grenoble Bibliothèque Prémol
Bibliothèque de quartier Secteur 1 de Grenoble Bibliothèque Saint-Bruno
Bibliothèque de quartier Secteur 5 de Grenoble Bibliothèque Teisseire-Malherbe
Bibliothèque spécialisée Secteur 6 de Grenoble Bibliothèque des Relais Lecture
Bibliothèque spécialisée Secteur 1 de Grenoble Bibliothèque municipale internationale
Bibliothèque associée Secteur 2 de Grenoble Archives municipales
Bibliothèque associée Secteur 4 de Grenoble Bibliothèque du Conservatoire national de région
Bibliothèque associée Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque de l'école supérieure d'art de Grenoble
Bibliothèque associée Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque du Musée de Grenoble
Bibliothèque associée Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque de la Maison de la Montagne
Bibliothèque associée Secteur 2 de Grenoble Centre de ressources du Troisième bureau
Bibliothèque associée Secteur 2 de Grenoble Bibliothèque des éditions Glénat
Bibliothèque associée Vizille Bibliothèque Albert Soboul du Musée de la Révolution française

Dans le cadre des jumelages mis en place par la Ville de Grenoble et des réseaux de coopération professionnelle, les bibliothèques municipales de Grenoble entretiennent des relations privilégiées avec certains pays et certaines villes afin d'apporter assistance, aide et échange divers. Les villes concernées sont Essen, Constantine, Ouagadougou, Sfax, Turin, Fès ainsi que la Lituanie.

Collections en salle de recherche[modifier | modifier le code]

Elle donne libre accès à 3 000 ouvrages de référence, 40 revues, une banque d'images anciennes, à la consultation du Dauphiné libéré sur microfilms.

Sur demande, elle donne accès aux documents conservés en magasin :

  • Fonds ancien dauphinois : 200 000 documents.
  • Fonds ancien général : 196 000 ouvrages et 20 000 manuscrits antérieurs à 1900 et 706 incunables[8].

Différents supports représentent ces documents, 1500 périodiques notamment de l'ancien régime, des monnaies et médailles, des collections iconographiques, des globes, des cartes dont la plus ancienne de la ville remonte à 1536.

Fonds particuliers[modifier | modifier le code]

La Bibliothèque de la Grande Chartreuse constitue un fonds particulier de la Bibliothèque municipale de Grenoble, riche notamment de 300 incunables dont l'unique exemplaire de la Danse Macabre de Guy Marchant et le Catholicon de Gutenberg (1460), ainsi que de nombreux manuscrits, dont un ensemble de 43 bibles, a été confisquée au Monastère de la Grande-Chartreuse, à la Révolution.

J.F. Champollion

La bibliothèque détient également des fonds liés à des personnages célèbres comme Antoine Barnave, Jean-Joseph Mounier, Louis XVII, Louis Mandrin et les frères Champollion. L'ensemble des publications originales de l'égyptologue Jean-François Champollion y figurent, ainsi que plusieurs manuscrits[9].

Stendhal alors consul

Les collections iconographiques sont composées d'estampes, de dessins, de cartes postales, d'affiches (en particulier touristiques et publicitaires), de plaques de verre (collection de la Société dauphinoise d'amateurs photographes) et de photographies. Elles sont particulièrement riches tant dans le domaine dauphinois que dans le domaine général, avec notamment plus de 7 000 documents sur le Dauphiné et 35 000 estampes provenant de la collection de Georges Marjolin cédée en 1889 à la bibliothèque.

La collection Stendhal de la bibliothèque compte environ 40 000 pages de manuscrits de l'écrivain, soit plus des trois quarts conservés dans le monde[10]. Elle se complète par plus de 10 000 ouvrages imprimés concernant des éditions en français et en langues étrangères, des thèses, des bibliographies et des études stendhaliennes. Viennent s'ajouter à cette collection de l'écrivain dauphinois, 700 pièces muséales constituées de peintures, médaillons, bustes, lithographies dont les principales sont utilisées par le Musée Stendhal au concept innovant mettant en réseau l’appartement du docteur Gagnon comme lieu de mémoire, l’appartement natal de Stendhal comme lieu vivant dédié à la littérature contemporaine, les collections de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine, ainsi qu'un un itinéraire historique dans le centre ancien de Grenoble.

En 2013, les collections stendhaliennes se sont enrichies de deux lettres ainsi que de pages de dessins d'architecture comprenant des notes autographes de l'écrivain lors d'une vente publique. La lettre autographe en date du 19 août 1812 adressée à Félix Faure et à la comtesse Daru a été acquise grâce à Pierre Bergé, parrain du Musée Stendhal[11].

Autres services[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, la bibliothèque en collaboration avec la ville de Grenoble organise en avril le Printemps du livre se matérialisant par des rencontres, des lectures, des tables-rondes, des spectacles, des expositions, des ateliers et des séances de dédicaces[12].

Parmi les accès aux pages numériques du site internet de la bibliothèque, figure l'offre ciné VOD (vidéo à la demande) permettant de voir 900 films dans tous les genres, y compris certaines conférences se déroulant dans l'auditorium de la bibliothèque Centre ville, comme celle en mars 2014 de l'astrophysicien Hubert Reeves[13].

Depuis 2014, deux postes informatiques sont réservés à la consultation de l'inathèque présentant les archives audiovisuelles et sonores de l'Institut national de l'audiovisuel[14]. Ces postes restent cependant accessibles aux chercheurs justifiant d'une recherche.

Accès[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Almanach du vieux dauphinois de 1992, article de Paul Dreyfus, page 69
  2. Hyacinthe Gariel, La bibliothèque de Grenoble, 1772-1878, page 6.
  3. Il va prendre le nom de Lycée Stendhal en 1955.
  4. a, b et c Yves Jocteur Montrozier, « Le fonds Stendhal de la bibliothèque municipale de Grenoble » dans Bulletin des bibliothèques de France, 1997 (vol. 42), n°2. Lire en ligne
  5. Selon la catalogue Le général de Beylié 1849-1910, collectionneur et mécène
  6. Base Mérimée
  7. Selon le dépliant de la bibliothèque et édité par la ville
  8. Selon Lectura, le portail des bibliothèques de Rhône-Alpes
  9. Bibliothèque municipale de Grenoble.
  10. Bibliothèque municipale de Grenoble.
  11. Association Stendhal.
  12. Bibliothèque de Grenoble.
  13. Bibliothèque de Grenoble, portail VOD.
  14. Inathèque Grenoble.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mille ans d'écrits : trésors de la bibliothèque municipale de Grenoble, Yves Jocteur-Montrozier, Éditions Glénat, Grenoble, 2000
  • Le Général de Beylié 1849-1910 - Collectionneur et mécène, Danielle Bal, Jean-François Klein, Roland Mourer, Caroline Herbelin, Éditeur: Milan 5 Continents, 978-88-7439-563-7

Liens externes[modifier | modifier le code]