Aristophil

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Aristophil

Création 1990
Fondateurs Gérard Lhéritier
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Drapeau de France Paris (France)
SIREN 445 214 430
Chiffre d’affaires 170 535 200 (2012)
Résultat net 18 429 700

Aristophil est une société française spécialisée dans la bibliophilie, l’expertise, l’achat et la vente de lettres, livres anciens et manuscrits autographes. Elle a été fondée en 1990 par Gérard Lhéritier qui en est l’actuel président. Aristophil est basée à Paris et à Villeneuve-Loubet.

Activités[modifier | modifier le code]

Aristophil est spécialisée dans :

  • l'acquisition de manuscrits, mis à disposition des chercheurs, des institutions et du public (via le Musée des lettres et manuscrits et le magazine Plume),
  • l'expertise,
  • l'investissement en proposant à tout particulier d’investir dans les lettres et manuscrits, soit en constituant une collection personnelle soit en prenant part à une indivision. Cette dernière peut réunir pour 5 ans plusieurs collectionneurs et investisseurs dans l’acquisition indivise d’une collection.

Historique[modifier | modifier le code]

La société Aristophil est créée à Nice en 1990, sous forme de SARL. Sa principale activité consiste à acheter et vendre des lettres et manuscrits[1]. En 2000, elle s’installe à Villeneuve-Loubet dans des nouveaux locaux, avec une équipe de trois personnes. L’activité est encore confidentielle (moins de 200 collectionneurs). La société commence à fabriquer des produits dérivés (boules de Moulins, autographies…), et à préparer sa première exposition de lettres et manuscrits.

Après trois années de préparation, Aristophil organise en 2003 ses premières expositions « Histoire de Lettres et Lettres d’Histoire » à Cagnes-sur-Mer et à Hyères. Aristophil devient une Société par actions simplifiée (SAS) et s’installe dans de nouveaux locaux à Paris.

L'année suivante, à l’issue de démarches entamées en 1996, Aristophil réussit à acquérir le manuscrit Albert Einstein-Michele Besso, genèse de la théorie de la relativité générale[2]. Toujours en 2004, la société crée le Musée des lettres et manuscrits, rue de Nesle, dans le 6e arrondissement de Paris. Une collection de 500 pièces y est exposée.

En 2005, Aristophil ouvre sa filiale en Belgique, Artesoris, et, en 2006, rachète le magazine Plume, spécialisé dans le patrimoine écrit et le rebaptise Plume-Mag.

En 2008, la société se porte acquéreur chez Sotheby's à Paris, d’un ensemble de manuscrits autographes d’André Breton, le Manifeste du surréalisme et Poisson soluble, accompagnés de sept cahiers d’écriture automatique[3]. En décembre de la même année est organisée l’exposition « L’Aigle et la Plume » aux Invalides à l’occasion de l’achat et du retour en France en France d’une collection de plus de 500 lettres et documents signés de Napoléon, rassemblés à Boston pendant 30 ans par un Américain passionné[4].

En 2009, Gérard Lhéritier achète à un collectionneur américain le manuscrit du testament politique de Louis XVI, écrit la veille de la fuite du roi à Varennes, et qui avait disparu depuis de nombreuses années[5].

En 2010, le Musée des lettres et manuscrits et le siège de la société s’installent au 222 boulevard Saint-Germain, dans des locaux plus vastes[6].

En 2011, Aristophil ouvre le Musée des lettres et manuscrits à Bruxelles[7],[8]. La société acquiert une collection de 313 messages manuscrits de Charles de Gaulle écrits entre 1940 et 1942 depuis Londres et adressés à ses compagnons de la France libre mais également à Churchill ou Staline. Ces messages étaient restés jusqu’alors dans la famille de la responsable de son pool de dactylos, Marie-Thérèse Desseignet, à qui le Général les avait confiés après la guerre[9]. En novembre 2013, la justice confirme la nature d'archives publiques, constatant l'illégitimité de détention par Aristophil de ces documents qui sont remis aux Archives de France[10]. Aristophil ouvre une filiale à Genève[11].

Aristophil acquiert en 2012 deux manuscrits de Napoléon 1er[12] ainsi que la seule lettre écrite en commun par Van Gogh et Gauguin[13]. En 2014, elle se porte acquéreur du manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome, écrit par le marquis de Sade à la Bastille en 1785, pour 7 millions d'euros[2].

En novembre 2014, une enquête est ouverte pour escroquerie en bande organisée et les collections d'Aristophil sont mises sous scellés[14],[15].

Controverses[modifier | modifier le code]

Sur le marché français[modifier | modifier le code]

Dans un contexte où le marché de l'art et des antiquités dispose d’un régime fiscal attractif, Aristophil déclare garantir une augmentation moyenne annuelle d’environ 8 % sur le prix des manuscrits dans lesquels ses clients investissent.

De telles augmentations sont surévaluées pour certains libraires spécialisés[16] (dont le modèle économique est concurrent puisqu’il repose sur la vente et non sur l’investissement de particuliers dans des manuscrits ou des livres anciens). Anne Lamort, présidente du Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM) parle d’un bulle spéculative[17]. Jean-Pierre Rondeau, président de la Compagnie des conseillers en gestion de patrimoine indépendants déconseille formellement à ses adhérents de travailler avec Aristophil[18].

Pour Gérard Lhéritier, PDG d’Aristophil, ces critiques ne prennent pas suffisamment en compte l’évolution à long terme du marché des manuscrits et des livres anciens[19] dont l’expansion et la valeur devraient continuer dans un monde tout numérisé (et donc sans plus de nouveaux manuscrits contemporains)[20].

Sur le marché belge[modifier | modifier le code]

En 2012, la justice belge ouvre une enquête à l'encontre de la société qu'elle soupçonne de fonctionner en système pyramidal. Les locaux bruxellois d'Aristophil font l'objet d'une perquisition le 6 novembre. Pour Jean-Jacques Daigre, conseiller juridique de la société, « tout cela n’a aucun début de justification » et s'explique par une plainte déposée par la société contre une ancienne administratrice, soupçonnée de détournements de fonds[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]