Lucien Vogel
|
|
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
Lucien Vogel, né en Alsace[1] le 13 décembre 1886 et mort en 1954 à Paris, est un éditeur français, créateur et directeur de plusieurs journaux. Esthète éclairé de son temps et homme du monde et de la mode, il fut aussi un militant politique de gauche résolu et un précurseur dans sa profession.
Biographie [modifier]
Fils du caricaturiste Hermann Vogel, il suite de courtes études à Paris, et entre dans le domaine de l'édition en 1906[1]. Trois ans plus tard, il intègre la revue Femina[1]. Il épouse Cosette de Brunhoff, sœur de Jean de Brunhoff le créateur de Babar, et de Michel de Brunhoff, troisième rédacteur en chef de Vogue France dans les années 1930[2]. Cosette deviendra en 1920 la première rédactrice en chef de Vogue France à la création du magazine. Ils ont pour fille Marie-Claude Vaillant-Couturier.
Il crée en 1912 son premier magazine, la Gazette du Bon Ton, recueil d'illustrations et d'éditoriaux, aidé de son épouse.
En 1914, il est mobilisé au Maroc sous les ordres de Lyautey. Il est incorporé comme photographe au Service des Beaux-Arts, des Monuments historiques et des Antiquités. Il est chargé avec son collaborateur, Jean Rhoné, de réaliser des clichés des villes de Meknès, Fès et Marrakech, entre 1915 et 1917. Ces photographies sont actuellement conservées aux Archives des Affaires étrangères à Nantes. Elles sont pour la plupart sous la forme de plaque de verre. Entre temps, il crée Le Style parisien, petit périodique illustré qui sera racheté deux ans après par Hachette[1].
Il publie la revue Les Feuillets d'Art en 1919 et L'Illustration des modes l'année suivante. Après avoir revendu la Gazette du Bon Ton en 1921[3] à Condé Montrose Nast (en), il fonde l'année suivante L'Illustration des modes qui deviendra Le Jardin des Modes un an après[1], résolument tourné vers les avant-gardes artistiques, et qui paraitra jusqu'en 1997. Suite à la revente de la Gazette, il entre aux Éditions Condé Nast et devient directeur artistique de Vogue France[3] pour trois ans[1].
Sensible au constructivisme, il est commissaire du pavillon soviétique à l’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris en 1926.
En 1928, il lance le magazine VU, précurseur des grands magazines d'actualité du XXe siècle, basé sur la photographie, parallèlement à LU qui propose une revue de presse internationale traduite en français. VU se distinguera par son combat contre fascisme, nazisme et franquisme qui embrasent alors l'Europe. Il se réfugie aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1945.
Il publia également de nombreux livres sur l'art, l'architecture et la décoration ou d'auteurs connus comme Max Jacob, André Gide, etc.
Notes et références [modifier]
- Danielle Leenaerts, Petite Histoire Du Magazine Vu (1928-1940) : Entre Photographie D'information Et Photographie D'art, Peter Lang, mars 2010, 403 pages, p. 20 (ISBN 9789052015859)
- (en) Sonia Rachline, Paris Vogue covers 1920-2009, New York, Thames & Hudson, 2009, 207 p. (ISBN 978-0-500-51513-6), p. 16
- David Downton, Les Maîtres de l'illustration de mode [« Master of Fashion Illustration »], Paris, Eyrolles, 2011, 226 p. (ISBN 978-2-212-12705-8), « Les artistes de La Gazette », p. 44