Bataille de l'Alma

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Bataille de l'Alma
FrenchBattleOfTheAlma.JPG
Informations générales
Date 20 septembre 1854
Lieu Sur les rives de l'Alma
Issue Victoire alliée
Belligérants
Drapeau de l'Empire britannique Empire britannique
Drapeau français Empire français
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Commandants
Flag of France.svg Armand de Saint Arnaud
Flag of the United Kingdom (3-5).svg FitzRoy Somerset
Romanov Flag.svg Alexandre Menchikov
Forces en présence
Flag of the United Kingdom (3-5).svg
26 000 fantassins
1 000 cavaliers
60 canons

Flag of France.svg
28 000 fantassins
72 canons

Ottoman flag.svg
7 000 fantassins
Romanov Flag.svg
33 000 fantassins
3 400 cavaliers
120 canons
Pertes
Flag of the United Kingdom (3-5).svg
343 morts
1 612 blessés

Flag of France.svg
140 morts
1 200 blessés

Ottoman flag.svg
503 morts et blessés
Romanov Flag.svg
180 morts
3 900 blessés
Guerre de Crimée
Batailles
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Coordonnées 44° 30′ N 33° 36′ E / 44.5, 33.644° 30′ Nord 33° 36′ Est / 44.5, 33.6  
Plan de la Bataille de l'Alma par George Dodd, 1856

La bataille de l'Alma qui se déroule pendant la journée du 20 septembre 1854 sur les rives du fleuve l'Alma près de Sébastopol, est considérée comme la première grande bataille de la guerre de Crimée (1853–1856). Elle voit les forces franco-britanno-turques du maréchal de Saint-Arnaud et de Lord Raglan emporter la victoire sur l'armée russe du prince-général Menchikov qui y perdit environ 6000 soldats contre 3300 du côté de la coalition. Les zouaves de « l'Armée d'Afrique » issus principalement de l'Afrique du nord de l'empire colonial français joueront un rôle décisif dans les dernières heures de cette bataille.

Préliminaires[modifier | modifier le code]

Le 14 septembre, les coalisés débarquent leurs troupes à Eupatoria. À Sébastopol, le prince-général Menchikov, aussitôt informé, rassemble le maximum d'unités éparpillées en Crimée. Il décide de livrer bataille sur l'Alma, où ses troupes se trouveront en surplomb des forces adverses.

Menchikov aligne 40 000 hommes soit 42 bataillons et demi, 16 escadrons de cavalerie, 11 sotnias de cosaques et une centaine de pièces d'artillerie.

En face, les Britanniques tiennent le flanc gauche, les Français le centre et la droite. La flotte tient la côte.

Dans l'après-midi du 19, quelques accrochages ont lieu entre Russes et Britanniques, les Russes venant « tâter » la résistance adverse. Les troupes alliées ne sont cependant pas toutes rassemblées, et certaines unités britanniques arriveront encore dans la nuit.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le 20 septembre, les armées franco-britanniques aux ordres du maréchal de Saint-Arnaud et de Lord Raglan, qui viennent de quitter Gallipoli en route pour Sébastopol, arrivent en vue du petit fleuve Alma. En face, 40 000 Russes, commandés par l’amiral prince Menchikov, sont postés derrière leurs canons. Le prince veut arrêter les troupes alliées avant Sébastopol. Il choisit un petit cours d'eau perpendiculaire à la côte. Pendant que les Britanniques paradent, les Français montent à l’assaut des pentes menant au plateau de l’Aklèse.

Le bataillon de marche de la Légion étrangère commandé par le commandant Nayral, est en tête du dispositif. Le général Canrobert ordonne aux autres troupes de suivre la Légion à l’exception des zouaves qui franchissent le fleuve sur un pont, à son embouchure, et contournent les Russes. Les zouaves du 3e régiment de zouaves de la division Bosquet accompliront la manœuvre décisive : escaladant la falaise avec le soutien des canons de la flotte, ils s'emparent de l'artillerie russe et la retournent contre les troupes de Menchikov. Se retrouvant alors en pointe, ils doivent résister aux vagues d'infanterie qui leur sont opposées en attendant les renforts. Ceux-ci, pris en tenaille, se replient sur Sébastopol.

Sous le feu russe, le reste de l'armée française peine et stoppe finalement vers le village de Bourliouk. L'artillerie du général Canrobert parvient au pied de la falaise, mais les pentes sont trop raides et les canons ne peuvent monter en position pour renforcer les zouaves.

Sur le flanc gauche des Français, les Britanniques rattrapent leur retard, mais une erreur dans la manœuvre de Sir George Brown met à mal la formation de l'armée britannique. Espérant profiter de cette désorganisation, les Russes chargent mais sont repoussés par les fusiliers britanniques.

Il s'ensuit une série d'échanges assez confus : Menchikov craignant que l'action des zouaves ne lui soit fatale, s'est déplacé avec son commandement face aux Français. De sa position excentrée, il peine alors à percevoir la situation face aux Britanniques et lance des contre-attaques contre des éléments de l'armée britannique. Croyant faire face à des divisions, l'infanterie russe se retrouve face à des bataillons et tirailleurs, avec le gros des Britanniques sur ses flancs. Malgré des ordres contradictoires, les commandants des unités britanniques ne laissent pas passer l'occasion et déciment leur adversaire.

