Électre (Euripide)

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Électre (en grec ancien Ἠλέκτρα / Êléktra) est une tragédie grecque d'Euripide, sans doute écrite dans le milieu des années 410 av. J.-C.. Le thème de cette pièce est le seul thème sur lequel nous avons conservé les pièces des trois grands tragiques, les deux autres étant Les Choéphores d'Eschyle (qui est cependant axée sur le personnage d'Oreste) et l'Électre de Sophocle[1].

Transmission[modifier | modifier le code]

L'Électre fait partie des pièces dites « alphabétiques », probablement issues d'une édition complète d'Euripide classant les pièces par ordre alphabétique, et qui ne sont connues que par deux manuscrits[2].

Résumé[modifier | modifier le code]

Électre, mariée à un laboureur, vit loin de la vie de palais, digne fille d'Agamemnon. Au retour d'Oreste à Argos, parti en exil depuis son plus jeune âge, tous deux décident de venger le meurtre de leur père Agamemnon en tuant leur mère Clytemnestre et son amant Égisthe qui règnent sur Argos. La scène se passe devant la maison d'Électre, où elle vit avec son époux, un simple laboureur (cette originalité du mariage entre classes sociales opposées se retrouve également dans la réécriture du mythe par Jean Giraudoux, œuvre dans laquelle Électre est destinée à épouser le jardinier du palais) qui respecte sa condition de princesse au point de n'avoir pas consommé le mariage. C'est devant la chaumière qu'Oreste, rencontre Électre. C'est l'ancien précepteur du jeune homme qui le reconnait, grâce à une blessure à l'arcade qu'il aurait eu enfant. Oreste part alors pour tuer Égisthe, qui est à la campagne pour exécuter un sacrifice aux dieux. Ce dernier ne reconnait pas Oreste, l'invite à partager le festin qui suit le sacrifice: la situation se retourne puisque c'est Égisthe qui sera tué. De son côté, Électre attire sa mère chez elle en inventant un accouchement récent  : elle révèle par là son désir inconscient d'enfant et n'hésite pas à se servir de la faiblesse de sa mère. Oreste rentre avec la tête d'Égisthe, et tue sa propre mère en maudissant son acte. Les Dioscures (Castor et Pollux) leur apparaissent sous une forme divine et les invitent à expier le matricide fraîchement commis en quittant leur patrie commune. Oreste est convié à entreprendre un pèlerinage jusqu'à Athènes où il lui est prédit qu'il vivra des jours heureux. Sur le chemin, il devra impérativement faire juger son crime sur la Colline d'Arès. Un suffrage égal, qui lui est assuré, le prémunira contre un châtiment mortel, son crime ayant avant tout été dicté par les oracles d'Apollon. Électre, libérée d'un mariage non consommé, est quant à elle promise à Pelade, fidèle compagnon d'Oreste et le suivra dans ses demeures. Frère et sœur ne se reverront jamais.

Datation[modifier | modifier le code]

La pièce, qui fait allusion à l'expédition de Sicile aux vers 1347 et suivants[note 1], est datée de 413 av. J.-C.[3].

Avant ou après Sophocle ?[modifier | modifier le code]

On considère habituellement que l'Electre d'Euripide arriva après celle de Sophocle

Parodie d'Eschyle[modifier | modifier le code]

La tragédie est célèbre pour sa réécriture de la scène de reconnaissance entre Oreste et Électre, dans laquelle Euripide parodie Eschyle[4]. Cependant, il ne faut pas y voir une volonté de le tourner en ridicule, ni une critique littéraire d'une grande profondeur : Euripide, qui fait preuve ici de mauvaise foi en inventant des éléments qui ne se trouvaient pas chez son prédécesseur, ne cherchait sans doute guère plus qu'à faire sourire son public[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline de Romilly, La modernité d'Euripide, Paris,‎ 1986

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Pour nous, nous allons en grande hâte sur la mer de Sicile, où s'avancent les proues des nefs que nous devons sauver ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Électre » (consulté le 20 mai 2012).
  2. « Euripide : le destin de l'œuvre » (consulté le 20 mai 2012).
  3. Euripide 1925, p. 189.
  4. Suzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier Cycle »,‎ 1997 (ISBN 2130482333 et 978-2130482338).
  5. Euripide 1925, p. 184-186.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]