Autre que pur sang

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AQPS, French chaser

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Autre que pur sang (AQPS)
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Ushuaia Bleue, jument AQPS née en 2008, propriété de Chloé Lepan.
Ushuaia Bleue, jument AQPS née en 2008, propriété de Chloé Lepan.

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de course
Registre d'élevage Réglementation du Stud-book français
Taille 1,60 à 1,70 m
Poids Environ 500 kg
Robe Essentiellement bai et alezan
Tête Profil rectiligne
Pieds Fins
Caractère Courageux et volontaire
Autre
Utilisation Courses d'obstacles, mais peut s'essayer à toutes les disciplines

L'AQPS (Autre que pur sang, au Royaume-Uni French chaser) est à l'origine une classification utilisée pour les chevaux de course de galop issus de croisements entre le Pur Sang et d'autres races, principalement Selle français et Anglo-arabe, afin de les dissocier des Pur Sangs (PS) courant en France. Il trouve son origine dans la recherche d'un cheval performant en course d'obstacles, plus puissant que le Pur Sang. Ce cheval est en de nombreux points comparable au Pur Sang, mais plus costaud, plus tardif, moins rapide et plus endurant.

Depuis le 11 février 2005, l'AQPS est devenu une race à part entière, enregistrée au stud-book français et gérée par les Haras nationaux. Avec environ 1 100 naissances par an, l'élevage AQPS provient de deux régions principales : le Centre Est et le Grand Ouest. Les premiers poulains de race AQPS sont nés en 2006.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine de la race AQPS est à rechercher dans des croisements entre le Pur Sang et d'autres races de sang présentes en France (Selle français, Anglo-arabe, divers chevaux de sport et plus rarement du Trotteur français)[1]. Ce type de croisement remonte au XVIIIe siècle, mais la société qui gère la race n'est créée qu'en 1922[2]. L'élevage démarre au centre et au sud de la Bourgogne, près de Cercy-la-Tour, avant de s'étendre à toutes les régions de France[3]. Les AQPS typiques sont avant 2006 essentiellement de deux types : des Selle français (SF) ayant un fort pourcentage de sang Pur Sang, ou des Anglo-arabes à moins de 12,5 % de sang arabe[4]. L'intérêt d'un tel croisement étant généralement tourné vers les courses d'obstacles[4], ces chevaux sont nommés des « demi-sangs de course ». Au fil des années, la sélection permet l'émergence de lignées performantes[5].

Le cheval de Corlay[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cheval de Corlay.

En 1808, peu de temps après la réorganisation des haras nationaux, des étalons arabes et quelques Pur Sangs sont introduits à Corlay et donnent, au fil des croisements, des chevaux de course d'obstacle réputés. Napoléon Ier les examine et se fait dire qu'ils sont capables, sans préparation aucune, de fournir un steeple-chase de plusieurs kilomètres sur tout type de terrain. Le lendemain matin, un tel steeple-chase est couru devant lui, sur un terrain très accidenté et détrempé par une pluie torrentielle. Sur 12 chevaux, 10 arrivent au but sans accident, montés sans selle ni étriers et conduits par de simples filets ou avec leurs longes par de jeunes paysans[6]. Le cheval de Corlay est d'ailleurs utilisé dans des courses locales[7]. Il est désormais référencé comme un AQPS[8], mesurant 1,50 à 1,55 m. Ses effectifs ont diminué[9] et il a pratiquement disparu dans les années 1990[10]. La ville de Corlay a ouvert un musée pour retracer son histoire[11].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Dans le but de protéger ces lignées connues au niveau européen, l'association des éleveurs d'AQPS travaille avec France Galop, les Haras nationaux, les stud-books du Selle français et de l'Anglo-arabe et le ministère de l'Agriculture à la création d'un stud-book, l'AQPS devenant une race destinée à la course d'obstacles. Le 11 février 2005, la naissance de la race est officialisée par la création d'un label destiné aux meilleurs chevaux de course d'obstacles, supervisé par France Galop[5],[4]. Les premiers AQPS reconnus sont nés en 2006. Ils portent l'affixe « AQ » en français et sont désignés comme des « French Chaser » en langue anglaise[5].

En 2007, les Haras nationaux et l'Union des éleveurs AQPS de Bourgogne et du Centre-Est signent un protocole d'accord qui développe le centre technique de reproduction de Cercy-la-Tour en outil de promotion pour l'AQPS[12].

