Armand Joseph Dubernad

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Armand Dubernad

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Signature d'Armand Joseph Dubernad

Nom de naissance Armand Joseph Dubernad
Naissance 23 novembre 1741
Bayonne
Décès 9 mai 1799 (à 57 ans)
Morlaix
Nationalité Française
Profession Négociant avec l'outre-mer, financier, armateur
Autres activités
Consul général du Saint-Empire romain germanique

Armand Joseph Dubernad, né le 23 novembre 1741 à Bayonne et mort le 9 mai 1799 à Morlaix, est un homme d'affaires et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Armand Joseph est le fils légitime du sieur Bernard Dubernad, bourgeois et marchand, et de sa femme Magdelaine Fourcade. Une grande partie de la famille de Dubernad, très puissante à Bayonne, est aussi implantée en Espagne, où ils sont négociants avec l'outre-mer, armateurs, banquiers, diplomates.[réf. nécessaire]

Armand Joseph Dubernad fait des études au collège catholique de Bayonne. Il part très jeune en Andalousie. Il établit des sociétés de commerce entre Morlaix et l'Espagne, notamment Séville. Il contribue ainsi à un certain renouveau de la ville de Morlaix. En 1776-1777, il s'installe à Cadix, port finalement favorisé par le décret de commerce libre, du 12 octobre 1778, supprimant le monopole de Cadix et Séville sur le commerce avec les colonies.

En 1773, son cousin François Cabarrus fait nommer les frères Dubernad comme commissionnaires pour percevoir les fonds de l’emprunt du canal de Murcie[1]. Les deux frères prêtent une partie des douze millions de livres nécessaires au roi d’Espagne. Cette participation au développement économique du pays leur fait croire, à tort, qu’ils vont être traités comme les financiers espagnols.

Son frère, Salvat Dubernad, est Consul du grand-duché de Toscane[2]. Il se marie avec la sœur de la femme d’Armand Joseph Dubernad et ce dernier devient Consul général du Saint-Empire romain germanique[3].

Armand Dubernad est actionnaire de la première maison de commerce à Séville, connue sous la raison sociale Pratmeur-Dubernad et cie. Cette société est dirigée par son frère et ses beaux-frères, les Lannux. En 1777, les activités de Dubernad à Cadix ne font que démarrer. Au niveau de ses maisons de commerce, il multiplie les échanges avec l’Amérique du Sud. Ils développent aussi leurs échanges avec les Indes orientales, la Chine, les Philippines[4]. Mais, les affaires des Dubernad et Lannux ne se limitent pas au négoce avec l’outre-mer.

À la création de la banque nationale de San Carlos, le 2 juin 1782, sur l'initiative de François Cabarrus, les Dubernad achètent de grosses quantités d’actions.

Les frères Dubernad et Lannux, et leurs associés, les Jauréguiberry, créent la Compagnie d’assurances de Cadix. Ils sont des précurseurs[réf. nécessaire], mais leurs affaires qui les mènent désormais en Chine les y obligent[Pourquoi ?]. Ils assurent les risques des bâtiments partant pour la Chine et assurent plusieurs bâtiments qui quittent Lorient ou Marseille et vont soit aux Indes, soit en Chine, ou bien encore ceux qui se rendent en Afrique[5]. Les Dubernad et les Lannux ne font pas la traite des noirs[réf. nécessaire] refusent d’assurer les bâtiments négriers, laissant ces activités à des concurrents comme Mercy et Lacaze.

Armand Joseph Dubernad va continuer à faire des affaires en Espagne, mais contrairement à son cousin François Cabarrus qui devient ministre, il ne vit plus dans ce pays en permanence, et il ne s’est pas marié avec une Espagnole. Il revient à Morlaix.

Armand Joseph Dubernad en revenant d’Andalousie occupe des fonctions importantes dans la principale loge maçonnique de Morlaix, l’École des Mœurs et sera plusieurs fois cité par Augustin Cochin, dans son étude sur Les Sociétés de pensée et la révolution en Bretagne, et par la suite par Henri Stofft et Jean Ségalen[6]. Il est l'un des officiers de cette loge, son orateur[7].

Armand Joseph Dubernad est l'un des négociants les plus influents de la région de Morlaix de 1776 à 1791.[réf. nécessaire] Il devient président du comité du commerce de Morlaix[8]. Puis, en janvier 1783, il devient maire de Morlaix.[réf. nécessaire] Dès qu’Armand Joseph Dubernad est élu maire, il lutte contre Jean-François de La Marche, évêque de Léon et son collègue de Tréguier, Augustin-René-Louis Le Mintier. Dubernad demande, des années avant la Révolution, la suppression des monastères de la ville.

