Atara Marmor

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Atara Marmor (Betty, Anne, Atara Marmor née Feuerwerker) est une historienne française (Clairvivre (Salagnac), Dordogne, 3 septembre 1943Bet Shemesh, Israël, 21 septembre 2003).

Biographie[modifier | modifier le code]

Atara Marmor est née à Clairvivre (Salagnac, en Dordogne(. Elle est la fille du rabbin David Feuerwerker et de Antoinette Feuerwerker. Elle est l'aînée de 6 enfants, tous nés à Paris XVIe, sauf elle, qui naquit durant la Seconde Guerre mondiale.

À l'époque de sa naissance, son père est officiellement le rabbin de Brive-la-Gaillarde et des trois départements voisins.

Son père, averti en 1944 de son imminente arrestation par la Gestapo, grâce à une filière de la Résistance, se réfugie en Suisse, son pays natal, pour les six derniers mois de la guerre. Sa mère reste avec elle en France. Elle avait d'avance prévu un refuge. Lorsque le jour vint où elle demanda d'être hébergée avec son bébé, il lui fut répondu que « C'était trop dangereux ! ». Sans alternative, Antoinette Feuerwerker trouve un accueil dans un couvent catholique. La mère et la fille ont alors seulement droit à une cellule et se nourrissent de pommes de terres et d'eau[1].

À la Libération, le rabbin David Feuerwerker devient le Grand Rabbin de Lyon, et avec sa femme il travaille à la reconstruction du judaïsme français. Atara vit donc à Lyon, de 1944 à 1946, en habitant avec ses parents, quai Tilsit.

En 1946, le rabbin David Feuerwerker est élu rabbin de Neuilly-sur-Seine. Ils habitent au 12, rue Ancelle. Atara va être mêlée à l'épopée de l'Exodus. En effet, l'argent destiné à ce transport illégal est confié à Antoinette Feuerwerker. Ce sont des lingots d'or. À l'époque, des particuliers n'avaient pas le droit d'en posséder. Antoinette Feuerwerker cherche un endroit où les cacher, avant de les retourner à leur destination. Elle choisit de les placer, à l'insu de son époux, sous son lit. Son raisonnement est que personne ne le soupçonnera. Atara un jour joue sur le sol, et sous le lit aperçoit le trésor. Sa mère lui dit, « Ce sont des boutons d'or », afin que si l'enfant parle, la nouvelle ne s'ébruite pas.

En 1948, le rabbin David Feuerwerker devient le rabbin de la Synagogue des Tournelles et la famille habite au 14, place des Vosges, au cœur du Marais, jusqu'en 1966. Atara fait ses études secondaires à Paris, notamment au Lycée Victor-Duruy et au Lycée Fénelon.

Elle fait adolescente un long séjour aux États-Unis[2], ou elle apprend l'anglais. Elle passe un an à Mansfield, dans l'Ohio, demeurant chez le Rabbin Harstein et sa famille[3]. Elle s'initie à la vie américaine. Elle termine son diplôme de High School à Mansfield.

Puis elle séjourne à New York. L'épouse du Rabbin de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, la Rebbetzin Chaya Mushka Schneerson, lui fait visiter la métropole américaine.

Elle étudie à New York au Stern College de la Yeshiva University.

Lorsque le doyen des poètes français, André Spire décède en 1966, c'est au rabbin David Feuerwerker qu'il revient de conduire les funérailles. La famille d'André Spire demande des funérailles intimes dans son petit village hors de Paris, et demande que Atara, l'amie de la fille des Spire, Marie-Brunette, soit présente[4]. Elle le sera.

Lorsque sa famille s'installe à Montréal, au Québec, Atara étudie la sociologie à l'Université de Montréal. Elle fait ensuite une thèse de maîtrise en histoire en 1976 sur L'Histoire des mentalités : le concours de l'Académie de Metz dans les trois évêchés en 1785-1787-1788[5].

Elle entreprend alors des années de recherche pour un doctorat en histoire de l'architecture sur le célèbre architecte Ludwig Mies van der Rohe et l'école du Bauhaus.

Dès son jeune âge elle s'intéresse à la musique (elle suit des cours particuliers de violon avec Monsieur Abraham Bourlinski[6], qui lui offrira un violon qui l'accompagnera au cours de sa vie[7]).

Elle aime peindre. De sa chambre donnant sur la place des Vosges, elle peint des natures mortes ou la place Royale[8].

Plus tard, une fois mariée à Murray Marmor, un pharmacien de Montréal, féru d'art, elle deviendra experte en art et peinture. Les Marmor, des collectionneurs de tableaux de maîtres[9] prêteront à des Musées certains de leurs chef-d'œuvres ou feront des dons[10].

Atara et Murray Marmor ont deux enfants : Gila France et Schelomo.

En visite chez sa fille à Ramat Bet Shemesh (Israël), à l'âge de 60 ans, subitement la veille de la fête de Succot, le 21 septembre 2003, elle est décédée et est enterrée à Bet Shemesh. Elle venait de prendre la décision avec son époux de monter (faire Aliya) en Israël.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir The Jewish Press, New York, 14 juillet 2006, p. 5
  2. Son premier séjour dans un pays anglophone
  3. Deborah Harstein, l'épouse du Rabbin, est une sœur de David Feuerwerker.
  4. Une des volontés de André Spire avait été de demander qu'un peu de terre d'Israël soit déposé dans son cercueil, ce qui fut fait.
  5. Histoire des mentalités: le concours de l'Académie de Metz dans les trois évêchés en 1785-1787-1788/par Betty-Anne-Atara Feuerwerker-Marmor, Université de Montréal, 1976.
  6. Ce professeur de violon - 1er violon au concert colonne - était venu de Russie en France, à pied, payant ses frais, durant son long périple, en jouant de son instrument. Pendant des années, Monsieur Bourlinski sonnera le Chofar à la Synagogue Chasseloup-Laubat avant de donner le relais à Hillel Feuerwerker.
  7. Elle l'emportera pour son premier séjour aux États-Unis.
  8. Sa jeune sœur Natania s'étant proposée d'être sa représentante demande à une personne si elle serait prête a acheter un tableau (fraîchement) peint d'Atara, la personne demande : « Est-ce que l'artiste est toujours vivante ? ». Vu la réponse affirmative, la personne déclina. La carrière commerciale de peintre en prit un coup. L'artiste décida d'offrir ses œuvres à des amis ou parents. Mais le « virus » de la peinture ne la quitta pas.
  9. Leur maison à Westmount était un musée privé.
  10. Musée national des beaux-arts du Québec. Rapport Annuel 2003-2004.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • The Rebbetzin Chaya Mushka Schneersohn. À Brief Biography. Merkos L'Inyonei Chinuch: New York, 1999, 2004. (ISBN 0-8266-0101-4)
  • Catherine Poujol. David Feuerwerker, Rabbin, Résistant, Enseignant, Historien. Archives Juives, Paris, 2002.
  • Elie Feuerwerker. Uris and 'Exodus' made an impact. The Jewish State (New Jersey), July 11, 2003/11 Tammuz 5763, p. 4.
  • Elie Feuerwerker. Potatoes. Letter to the Editor. The Jewish Press, New York, Friday, July 14, 2006, p. 5.