Description[modifier | modifier le code]

Photo du profil droit d'une tête de jument Autres Que Pur Sang
Tête d'une jument AQPS de 10 ans, réformée des courses.

L'AQPS n'est pas vraiment caractérisé par sa race, mais plutôt par sa philosophie d'entraînement et le programme des courses auxquelles il participe[13]

Modèle et caractère[modifier | modifier le code]

L'AQPS est tout à fait comparable au Pur Sang (et comme lui, n'a pas de standard), tant morphologiquement qu'au niveau du caractère[1]. Il possède cependant davantage d'os et d'endurance[14], de l'avis des éleveurs, c'est un cheval doté de plus de cadre[15], plus robuste et solide, qui de ce fait peut être entraîné plus rudement[16]. Il est aussi moins rapide et moins précoce que le Pur Sang[4].

Sélection[modifier | modifier le code]

Pour l'essentiel, les éleveurs d'AQPS suivent les mêmes règles que ceux de Pur Sang[17]. Depuis 2006, avec la création de la race, les conditions d'admission au stud-book sont précises et définies. Le cheval doit tout d'abord posséder un pourcentage de sang Pur Sang supérieur à 87,5 %. Il doit également être issu de monte naturelle (l'insémination artificielle, le transfert d'embryon et toute forme de reproduction non-naturelle sont interdits) et ne présenter dans sa généalogie que des ascendants issus de monte naturelle. Son père doit être approuvé à produire en AQPS. Enfin, il doit être issu de croisement spécifiquement reconnu par le stud-book[18]. Le choix des éleveurs se porte généralement sur des étalons Pur Sang possédant du cadre[19].

Détail des croisements approuvés dans le stud-book de l'AQPS[18].
Croisements approuvés dans le stud-book AQPS Étalon AQPS approuvé Étalon PS approuvé AQPS Étalon PS non approuvé AQPS Étalon SF approuvé AQPS Étalon SF non approuvé AQPS Étalon AA approuvé AQPS Étalon AA non approuvé AQPS
Jument AQPS AQPS AQPS - AQPS - AQPS -
Jument PS facteur d'AQPS AQPS - - AQPS - AQPS -
Jument PS non facteur d'AQPS - - - - - - -
Jument SF facteur d'AQPS AQPS AQPS - AQPS - AQPS -
Jument SF non facteur d'AQPS AQPS AQPS - AQPS - AQPS -
Jument AA facteur d'AQPS AQPS AQPS - AQPS - AQPS -
Jument AA non facteur d'AQPS AQPS AQPS - AQPS - AQPS -

Les Selle français et Anglo-arabes à plus de 87.5 % PS issus de monte naturelle et nés avant 2006 sont traités comme des AQPS à part entière[18]. Enfin, une attention particulière est portée sur le dépistage des maladies et la vaccination, en ce qui concerne l'anémie infectieuse équine, la métrite contagieuse, l'artérite virale équine, la grippe équine et la rhinopneumonie[18].

Utilisations[modifier | modifier le code]

L'AQPS est avant tout un cheval de course possédant une bonne aptitude au saut[14].

Courses hippiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Sport hippique et Al Capone II.

Certaines courses sont réservées aux AQPS en plat, mais ils ne peuvent généralement pas rivaliser avec des PS en vitesse pure. C'est surtout à l'obstacle (haies ou steeple chase) que l'on retrouve ces chevaux, plus endurants et costauds que les PS[4]. Les courses d'obstacles sont d'ailleurs parfois appelées « courses de demi-sang » lorsqu'elles sont réservées aux AQPS[20]. Les meilleurs AQPS participent parfois à des courses hippiques ouvertes à toutes les races (le plus souvent en obstacle), où ils se mesurent alors aux Pur Sang. En raison de l'effort physique demandé, ces chevaux courent en moyenne 5 à 6 fois par an[13].