À l'extrême flanc gauche du front britannique, trois bataillons, soit deux à trois mille hommes, font face à plus de 10 000 troupes russes, fraîches, qui n'ont pas encore participé à la bataille. Les Britanniques, étirés en une fine ligne de deux rangs sur pratiquement deux kilomètres, avancent en faisant feu — une manœuvre difficile à l'époque. Dans la fumée et la confusion de la bataille, les Russes surestiment le nombre de troupes qui leur font face et se retirent.

Sur la droite, le général Canrobert parvient finalement à hisser ses canons en haut de la falaise. Les zouaves repartent à l’assaut et parviennent à percer et prendre le point culminant jusqu'alors occupé par l'état-major russe.

Les Russes sont en retraite sur tout le front et sans réserves capables de s'opposer aux Franco-britanniques. La bataille s'achève en déroute pour l'armée russe.

Les Français perdent 140 tués et 1 200 blessés. La Légion perd 5 officiers blessés et 55 légionnaires blessés ou tués. Les Britanniques perdent 343 tués et 1 612 blessés. Les Russes laissent 180 tués et 3 900 blessés sur le terrain. Après la bataille, le maréchal de Saint-Arnaud, malade du choléra, expire.

Un témoignage[modifier | modifier le code]

Le carnet de bord du "Charlemagne" relate ce qui suit au sujet de la bataille de l'Alma: « Le 18 septembre 1854, le "Charlemagne" est au mouillage de l'Alma à 6h25... L'escadre turque arrive au mouillage, en même temps, que le "Caton" et la "Pomone". Les navires précédents sont échelonnés sur la côte. » Le mercredi 20 septembre 1854, Henri Rieunier a écrit au crayon la mention suivante : « Bataille de l'Alma gagnée par les Français, Les Russes s'enfuient. Hier, le "Vauban", et quelques autres bâtiments ont tiré quelques coups sur un corps russe qui avait passé la rivière en avant du village. L'armée alliée s'est mise en marche hier matin à 4h, elle s'est arrêtée à 1h à 3 ou 4 000 m de la rivière et a campé. Les Français étaient à la droite près de la mer et les Anglais à gauche, hors de vue, les Turcs au milieu. Un corps russe dans la soirée s'avance, mais à trois portées de canon des nôtres. Ils se retirèrent le soir dans leur camp retranché. Dès le matin les troupes se mettent en marche, et arrivent vers midi à la rivière; la canonnade commencée, les Turcs passent au bord de la mer; la 2e division à côté d'eux, puis la 1re, puis la 3e et la 4e; les Anglais à gauche. Les Russes occupent une position formidable avec 45 000 à 50 000 hommes, en trois heures les Russes sont vaincus et se retirent en ordre; si l'on avait eu de la cavalerie, la bataille aurait été plus décisive; pour le moment, on évalue les pertes russes à 3 000 à 4 000 hommes en tout, et les pertes françaises et anglaises entre 700 à 800 hommes chacun; mais trois jours après la bataille, on a vu que nous avions 1 200 à 1 400 blessés ou morts et les Anglais 1 800 environ. Les Russes auraient 7 000 à 8 000 hommes hors de combat. Nous avons mis tous nos canots à la plage avec les canots tambours des vapeurs pour prendre soin des blessés et les transporter à bord de l'"Albatros" et du "Montezuma". L'équipage du "Charlemagne" reste au poste de combat pour la nuit... »

Décoration[modifier | modifier le code]

  • ALMA 1854 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Postérité[modifier | modifier le code]

Deux localités canadiennes, la ville d'Alma au Québec et le village d'Alma au Nouveau-Brunswick[1] ont été nommées en commémoration de cette bataille. C'est en souvenir de cette bataille et pour saluer leur courage que fut réalisé le Zouave du pont de l'Alma à Paris par le sculpteur Georges Diebolt. Il y a également une rue de l'Alma à Rennes en référence à cette bataille.

Un village de colonisation de 72 feux portant le nom d'Alma fut créé dans le département d'Alger, à la limite est de la Mitidja, le 25 juillet 1856, par décret impérial de Napoléon III, alors en cure à Plombières. Le préfet d'Alger procède à l'installation des colons du village de l'Alma le 7 octobre 1856. Depuis l'indépendance de l'Algérie, il porte le nom de Boudouaou, du nom de l'oued qui le traverse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baron de César Bazancourt (1856). The Crimean Expedition, to the Capture of Sebastopol 2 vols. Londres.
  • Alexander William Kinglake (1863–87). The Invasion of the Crimea, 8 vols. Edimburgo
  • Blake, R.L.V Ffrench (1973). The Crimean War. Sphere Books.
  • Brighton, Terry (2005). Hell Riders: The Truth about the Charge of the Light Brigade. Penguin Books. ISBN 978-0-14-101831-7
  • Fletcher, Ian & Ishchenko, Natalia (2004). The Crimean War: A Clash of Empires. Spellmount Limited. ISBN 1-86227-238-7
  • Christopher Hibbert (1963). The Destruction of Lord Raglan: A tragedy of the Crimean War 1854–55. Pelican Books
  • Pemberton, W. Baring (1962). Battles of the Crimean War. Pan Books Ltd. ISBN 0-330-02181-8
  • Royle, Trevor (2007). Crimea: The Great Crimean War 1854–1856. Abacus. ISBN 978-0-349-11284-8
  1. (en) Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Ottawa, Énergie, Mines et Ressources Canada,‎ 1975, p. 36