Élection présidentielle tchèque de 2013

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Élection présidentielle tchèque de 2013
Miloš Zeman 2012-12-03 cropped.jpg
Miloš Zeman – SPOZ
Voix 2 717 405
  
54,81 %
Karel Schwarzenberg on June 2, 2011.jpg
Karel Schwarzenberg – TOP 09
Voix 2 241 171
  
45,19 %
Président
Sortant
Élu

L'élection présidentielle tchèque de 2013, cinquième élection présidentielle de la République tchèque et première au suffrage universel direct, est un scrutin visant à élire le troisième président de la République tchèque pour un mandat de cinq ans. Neuf candidats se présentent aux suffrages des Tchèques. Le premier tour de scrutin se tient les 11 et 12 janvier 2013 et le second tour les 25 et 26 janvier.

Conformément à la Constitution, le président de la République sortant, Václav Klaus, ne peut concourir à ce scrutin après avoir exercé deux mandats consécutifs.

La première élection présidentielle directe[modifier | modifier le code]

Le château de Prague, résidence officielle du président de la République tchèque.

Depuis 1993, le président de la République tchèque, chef de l'État, était élu au suffrage universel indirect. Les deux Chambres du Parlement, la Chambre des députés et le Sénat, se réunissaient tous les cinq ans, dans le dessein d'élire le président de la République.

La République tchèque a été présidée par deux hommes : l'écrivain Václav Havel (1993-2003), puis l'ancien président du gouvernement, Václav Klaus (depuis 2003).

Longtemps, le mode de scrutin présidentiel est resté controversé, certains parlementaires ayant proposé d'élire le président de la République à main levée lors de la convocation des Chambres, d'autres plaidant pour une élection présidentielle directe, au cours de laquelle les citoyens seraient conviés à élire le chef de l'État.

Lors des élections législatives de mai 2010, Petr Nečas, président de l'ODS, proposa, dans son programme, la modification du mode de scrutin relatif à l'élection du président de la République. La mesure, adoptée en octobre 2012 par les deux Chambres du Parlement, a été sévèrement critiquée par le chef de l'État sortant, Václav Klaus, convaincu que cette initiative, « erronée » ne serait qu'une « erreur fatale », le président élu ayant été « désigné par les médias », un choix qui serait, par la suite, « approuvé par le Peuple ».

Candidats[modifier | modifier le code]

Un candidat à l'élection présidentielle tchèque peut concourir au scrutin s'il parvient à recueillir 50 000 signatures de citoyens tchèques, ou le parrainage de 20 députés ou 10 sénateurs. Les signatures et parrainages doivent être présentés 66 jours avant le premier tour de scrutin.

Au 19 novembre 2012, le scrutin comptait neuf candidats, déclarés aptes à concourir à l'occasion de l'élection présidentielle :

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Étiquette 1er tour
(Participation : 61,31 %)
2e tour
(Participation : 59,11 %)
Voix  % Voix  %
Miloš Zeman SPOZ 1 245 848 24,21 % 2 717 405 54,80 %
Karel Schwarzenberg TOP 09 1 204 195 23,40 % 2 241 171 45,19 %
Jan Fischer Indépendant 841 437 16,35 %
Jiří Dienstbier ČSSD 829 297 16,12 %
Vladimír Franz Indépendant 351 916 6,84 %
Zuzana Roithová KDU–ČSL 255 045 4,95 %
Táňa Fischerová SZ 166 211 3,23 %
Přemysl Sobotka ODS 126 846 2,46 %
Jana Bobošíková SUVERENITA 123 096 2,39 %
TOTAL 5 143 966 99,95 % 4 958 576 99,99 %

Premier tour[modifier | modifier le code]

Comme les sondages l'annonçaient depuis le mois de décembre 2012, l'ancien président du gouvernement social-démocrate, Miloš Zeman, arrive en tête du premier tour. Il est suivi du premier vice-président du gouvernement et ministre des Affaires étrangères, le conservateur libéral Karel Schwarzenberg, ce qui constitue une surprise puisque le chef de la diplomatie n'a jamais percé dans les enquêtes d'opinion.

Classé troisième, l'indépendant Jan Fischer, à la tête d'un gouvernement de technocrates entre mai 2009 et juin 2010, échoue à accéder au second tour, alors qu'il était l'un des favoris du scrutin. Il est même talonné par le candidat des sociaux-démocrates, Jiří Dienstbier. Parmi les autres prétendants, seul Vladimír Franz, artiste tatoué sur l'ensemble du corps, réussit à franchir la barre des 5 % des suffrages exprimés.

Au lendemain du scrutin, le ČSSD et le Parti communiste de Bohême et Moravie, qui n'a pas de candidat, déclarent appuyer Zeman. Schwarzenberg reçoit, pour sa part, le soutien de Zuzana Roithová et Přemysl Sobotka. Fischer, qui ne rallie aucun des deux qualifiés, fait tout de même savoir qu'il se sent plus proche du ministre des Affaires étrangères que du vainqueur du premier tour. Mais, à la suite des déclarations de ce dernier sur les décrets Beneš, il déclare qu'il ne votera pas pour Schwarzenberg.

Second tour[modifier | modifier le code]

Après une campagne marquée par des attaques personnelles et partisanes, Miloš Zeman, un « vétéran de la gauche tchèque » tel qu'il est présenté par les médias nationaux et européens, remporte le premier scrutin présidentiel direct, devenant ainsi le troisième président de la République tchèque depuis la Révolution de velours, derrière Václav Havel et Václav Klaus, tous deux élus par le Parlement.

Défait, Karel Schwarzenberg, pourtant soutenu par une bonne partie du milieu culturel national, reconnaît la victoire de son concurrent.

Liens externes[modifier | modifier le code]