L'un des plus célèbres AQPS est Al Capone II, enregistré comme Selle français car né en 1988. Il a couru 65 courses et remporté 26 victoires, dont sept fois le Prix La Haye Jousselin, souvent face aux meilleurs Pur Sangs de la discipline[4]. Isopani est le premier AQPS à avoir remporté le Grand Steeple-Chase de Paris, en 1981. Un exploit depuis renouvelé plusieurs fois par des AQPS, comme Polar Rochelais en 2010. Ces chevaux brillent aussi en Grande-Bretagne, notamment avec Mon Môme (vainqueur du Grand National de 2009), Edredon bleu, Algan et Nuspsala (vainqueurs du King George VI Chase (en)). Cette dernière, gagnante en 1987, a véritablement fait connaître la race au Royaume-Uni[21].

Autres disciplines[modifier | modifier le code]

La carrière des AQPS se terminant généralement à 7 ans, les chevaux réformés des courses peuvent être acquis pour moins de 1 000 euros et font de bons chevaux de selle, de loisir ou de concours, après une rééducation. Les AQPS sont souvent moins chers à l'achat que les Pur Sangs[1], certains sortent en concours de saut d'obstacles et en concours complet[22].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Cercy-la-Tour (où se trouve un centre technique d'élevage modernisé en 2009[23]) et ses environs (Nièvre, Saône-et-Loire et Allier) restent l'un des principaux centres d'élevage de la race. Le second est situé dans le Grand Ouest, incluant toute la Bretagne et la vallée de la Loire[24]. Ces chevaux ont longtemps été peu considérés par les Britanniques, cependant une première exportation a eu lieu en 1988 avec deux chevaux, Rositary et Santos II. Depuis, le French Chaser gagne en reconnaissance outre-manche, comme le prouve notamment la victoire de Mon Môme au Grand National de Liverpool[23].

L'élevage est dynamique, avec un effectif d'environ 1 100 naissances annuelles[25]. Il est en légère baisse, la crise ayant vraisemblablement entraîné une chute des nouvelles naissances en 2009 et 2010[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pereira 2003, p. 22
  2. (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 2 - 2 15
  3. (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 2 30
  4. a, b, c, d, e et f « Les races de chevaux », France Galop (consulté le 23 mai 2013)
  5. a, b et c « Stud-Book AQPS : Le Grand Livre des sauteurs français », aqps.fr,‎ 16 avril 2012 (consulté le 23 juin 2012)
  6. J. A. Barral, Journal d'agriculture pratique, vol. 1, Librairie agricole de la maison rustique,‎ 1859 (lire en ligne), p. 100
  7. Edwards 1994, p. 266-267
  8. Bataille 2008, p. 147
  9. (en) Maurizio Bongianni, Simon & Schuster's Guide to Horses and Ponies, Simon & Schuster, Inc.,‎ 1988 (ISBN 0-671-66068-3), p. 90
  10. Edwards 1994, p. 200
  11. « Musée du cheval », sur Pays de Corlay (consulté le 28 août 2011)
  12. « Protocole d'accord pour l'AQPS nivernais », les Haras nationaux,‎ 5 avril 2007 (consulté le 23 mai 2013)
  13. a et b Tsaag Valren 2013
  14. a et b (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 3 00 - 3 08
  15. (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 3 35 - 3 40
  16. (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 3 38 - 3 45
  17. « Élevage », sur aqps.fr (consulté le 24 mai 2013)
  18. a, b, c, d et e Association des Éleveurs et propriétaires de chevaux AQPS et Patrick Falcone, « Règlement du stud-book français du cheval Autre Que Pur Sang », les Haras nationaux,‎ 1er février 2011 (consulté le 10 septembre 2012) [PDF]
  19. (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 3 25 - 3 35
  20. Véronique Arné et Jean-Marc Zalkind, L'élevage du cheval, Educagri éditions,‎ 2007 (ISBN 2844444431 et 9782844444431), p. 20
  21. « Une race à part », sur AQPS Ouest (consulté le 24 mai 2013)
  22. Pereira 2003, p. 23
  23. a et b « Cercy La Tour, grand centre technique du futur », les Haras nationaux,‎ 14 mai 2009 (consulté le 23 mai 2013)
  24. (en) [vidéo] AQPS National Hunt Horse Racing, From Fields to Racetrack sur YouTube France Sire, 2 35 - 2 50
  25. « AQPS - The french chaser », Association des éleveurs et propriétaires de chevaux AQPS (consulté le 25 mai 2013)
  26. Références – Réseau économique de la Filière Equine, « Conjoncture Filière cheval no 1 », les Haras nationaux,‎ octobre 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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