Porto (DOC)

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Porto
Image illustrative de l’article Porto (DOC)
Un verre de porto tawny

Désignation(s) Porto
Appellation(s) principale(s) Porto
Type d'appellation(s) Denominação de Origem Controlada (DOC)
Reconnue depuis 1756
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Région parente Vignoble de la vallée du Haut Douro
Climat méditerranéen
Sol surface schisteuse et sous-sol granitique
Cépages dominants touriga nacional, tinta roriz, touriga franca, tinta barroca, tinta cão (ou red dog)
Vins produits vin muté
Porto Tawny
Porto Tawny avec indication d'âge
Porto Ruby
Porto blanc
Porto vintage (Porto millésimé)

Le porto est un vin muté portugais, produit uniquement dans la région du Haut Douro, à 100 km en amont de la ville éponyme, entre Peso da Régua et la frontière espagnole. Le mot porto est un onomastisme, puisqu'il provient du nom de la ville de même nom. La basse vallée du fleuve, au voisinage de Porto, n'est pas le domaine du vin de ce nom mais celui du vinho verde, le climat local ne permettant pas au raisin d'atteindre ici sa pleine maturité.

La vigne est essentiellement exploitée par de petits producteurs, possédant chacun une petite parcelle, appelée quinta.

Histoire du porto[modifier | modifier le code]

Vieux rabelos ancrés à Vila Nova de Gaia

Le vin est produit dans la vallée du Douro depuis l'Antiquité mais ce n'est qu'au XVIIe siècle qu'apparaît l'appellation "vin de Porto".

Il connut à cette époque un grand succès en Angleterre. À la suite d'un embargo proclamé par le premier ministre de Louis XIV, Colbert, envers le roi d'Angleterre, les Anglais se trouvent privés de leur vin favori qu'est le "clairet" de Bordeaux, et découvrent au Portugal des vins de qualité similaire. Avec le traité de Methuen (1703), traité de coopération militaire, diplomatique et économique, ils obtiennent le privilège de fonder au Portugal des maisons de négoce en échange de la baisse des taxes sur le vin de Porto. Mais il reste cher et en concurrence avec les vins français. De plus, il supporte mal le voyage. On avait déjà l'habitude d'y ajouter de l'eau-de-vie pour qu'il supporte le transport. C'est alors qu'un marchand anglais, Jean Beardsley, a l'idée d'en augmenter le degré en ajoutant de l'eau-de-vie de vin pure. C'est la naissance du produit sous sa forme actuelle, très vite apprécié en Europe. La demande ayant augmenté considérablement, cela entraîna une baisse de qualité. Le premier ministre de l'époque, le marquis de Pombal, créa donc en 1756 un comité pour garantir des critères de qualité, un précurseur des appellations d'origine protégée en quelque sorte. Le règlement prévoyait entre autres de mettre en place des aires de vinification et de créer un cadastre des rives du Douro. Une classification basée sur un système de points divisait la production du porto en six catégories, les facteurs pris en compte étant le climat, le sol, l'inclinaison des parcelles, l'altitude, le rendement ainsi que l'âge des vignes. Les cépages furent également divisés en catégories, au nombre de trois.

Un mémoire d'étude a été réalisé par M. Chenin en 2007, ayant pour titre Étude comparative du Porto Vintage et du Banyuls Rimatge, au Centre d'études de viticulture et d'œnologie de Toulouse.

Les fûts de porto devaient être transportés par bateau, (les rabelos) jusqu'à Vila Nova de Gaia, où se trouvaient les principales sociétés de vente de porto. Ces bateaux ne servent plus aujourd'hui mais peuvent toujours être observés sur le cours du fleuve (voir photo).

Le Royaume-Uni est de nos jours encore un des plus gros consommateurs de porto et les Britanniques ont joué un rôle important en tant que propriétaires de sociétés de porto. Les grandes sociétés sont : Cálem, Ferreira (porto), Real Companhia Velha, Messias, Graham's, Barros, Quinta do Noval, Sandeman, Taylor's, Fonseca, Niepoort. La majorité des caves de porto fait partie de grands consortiums internationaux et il reste peu de sociétés familiales d'origine portugaises. Le porto est, à l'instar du cognac ou du champagne en France, principalement un produit d'exportation.

Le sol et le climat[modifier | modifier le code]

Vignoble de porto dans la vallée du Douro

La vigne est cultivée sur des coteaux schisteux qui reposent sur un sous-sol granitique. Le sol est d'une telle pauvreté en matières organiques et d'une telle aridité que peu de plantes peuvent y pousser. La culture est effectuée sur des terrasses accrochées à des falaises abruptes qui se jettent dans la vallée du Douro. La région sous appellation contrôlée a un climat de type méditerranéen (Csb) assez contrasté avec des différences de température plus marquées que dans la ville de Porto car elle se trouve à l'intérieur des terres. Il y fait plus chaud et plus sec en été, les températures records pouvant approcher les 40°, mais les nuits restent fraîches (env. 14 °C). Cependant, en hiver, il n'est pas rare qu'il y neige et qu'il gèle.


Relevé météorologique de Vila Real (481 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,8 3,6 5,7 6,8 9,4 12,8 14,3 14,8 12,6 10 5,8 3,4 8,5
Température moyenne (°C) 6,3 7,9 10,8 12 14,9 19,2 21,3 21,7 18,5 14,4 9,4 6,8 13,6
Température maximale moyenne (°C) 9,7 12,2 15,8 17,1 20,4 25,5 28,2 28,6 24,4 18,9 12,9 10,1 18,6
Précipitations (mm) 141,9 79,2 82,9 86,2 70,7 33,7 15,1 26,5 54,8 140,5 129,4 162,3 1 023,2
Source : Institut portugais de la mer et de l'atmosphère IPMA (1981-2010)


Les cépages[modifier | modifier le code]

Le porto est par définition un vin d'assemblage. Il y a encore peu, les différentes variétés qui rentraient dans la composition du porto n'avaient pas grande importance. À l'époque[Quand ?], environ une cinquantaine de variétés de raisins noirs et blancs étaient admises et une vingtaine recommandées par les autorités.

