Catholicon (dictionnaire)

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Marque de l'imprimeur Jehan Calvez, figurant sur la version incunable du Catholicon breton en 1499.

Le Catholicon (du grec Καθολικόν, universel) est le premier dictionnaire trilingue du monde[1], rédigé en breton, français et latin. Il est aussi parmi le premier des dictionnaires de breton comme de français[1],[2]. Ses six mille entrées furent rédigées en 1464 par Jehan Lagadeuc et imprimées par Jehan Calvez le à Tréguier sur une initiative de Maître Auffret Quoatqueveran, chanoine de Tréguier.

Présentation[modifier | modifier le code]

L’ouvrage est terminé le . Ce dictionnaire a été nommé Catholicon par analogie avec le Catholicon (en) du dominicain Jean Balbi de Gênes, diffusé à partir de 1282, dont Jehan Lagadeuc s'était inspiré, tout en se gardant d'en adopter le titre. Il est destiné à favoriser l'apprentissage du latin aux futurs clercs qui entrent au collège[Note 1]. Les entrées sont en breton car « les Bretons, en leur très grand nombre, sont largement déficients en français », note-il dans le prologue.

Un manuscrit est conservé dans le fonds latin de la Bibliothèque nationale de France sous la cote « Latin 7656 ». Il est composé de 131 feuillets écrits recto-verso. Il manque environ le tiers des feuillets. Il s'agit d'une copie de l'original.

Les éditions[modifier | modifier le code]

1) 1499 (5 novembre) - Jehan Calvez, imprimeur à Tréguier, imprime pour la première fois le Catholicon breton. Ce Catholicon est un incunable, terme réservé aux ouvrages imprimés avant 1500[3].

2) Début du XVIe siècle, Jehan Corre, prêtre au diocèse de Tréguier, fait imprimer la 2e édition du Catholicon breton après y avoir apporté ses modifications.

3) 1521 (31 janvier) - Yvon Quillévéré, libraire et éditeur à Paris, imprime une nouvelle version du Catholicon breton. Léonard d'origine, il fait l'éloge de la Bretagne dans son édition du Catholicon[4].

4) 1867 - René-François Le Men, archiviste du Finistère, donne une édition abrégée du Catholicon breton à partir de l'original détenu par la ville de Quimper (édition Jehan Calvez 1499) pour la promotion du breton et pour le faire connaître lors du Congrès celtique international qui s'est tenu à Saint-Brieuc en octobre 1867.

5) 1975 - Christian-Joseph Guyonvarc'h, Professeur honoraire de celtique à l'Université de Rennes II, fait imprimer un fac similé du Catholicon breton d'après l'original détenu par la ville de Rennes (édition Jehan Calvez 1499). L'ouvrage de Christian-Joseph Guyonvarc'h a été réimprimé en 2005 par les éditions Armeline.

6) 1977 (5 décembre[5]) - Jean Feutren[Note 2],[6],[7] réalise la translittération du Catholicon.

Cette édition est enrichie par Jean Feutren de renseignements sur l'œuvre, sur ses éditions successives et sur les différentes sources du dictionnaire. Elle est publiée en 1977 avec le prologue en latin de l'exemplaire qui a servi à l'édition de 1867 (cote BNF 7656) et la traduction en français de celui ci. L'abbé y a ajouté un petit texte personnel, L'éloge de la Bretagne par un Léonard, et un fac-similé de l'exemplaire de Quimper[5].

Le travail critique s'expose en deux glossaires et un apparat[5]:

  • un glossaire français dans lequel sont regroupés les mots français figurant au Catholicon qui ne se trouvent plus dans les dictionnaires contemporains ou qui ont une nouvelle acception;
  • un glossaire breton des termes non traduits;
  • des notes accompagnant les mots du glossaire français par lesquelles est tenté d'apporter une signification aux termes qui présentent une difficulté;
  • des notes pour expliquer les mots bretons.

7) 2001 (15 septembre) - Gwennole Le Menn réécrit le Catholicon à partir de différentes versions. La version qu'il a fait imprimer est une fraction de son volumineux travail.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Pour ces raisons, Moi, Jehan Lagadeuc, de la paroisse de Ploégonven, au diocèse de Tréguier, bachelier ès arts et décrets, tout indigne que j'en sois, j'ai composé ce petit ouvrage pour l'utilité des petits clercs pauvres de Bretagne ou encore des illettrés en latin. »
  2. Jean Feutren (1912-1990) est un prêtre breton, enseignant dans diverses institutions catholiques jusqu'en 1962, puis successivement recteur de Roscoff et de Pleyber-Christ. Infatigable savant, il a publié une édition du Catholicon mais s'est aussi intéressé, entre bien d'autres recherches, au Rentier de Morlaix, à l'onomastique, à l'histoire locale, à l'architecture... Sa riche collection de photographies des monuments du patrimoine religieux du Léon est aujourd'hui partiellement hébergée au Musée départemental breton de Quimper. Une bonne part de ses travaux d'érudition (plus de deux mille pages), ont été publiés dans les bulletins paroissiaux de Roscoff et Pleyber-Christ [lire en ligne].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Catholicon sur le Wiktionnaire. D'après cette page, il serait le premier dictionnaire de breton, et le premier dictionnaire de français.
  2. Robert Estienne et le Dictionnaire français aux XVIe siècle, Edgar Ewing Brandon, 1904, p. 27.
  3. Version numérisée disponible sur « Catholicon.net » (consulté le 12 septembre 2009)
  4. [lire en ligne] (notice BnF no FRBNF?)
  5. a, b et c Ar C'hatolicon
  6. Les travaux de J. Feutren sur le Rentier de Morlaix sont évoqués par P. Flatrès, Le rentier de Saint Dominique de Morlaix - Étude de géographie historique (fin XVIIe). in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. LXXXVII, pp.150-159, Société archéologique du Finistère, Quimper, 1957.
  7. Pour l'ensemble de la note relative à J. Feutren, voir Y.-P. Castel, Signé Jean Feutren in Eglise en Finistère n°106, pp. 18 & 19, Diocèse de Quimper et Léon, Quimper, 26 novembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]