Vingt Ans après

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Vingt Ans après
Image illustrative de l’article Vingt Ans après
La Grande Mademoiselle.

Auteur Alexandre Dumas
avec la collaboration d'Auguste Maquet
Pays France
Genre Roman historique
Éditeur Baudry
Date de parution 1845
Série Trilogie des Mousquetaires
Chronologie

Vingt Ans après est la suite qu'Alexandre Dumas donne à partir de 1845 aux Trois Mousquetaires. Le caractère des personnages principaux y est beaucoup plus développé que dans le premier livre. De nouveaux personnages font leur apparition, comme Raoul, fils adoptif d’Athos aussi appelé le Vicomte de Bragelonne, ou encore Mordaunt, le fils de Milady de Winter. L'histoire se déroule cette fois durant la Fronde et les intrigues entre puissants se jouent cette fois entre Mazarin, Cromwell et Charles Ier.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le Fantôme de Richelieu[modifier | modifier le code]

D’Artagnan a vu ses amis quitter la compagnie des mousquetaires après la campagne de La Rochelle, et n’est pas monté en grade depuis. Il a vieilli, et est désabusé par sa condition ainsi que par Mazarin qu’il n’apprécie pas. Néanmoins, ce dernier, cherchant des serviteurs puissants dans cette Fronde qui vient de commencer, redécouvre D’Artagnan et ses anciens exploits grâce au duc de Beaufort (enfermé à Vincennes depuis son complot) et l’invite à reformer la bande des Quatre Mousquetaires qui avait tant fait sous Richelieu.

D’Artagnan rend donc visite à ses trois amis. Aramis – devenu l’abbé d’Herblay – et Athos – devenu Comte de la Fère – refusent car ils soutiennent les princes révoltés ; mais Porthos – devenu M. Porthos du Vallon de Bracieux de Pierrefonds – accepte, car il veut ériger en baronnie une de ses terres. Lors de la visite à Athos, D’Artagnan rencontre le personnage éponyme du dernier cycle des Mousquetaires, le vicomte Raoul de Bragelonne, fils d’Athos et de la duchesse de Chevreuse.

Les 40 moyens d’évasion du Duc de Beaufort[modifier | modifier le code]

Lorsque d’Artagnan rend visite à Athos, il s’aperçoit que Grimaud n’est pas là – ce dernier a en effet intégré la prison du donjon de Vincennes où est enfermé le duc de Beaufort. Il y est devenu adjoint de la Ramée, lui-même adjoint de Chavigny, le directeur de la prison. Grimaud, par son silence et sa sévérité feinte envers le duc, gagne la confiance de la Ramée et permet ainsi l’évasion du prisonnier. Néanmoins, Mazarin, informé à temps de l’évasion, envoie d’Artagnan et Porthos à ses trousses. Après une première escarmouche réussie, les deux compagnons rencontrent deux adversaires ; mais rapidement les armes tombent de leurs mains, car il s’agit d’Aramis et d’Athos. D’Artagnan et Porthos se rendent donc et rentrent à Paris pour annoncer la fuite du duc de Beaufort à Mazarin. Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan se donnent rendez-vous sur la place Royale ; et, après un duel arrêté par Athos et sa grandeur, les quatre amis se réconcilient à l’auberge L’Ermitage.

La Fronde ne cesse pour autant, et ses chefs (Beaufort, Longueville, le coadjuteur de Retz, les parlementaires de Paris) se rassemblent. L'arrestation du parlementaire Broussel met le feu aux poudres ; les frondeurs organisent des barricades pour empêcher la libre circulation de la famille royale et demander le départ de Mazarin. Planchet, Rochefort et un mendiant nommé Maillard sont les principaux chefs des émeutiers.

Le fils de Milady et la fuite du roi à Saint-Germain[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps-là, Grimaud a rejoint Raoul à la guerre afin de l’assister comme il assistait Athos autrefois. Mais un événement le force à retourner auprès de son maître : l’assassinat du bourreau de Lille par le fils de Milady, déguisé en prêtre. Il l’annonce alors aux quatre amis qu’il trouve à L’Ermitage. Athos et Aramis sont ensuite sollicités auprès de la reine d’Angleterre, par l’entremise de Lord de Winter, pour secourir le roi Charles menacé par Cromwell. En route vers l’Angleterre, ils rencontrent à Boulogne le fils de Milady, qui découvre en eux les meurtriers de sa mère, et envoient une recommandation à d’Artagnan et Porthos de s'en méfier (voire de le tuer), leur donnant son pseudonyme : Mordaunt.