Du 18 août au 25 septembre 1785, messieurs Dubernad, Beau, Varennes, et Le Loup sont désignés par la communauté de Morlaix, pour concourir à la charge de maire, après délibérations. Dubernad est à nouveau maire en de la ville en 1787[9]. En 1788, Armand Joseph Dubernad est le lieutenant du maire, Michel Behic.

Dubernad devient l’un des membres actifs du Club breton. Il est nommé, par l’assemblée des délégués, électeur du second degré et est chargé avec onze autres électeurs d’aller porter le cahier de doléances à l’assemblée de la sénéchaussée, où va avoir lieu le vote pour les députés aux États Généraux.

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Pour dénoncer la mauvaise gestion de la ville et les traîtres, dès 1790, il est le cofondateur de La Société populaire de Morlaix. Cette Société des Amis de la Constitution locale est l’une des premières de Bretagne. Elle s'affilie à la Société mère de Paris, déjà connue sous le nom de Club des Jacobins. Dubernad en est souvent le président.

En octobre 1793, le Léon se soulève de nouveau et menace Morlaix. Dubernad est une cible pour les Chouans en tant que notable républicain et négociants en produits agricoles.

En 1793, Dubernad tente de faire de Morlaix un port corsaire. Il achète des vaisseaux capturés[10], mais ses résultats sont bien modestes. Les corsaires des Dubernad finissent par tomber les uns après les autres aux mains de l’ennemi. La liquidation du Trois Amis ne sera achevée qu'en 1820[11].

La Bourdaisière, avant les destructions dues à un caprice d’Étienne François de Choiseul.

Armand Joseph Dubernad est très riche au début de la Révolution[réf. nécessaire], mais les affaires en Espagne et avec l’outre-mer deviennent difficiles vers l’an II. Il investit dans l'achat, en 1794, du château de La Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire.

Après le 9 Thermidor, dans la nuit du 14 au 15 vendémiaire an IV, une affiche est placardée à Morlaix, le dénonçant comme « aristocrate, royaliste et banquier de Charette. » Elle est signée par le frère du général Moreau et par d’autres anciens prisonniers à peine sortis des geôles révolutionnaires. Cette affiche n’a aucune conséquence.

Armand Joseph Dubernad meurt le 9 mai 1799 à Morlaix, dans sa maison. Il n'est âgé que de 57 ans. Il est presque ruiné du fait du blocus britannique.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Armand Joseph Dubernad épouse Magdeleine Lannux de La Chaume (1759-1820), en 1776. Ils ont quatre enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zylberberg Michel, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France. Études générales, 1993, p.185.
  2. Almanach royal de 1784. Au niveau diplomatique, les consuls de Toscane représentent, en 1784, l’Autriche, et les Autrichiens la Toscane.
  3. Hof und Staats schematismus der Röm. Kaiserl. Auch Kaiserl. Königl. Und erzherzoglichen Haupt und Residenzstadt Wien, J. Gerold, 1802, p.520.
  4. Zylberberg Michel, Georges-Picot Jacques, Carré de Malberg Nathalie, Bonin Hubert, Souvenirs d'une longue carrière: De la rue de Rivoli à la Compagnie de Suez, 1920-1971, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 1993, p.203.
  5. Historia de la vida y reinado de Fernando VII de España, con documentos justificativos, Repullés, Madrid, p. 371.
  6. Augustin Cochin, Les Sociétés de pensée et la révolution en Bretagne (1788-1789), Plon 1925, v.1-2, p.43 et 112 ; Henri Stofft et Jean Ségalen, dans leur biographie : Bouëstard de la Touche ; Médecin, philosophe, franc-maçon et jacobin le citent en deuxième, page 91, après Bouëstard de la Touche.
  7. Un orateur est chargé de surveiller la régularité des travaux conformément aux règlements de l'obédience, de donner des conclusions sur ceux-ci ou de parler au nom de la loge.
  8. Moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle : les papetiers et leurs filigranes en pays de Fougères, Jacques Duval, L'Harmattan, 2005, p.31.
  9. Innovations techniques dans la Marine, 1641-1817: mémoires et projets reçus par le département de la Marine (Marine G 86 à 119) : inventaire analytique, Philippe Henrat, Marion Delhaye, Pierre Schmit, Archives nationales, 1990, p.366.
  10. Les Corsaires français sous la République et l'Empire. Paris, Ledoyen édit, p 388.
  11. Hirrien Jean-Pierre,Corsaires! : guerre de course en Léon, 1689-1815, Éditions Skol Vreizh, 2004, p.287.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]