Alexey Titarenko

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Alexey Titarenko
Алексей Титаренко

Nom de naissance Alexey Viktorovich Titarenko
Naissance 25 novembre 1962
Léningrad, URSS
Nationalité Drapeau de Russie Russe
Drapeau des États-Unis Américain
Activité principale

Alexey Viktorovich Titarenko (en russe : Алексей Викторович Титаренко ; né à Léningrad, URSS, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, Russie le 25 novembre 1962) est un photographe et artiste russe, naturalisé américain en 2011.

Alexey Titarenko. Saint Petersburg, 1992, de la série d'images "La Cité des Ombres."

Biographie[modifier | modifier le code]

À l’âge de 15 ans, il devient le plus jeune membre du photo-club indépendant Zerkalo [Miroir]. Il est diplômé de la Faculté des Arts Cinématographiques et Photographiques de l’Institut de la Culture à Léningrad[1]. Influencé par l'avant-garde russe, l'œuvre de Kasimir Malevitch, Alexandre Rodtchenko et le mouvement Dada (début du XXe siècle). Sa série de collages et de photomontages intitulée "La Nomenklatura des Signes" (exposée pour la première fois en 1988 à Léningrad) est un commentaire sur le régime communiste comme système oppressif qui transforme ses citoyens en simple signes[2],[3],[4],[5]. En 1989, "La Nomenklatura des Signes" est intégrée à la célèbre exposition itinérante Photostroika, qui présente la nouvelle photographie soviétique dans plusieurs villes des États-Unis[6].

Pendant et après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991-1992, il produit plusieurs séries de photographies sur la condition humaine et la souffrance des gens ordinaires vivant sur sa territoire durant cette période et à travers le vingtième siècle. Pour ces séries, il crée des métaphores puissantes en introduisant la technique des poses longues (parfois avec le mouvement intentionnel de l'appareil photo pendant la prise de vue) dans la photographie de rue afin d’illustrer les liens entre le présent et le passé. C'est surtout la façon, comment il utilise une longue exposition que de nombreuses sources soulignent comme son innovation la plus importante. John Bailey dans son essai sur Garry Winogrand et Alexey Titarenko a mentionné que "L'un des obstacles avait été une exposition de lui-même et la réaction des gens à lui incluse dans l'image." [7],[8],[9],[10],[11]

La série la plus célèbre de cette période est "La Cité des Ombres", dont les paysages urbains rappellent la scène des marches de l'escalier monumental d’Odessa (aussi connu comme le Primorsky ou l'escalier Potemkine) dans le film Le Cuirassé Potemkine de Sergei Eisenstein[12]. Inspiré par la musique de Dmitri Chostakovitch et les romans de Fiodor Dostoïevski, il a également traduit la vision dostoïevskienne de l’âme russe dans des images tantôt poétiques, tantôt dramatiques de sa ville d’origine, Saint-Pétersbourg[13],[14],[15],[16],[17].

Avec le film d'Alexandre Sokourov (2002) L'Arche Russe, l'exposition "La Cité des Ombres" (qui inclut maintenant les photographies du milieu et de la fin des années 1990, inspirées par les romans de Dostoïevski) avais fait partie du programme pour célébrer le 300ème anniversaire de la ville russe de Saint-Pétersbourg aux États-Unis: "Ce qu'il advient de rêve du Pierre le Grand? Saint-Petersbourg dans l'Histoire et des Arts." (Clifford Symposium, 2003, Middlebury, VT, USA)[18] L'Arche Russe et "La Cité des Ombres" ont une similitude: les deux sont basés sur l'innovation expérimentale: Alexandre Sokourov fait son film en utilisant un seul plan séquence de 96 minutes et Titarenko une exposition long de plusieurs minutes pour certaines de ses photographies[19].


Les tirages photographiques de Titarenko sont subtilement conçue dans la chambre noire. La technique de blanchiment (affaiblissement) et de virage ajoutent de la profondeur à sa palette nuancée de gris, ce qui rend chaque épreuve une interprétation unique de son expérience, en empreignant son travail d'un caractère visuel personnel et émotif. Cette beauté particulière de style a été soulignée lors de l'exposition de ses œuvres dans J.Paul Getty Museum of Fine Arts (Los Angeles, mai - Octobre 2011)[20].

Comme elle a été jadis pour Man Ray ou Maurice Tabard, la solarisation est un autre outil de création de Titarenko. Mais contrairement à ses prédécesseurs, il expose le papier photographique à la lumière dans le révélateur principalement sur les marges et de manière si subtile, que ça crée un gris argenté très particulier, une sorte de "voile", une "atmosphère" qui est très caractéristique de son style. Néanmoins, afin de souligner les aspects dramatiques de la série "La Cité des Ombres" il utilise parfois un effet plus prononcé de la solarisation, appelé les "lignes Mackie."[21]

Dans des nombreuses interviews, conférences, livres, deux documentaires que la chaîne de télévision franco-allemande ARTE a produit en 2004 et 2005 (le second dans la série L'Art et la Manière) et diffusé plusieurs fois; par la façon même qu'il crée ses expositions, Titarenko défend une vision particulière d'artiste et d'Art, proche de celle de Marcel Proust, liée à la littérature, la poésie et la musique classique (en particulier celle de Dmitri Chostakovitch), se démarquant très nettement des tendances qui se développent aujourd'hui entre autres à Moscou[22].