D’Artagnan et Porthos reçoivent cette lettre à Saint-Germain, où le roi, Mazarin et la reine ont fui – le tout grâce à d’Artagnan et Porthos, qui ont permis à Mazarin de s’enfuir le premier dans une voiture sans arme, ainsi qu’à l’aide involontaire de Planchet, l’ancien valet de d’Artagnan devenu un personnage important de la Fronde, qui laisse passer le carrosse de Mazarin, croyant Porthos blessé à l’intérieur. Puis, il organise la fuite de la reine en volant le carrosse du coadjuteur, et en convainquant la reine de laisser le peuple voir le roi dormir.

Néanmoins, aussitôt arrivés, ils sont envoyés à Londres par Mazarin avec l’émissaire de Cromwell, un certain M. Mordaunt, qui les attend à Boulogne. Incapable de pouvoir rejoindre leurs amis faute de connaître leur destination, d’Artagnan convainc Porthos de ne pas supprimer l'émissaire, et ils continuent leur route avec lui.

La mort de Charles Ier[modifier | modifier le code]

Ensuite, on retrouve Athos et Aramis dans la tente du roi Charles Ier avec Lord de Winter, le beau-frère de Milady, à côté de Newcastle, où le roi accompagné des Écossais s’apprête à affronter l’armée de Cromwell. Mais ces Écossais, dirigés par le Comte de Loewen, et à qui le roi doit 400 000 écus de solde, livrent le roi à Cromwell : « L’Écossais, parjure à sa foi, pour un denier vendit son roi ». La majeure partie de l'armée royale fait donc défection, laissant le combat s'engager avec l'armée parlementaire.

Lord de Winter décide alors de prendre la place du roi dans la bataille pour que ce dernier puisse fuir, mais il est tué par Mordaunt. Aramis et Athos sont arrêtés et capturés par Porthos et D’Artagnan, qui les protègent ainsi ; le roi est également capturé. Les quatre amis reforment donc leur groupe, et font tout leur possible pour libérer le roi, tout d'abord en faussant compagnie à Mordaunt, dévoilant ainsi leur double jeu. Puis ils essayent de libérer Charles en manigançant une partie de carte avec son escorte, mais ils sont surpris au moment fatidique par Mordaunt et le colonel Harrison. En fuite, ils se déguisent en puritains et essayent à Londres de faire évader le roi en dressant l’échafaud avec les barreaux et les pierres de sa prison. Afin de gagner du temps, ils payent le bourreau et l’enferment dans la cave de leur auberge. Pourtant, le jour de l’exécution, un nouveau bourreau se présente et accomplit son funeste travail.

Avant sa mort, Charles Ier révèle à Athos le secret de l’héritage d’un million en or qui lui reste dans les caves du château de Newcastle, qu’Athos devra transmettre à l'héritier du trône. Il lui adresse cette dernière parole: « Remember » (« Souviens-toi »), et le bourreau fait son devoir.

La mort de Mordaunt[modifier | modifier le code]

Après la mort du roi, d’Artagnan file le bourreau, en réalité Mordaunt déguisé. Les quatre amis pénètrent sa maison et tirent au sort celui qui affrontera Mordaunt en duel – d’Artagnan obtenant cet honneur en premier, Athos préférant ne pas croiser le fer. Mais pendant le duel, Mordaunt s’enfuit par une porte dérobée. Les quatre amis décident donc de quitter l’Angleterre et monter sur la felouque L’Éclair, censée transporter du porto.

Lors de ce trajet, les valets assoiffés des mousquetaires s’introduisent dans la cale et ouvrent les tonneaux de porto, qui contiennent en réalité de la poudre. La felouque est dirigée par Groslow, l’officier avec lequel ils avaient joué aux cartes pour libérer le roi et son lieutenant, Mordaunt. Athos, Porthos, Aramis et D’Artagnan s’échappent de la felouque avec les quatre valets à temps. Mordaunt seul de l'équipage échappe à l'explosion ; amadouant Athos pour se rapprocher du canot des fugitifs, il tente de noyer ce dernier - qui en réchappe en poignardant son agresseur, le tuant sur le coup.

L’enlèvement de Mazarin[modifier | modifier le code]

De retour en France, les quatre amis se séparent, car d’Artagnan et Porthos qui ont trahi Mazarin ne veulent pas compromettre Athos et Aramis. Ces deux derniers rentrent d’abord à Paris pour annoncer la mort du roi d’Angleterre à sa femme Henriette et à ses enfants. Puis, ils retournent dans la route de Paris pour prendre des nouvelles de d’Artagnan et de Porthos. Comprenant que ceux-ci ont été capturés après leur retour, ils reviennent sur Paris où ils retrouvent Raoul (alors à l'armée royale), et où ils participent au combat de Charenton. Durant celui-ci, Aramis tue le chef de l'armée royale, et manque d'être tué par Raoul, qui ne l'avait pas reconnu. Le fils d'Athos prisonnier des frondeurs leur livre un message, montrant que leurs amis ont été capturés et emmenés à Rueil, où se situe la maison de Mazarin.

