Élections législatives tchèques de 2006

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Élections législatives tchèques de 2006
  
64,47 %
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Législature élue
IVe

Les élections législatives tchèques de 2006 (Volby do Poslanecké sněmovny Parlamentu České republiky 2006) se sont tenues les 2 et , afin d'élire les deux cents députés de la cinquième législature de la Chambre des députés (Poslanecká sněmovna) pour un mandat de quatre ans.

Le Parti démocratique civique (ODS), dans l'opposition depuis 2002, est arrivée en tête, sans remporter la majorité absolue, tandis que droite et gauche obtenaient chacune exactement la moitié des sièges à pourvoir.

Contexte[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives des 14 et 15 juin 2002, le Parti social-démocrate tchèque (ČSSD), au pouvoir depuis 1998 et dirigé, depuis 2001, par le ministre du Travail, Vladimír Špidla, était arrivé en tête avec 70 députés et 30,2 % des voix. Le Parti démocratique civique (ODS), du président de la Chambre, Václav Klaus, avait échoué à reprendre le pouvoir en ne remportant que 24,4 % des suffrages exprimés, soit 58 sièges.

Maintenant sa position de refus de gouverner avec le Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM), issu du Parti communiste tchécoslovaque (KSČ), troisième du scrutin avec 18,5 % des voix et 41 élus, le ČSSD avait préféré s'allier avec la coalition électorale regroupant l'Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL) et l'Union de la liberté-Union démocratique (US-DEU), dernière force représentée à la Chambre, ayant recueilli 14,2 % des voix et 31 députés, ce qui donnait au gouvernement une majorité de 101 sièges sur 200.

En 2003, bien que minoritaire au Parlement, l'ODS parvient à faire élire son fondateur, Václav Klaus, à la présidence de la République, profitant des dissensions au sein de la coalition gouvernementale. À la suite de la lourde défaite de sa formation aux élections européennes de 2004, Špidla avait remis sa démission au profit du ministre de l'Intérieur, Stanislav Gross, remplacé dès 2005 par Jiří Paroubek, après avoir été mis en cause dans un scandale immobilier.

Partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Formation Chef de file Idéologie Score en 2002
Parti social-démocrate tchèque
Česká strana sociálně demokratická
Jiří Paroubek
(Président du gouvernement)
Centre-gauche
Social-démocratie, socialisme démocratique,
keynésianisme
30,2 % des voix
70 députés
Parti démocratique civique
Občanská demokratická strana
Mirek Topolánek Droite
Libéralisme économique, conservatisme,
euroscepticisme
24,4 % des voix
58 députés
Parti communiste de Bohême et Moravie
Komunistická strana Čech a Moravy
Vojtěch Filip Gauche
Socialisme, néocommunisme
18,5 % des voix
41 députés
Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque
Křesťanská a demokratická unie - Československá strana lidová
Miroslav Kalousek Centre-droit
Conservatisme, démocratie chrétienne
14,2 % des voix (coalition)
23 députés
Union de la liberté-Union démocratique
Unie svobody - Demokratická unie
Pavel Němec
(Ministre de la Justice)
Centre-gauche
Libéralisme, social-libéralisme
14,2 % des voix (coalition)
8 députés
Parti vert
Strana zelených
Martin Bursík Écologisme 2,36 % des voix
0 députés

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Formation Suffrages Députés
Voix  % +/- Sièges +/-  %
Parti démocratique civique (ODS) 1 892 475 35,38 % en augmentation 10,91 81 en augmentation 23 40,5 %
Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) 1 728 827 32,32 % en augmentation 2,12 74 en augmentation 4 37,0 %
Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM) 685 328 12,81 % en diminution 5,70 26 en diminution 15 13,0 %
Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL) 386 706 7,22 % N/A 13 en diminution 10 6,5 %
Parti vert (SZ) 336 487 6,29 % en augmentation 3,93 6 en augmentation 6 6,0 %
Union de la liberté-Union démocratique (US-DEU) 16 457 0,30 % N/A 0 en diminution 8 0,0 %
TOTAL (participation : 64,47 %) 5 146 280 94,32 % N/A 200 N/A 100,0 %

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec un recul global de quatorze sièges, alors que le principal parti d'opposition progresse de vingt-trois députés, la coalition gouvernementale sortante est clairement sanctionnée. Toutefois, cette sanction porte sur les partenaires minoritaires du ČSSD, l'US-DEU étant même exclue de la Chambre avec un score extrêmement faible. Les sociaux-démocrates, même s'ils progressent et retrouvent leur niveau de 1998, perdent leur première place, au profit de l'ODS, qui obtient son meilleur score depuis sa création, et réalise la meilleure performance pour un parti aux élections législatives tchèques. Le recul se révèle également très fort pour le KSČM, qui parvient à se maintenir à la troisième place des forces politiques. Enfin, pour la première fois depuis 1990, le SZ dépasse le seuil des 5 % et accède donc à la Chambre des députés. Toutefois, l'addition des scores des partis de gauche leur accorde 100 députés, tandis que les formations identifiées à droite en réunissent 94.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Prenant acte de l'arrivée en tête de l'ODS, le président Václav Klaus nomme, le 16 août, deux mois et demi après les élections, Mirek Topolánek président du gouvernement. Il propose, le 4 septembre suivant, un gouvernement formé de membres de l'ODS et d'indépendants. Le 3 octobre, il perd le vote de confiance à la Chambre, avec 99 voix contre et 96 voix pour. Il est toutefois reconduit, le 8 novembre, et entame des négociations avec la KDU-ČSL et le SZ, qui aboutissent le . Il se soumet, dix jours plus tard, à un nouveau vote d'investiture, qu'il remporte par 100 voix pour et 97 voix contre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]