En 2010 Alexey Titarenko vit et travaille à New York comme artiste et photographe indépendant. Il est devenu un citoyen américain en 2011 et selon l'article paru dans le magazine new-yorkais "Art News" en 2014, il s'y est installé de façon permanente[23],[24].

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Alexey Titarenko, Alexei Titarenko : Toulouse, 21 juin-4 septembre 2000, Toulouse, Galerie municipale du château d'eau,‎ 2000 (ISBN 2913241204)
  • Alexey Titarenko, City of shadows, St. Petersburg, Russia, ART Tema,‎ 2001 (ISBN 5942580057)
  • Alexey Titarenko, Alexey Titarenko, photographs, New York, N. Alexander,‎ 2003 (ISBN 0974399108)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la photographie, Paris, Éditions Larousse,‎ 1998 (ISBN 978-2-035-11335-1, OCLC 467653675), p. 629
  2. (en) William Meyers, « Alexey Titarenko's Venetian style. », Wall Street Journal,‎ 24 avril 2008
  3. (en) Martha Schwendener, « A City's artistic rebellion. Photographs and other works that pushed boundaries in late-cold-war Leningrad. », New York Times,‎ 2 juin 2013
  4. (en) « Underground Russian photography 1970s-1980s », The New Yorker magazine,‎ 19 mars 2012
  5. (en) William Meyers, « Shades of Reality. Underground Russian photography in 1970s-1980s », Wall Street Journal,‎ 10-11 mars 2012
  6. Richardson, Nan; Hagen Charles (1989)."Photostroyka: New Soviet Photography" Aperture, 1989, ISBN 0-39381-410-6, Library of Congress Catalog Card No.: 5830845
  7. Pollack, Barbara. "Alexey Titarenko." Art News, April 2010, page 108
  8. (en) Angela Belt, The elements of photography : understanding and creating sophisticated images, Amsterdam Boston, Focal Press,‎ 2008, 200-205 p. (ISBN 978-0-2408-0942-7, OCLC 857426396)
  9. (en) William, « A Master of Technique. », Wall Street Journal,‎ 13–14 mars 2010
  10. (en) Sophie Howarth et Stephen McLaren, Street photography now, London New York, Thames & Hudson,‎ 2010, 199-201 p. (ISBN 978-0-500-28907-5)
  11. (en) Leah Ollman, « Russian Photos Trace Images of Mortality and Memory », Los Angeles Times,‎ 3 août 2001
  12. (en) Ferdinand Protzman, Landscape : photographs of time and place, Washington, D.C, National Geographic,‎ 2003, 167 p. (ISBN 978-0-792-26166-7, OCLC 52878699), p. 84-86
  13. Glueck, Grace "Northern Light." New York Times, New York, March 24, 2006
  14. Guerrin, Michel. "Alexey Titarenko, clair-obscure." Le Monde, Paris, 22 février, 2003
  15. Bouruet-Aubertot, Veronique "La Cité des Ombres." Beaux Arts magazine, Paris, février 2003
  16. A.-D. Bouzet. "Saint Petersburg en Ombre et Blanc." Liberation, Paris, 21 juillet 2002
  17. Aidan Dunne. "Camera in a City of Shadows." Irish Times, Dublin, May 05 , 2007
  18. Diane E. Foulds. "Revisiting the world of the Romanovs." Boston Sunday Globe, Boston, November 2, 2003
  19. Higgins, Jackie. "The World Atlas of Street Photography." Yale University Press, New Haven and London, 2014, pages 226-229, ISBN 978-0-300-20716-3, (LCCN 2014940105)
  20. Johnson, Reed. "Cuba under the lens at the Getty Museum." Los Angeles Times, mai 27, 2011
  21. Hugues, Sylvie "Alexey Titarenko, esthetique et documentaire." Reponse Photo magazine n.132, Paris, France, mars 2003, page 80-89
  22. Gabriel Bauret, Aspects de la photographie russe, Nice, France, Éditions Gilletta,‎ 1999 (ISBN 978-2-9035-7439-0, OCLC 44908872), p. 86,130-133, 151
  23. (en) Rebecca Robertson, « Bringing Shadow to Life. Alexey Titarenko », Art News, USA, New York City,‎ juin 2014, p. 54-57
  24. (en) Susan Burnstine, « Connection American », Black&White photography magazine, United Kingdom,‎ juin 2010, p. 20-21

Liens externes[modifier | modifier le code]

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