Athos va courageusement demander auprès de la reine la libération de ses compagnons ; il est à son tour emprisonné dans la prison de Rueil. D’Artagnan et Porthos saisissent alors l’occasion qui leur est présentée, car ils sont trois dans la prison à présent – ainsi, ils parviennent à s’enfuir, avant d’enlever Mazarin grâce aux chevaux qu’Aramis avait préparé pour essayer de les libérer.

La fin de la Fronde[modifier | modifier le code]

Athos, Porthos et Aramis se retirent donc avec Mazarin dans le château de Porthos à Pierrefonds, où ils le font accepter des conditions obtenues par d’Artagnan, sous menace de révéler le secret d’un ressort faisant mouvoir une caisse dans l’orangerie de Rueil, où se trouve un trésor, alors que Mazarin s’apprête à annoncer à la reine l’épuisement des finances. Après s'être assuré que ses compères ne changeront pas d'avis en son absence, d'Artagnan part faire valider ces conditions auprès de la reine. Par conséquent :

En outre, la ratification du traité avec les Parisiens fait aussi partie des conditions de libération de Mazarin. La reine signe ce traité malgré des réticences vaincues par d’Artagnan. Elle offre également un régiment à Raoul de Bragelonne. La demande de Porthos est aussi acceptée, car elle était destinée à Athos. Athos et Aramis repartent ensuite dans leurs terres.

Enfin, la reine, le roi et Mazarin peuvent rentrer à Paris avec d’Artagnan, à présent nouveau capitaine des mousquetaires, et Porthos, qui veut bien se faire voir de la famille royale. Lors de ce retour, d’Artagnan porte un coup d’épée mortel au duc de Rochefort, qui voulait poursuivre la Fronde avec le coadjuteur, s'étant sentis oubliés tous deux dans les faveurs accordées aux Frondeurs. Rochefort meurt en tant qu’ami de D’Artagnan, et lui pardonne car il l’a frappé sans le reconnaître. De son côté, Porthos tue le chef des mendiants Maillard qui attaquait de son côté ; perplexe devant cette figure qui lui est familière, il finit par reconnaître en lui « cette canaille de Bonacieux » et repart dans sa baronnie.

Personnages[modifier | modifier le code]

Premières lignes[modifier | modifier le code]

« Dans une chambre du Palais Cardinal que nous connaissons déjà, près d'une table à coins de vermeil, chargée de papiers et de livres, un homme était assis la tête appuyée dans ses deux mains. Derrière lui était une vaste cheminée, rouge de feu, et dont les tisons enflammés s'écroulaient sur de larges chenets dorés. La lueur de ce foyer éclairait par derrière le vêtement magnifique de ce rêveur que la lumière d'un candélabre chargé de bougies éclairait par devant. À voir cette simarre rouge et ces riches dentelles, à voir ce front pâle et courbé sur la méditation, à voir la solitude de ce cabinet, le silence des antichambres, le pas mesuré des gardes sur le palier, on eût pu croire que l'ombre du cardinal de Richelieu était encore dans sa chambre. Hélas ! c'était bien en effet seulement l'ombre du grand homme. La France affaiblie, l'autorité du roi méconnue, les grands redevenus forts et turbulents, l'ennemi rentré en deçà des frontières, tout témoignant que Richelieu n'était plus là. Mais ce qui montrait encore mieux que tout cela que la simarre rouge n'étaient point celle du vieux cardinal, c'était cet isolement qui semblait, comme nous l'avons dit, plutôt celui d'un fantôme que celui d'un vivant ; c'était ces corridors vides de courtisans, ces cours pleines de gardes ; c'était le sentiment railleur qui montait de la rue et qui pénétrait à travers les vitres de cette chambre ébranlée par le souffle de toute une ville liguée contre le ministre ; c'étaient enfin des bruits lointains. »

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Vingt Ans après, coll. « Ados », Pearson, Turin, 2000-2001 Adaptation simplifiée destinée aux adolescents et jeunes adultes non francophones, avec CD audio et exercices[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vingt Ans après sur pearson.it.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Marie Callet-Bianco, « Le romantisme des causes perdues : la noblesse chez Vigny et Dumas », dans Anne-Simone Dufief (dir.), « Plus noble que le roi » : représentations littéraires de la noblesse (journée d'hommage à Alain Néry du ), Angers, Presses de l'Université d'Angers, coll. « Senefiance » (no 60), , 162 p. (ISBN 978-2-915751-44-4, lire en ligne), p. 41-56.

Liens externes[modifier | modifier le code]