Parmi ces variétés recommandées, cinq sont reconnues par la plupart des négociants comme affichant des qualités de tout premier ordre :

Les Institutions Régulatrices des Vins de Porto[modifier | modifier le code]

Tout au long de leur histoire, les vins de Porto ont été réglementés par différentes organisations corporatistes et institutionnelles avec chacune des missions spécifiques (commerce, production, promotion, stockage…). Si l’Institut des Vins du Douro et de Porto (IVDP) est aujourd’hui l’institution "phare", cela n’a pas toujours été le cas et le chemin a été long [1].

La Compagnie Générale de l’Agriculture des Vignes du Haut-Douro[modifier | modifier le code]

Cette compagnie créée par décret royal en 1756 par le marquis de Pombal (ministre du souverain D. José et connu sous le nom de Sebastião José de Carvalho e Melo) marque l’émergence de la première région viticole délimitée et réglementée au monde [1].(Pour en savoir plus : www.realcompanhiavelha.pt)

L'Entrepôt de Gaia[modifier | modifier le code]

L’Entrepôt voit le jour en 1926 (décret du 31 juillet) suite à une vieille revendication des viticulteurs. Cet Entrepôt servira de succursale de la région productrice de Porto, laquelle exercera un contrôle et une surveillance rigoureuse des stocks afin d’empêcher le stockage, le transit, le commerce ou l’expédition de vins issus d’autres régions. Toutes les entreprises commercialisant des vins de Porto se voient dans l’obligation d’y faire vieillir leurs vins. Ce décret met donc fin à la commercialisation des vins de Porto depuis le Douro par les producteurs [1].

La Maison du Douro ("Casa do Douro")[modifier | modifier le code]

En 1932, le nouveau régime en place créé la Fédération Syndicale des Viticulteurs de la Région du Douro ("Casa do Douro"), organisme visant à protéger et à discipliner la production. La création de l’Institut du Vin de Porto en 1933 réduira ses compétences décisionnelles et notamment celles de fixer le volume du moût à fortifier et la fixation des prix. Néanmoins, le décret du 30 avril 1940 lui concédera des pouvoirs supplémentaires pour mettre à jour le cadastre, en distribuer le moût, approvisionner les producteurs en eaux-de-vie, contrôler le vin produit dans la région du Douro et délivrer les documents pour le transport des vins vers l’entrepôt de Gaia [1].

La Hanse des Exportateurs ("Grémio dos Exportadores")[modifier | modifier le code]

En 1933, la corporation de la Hanse des Exportateurs est créée pour discipliner le commerce autour des vins de Porto, tout commerçant étant tenu de s’y inscrire. Elle sera supprimée le 17 novembre 1975 pour laisser place à l’Association des Exportateurs de Vin de Porto rebaptisée Association des Entreprises de Vin de Porto en 1995 [1]. (Pour en savoir plus : www.aevp.pt)

L’Association des Producteurs-Embouteilleurs de Vin de Porto[modifier | modifier le code]

En 1986, l’Association des Producteurs-Embouteilleurs de Vins de Porto voit le jour et permet aux producteurs de la région du Douro de vendre et d’exporter directement le vin de Porto qu’ils produisaient et embouteillaient dans la région du Douro, ce qu’ils ne pouvaient plus faire depuis 1926. Cette initiative découle directement des nouvelles exigences liées au secteur viticole et à l’entrée du Portugal le 1er janvier 1986 dans la Communauté Économique Européenne [1].

La Commission Interprofessionnelle de la Région Délimitée du Douro (C.I.R.D.D.)[modifier | modifier le code]

En 1995, les statuts de la Commission Interprofessionnelle de la Région Délimitée du Douro sont acceptés par décret et permettront à la Commission d’assurer l’organisation et le contrôle de la production et de la commercialisation des vins AOC de la région. Elle est composée de moitié par des représentants de l’exploitation agricole et par moitié de représentants du commerce. En 2003, la Commission disparaît et se substitue à un conseil interprofessionnel inséré au sein de l’Institut des vins de Porto et du Douro [1].

L’Institut des Vins du Douro et de Porto[modifier | modifier le code]

Dénommé "Institut du Vin de Porto" par l’État lors de sa création en 1933, il a initialement pour but de le représenter dans le secteur et de superviser et arbitrer les relations entre la Maison du Douro et la Hanse des exportateurs. Sa mission consistait aussi à assurer la qualité du produit, promouvoir les vins à l’étranger et veiller à la défense de la marque. Depuis 2003, l’Institut des Vins du Porto fusionne avec la Commission Interprofessionnelle de la Région Délimitée du Douro (CIRDD) pour donner l’Institut du Vin du Douro et de Porto (IVDP) actuel [1].

L’IVDP est un institut public de nature interprofessionnelle. Il relève de l’administration indirecte de l’État et est doté d’une autonomie administrative et financière ainsi que d’un patrimoine propre. L’État détient les compétences relatives à la certification des vins de la région démarquée du Douro et à la discipline du secteur, qu’il s’agisse de surveillance et de contrôle ou de pouvoir de sanction. Le conseil interprofessionnel détient, pour sa part, toutes les responsabilités ayant trait à la gestion et à la coordination de la vitiviniculture dans le Douro [1].

Classification des parcelles[modifier | modifier le code]

En 1932, la Casa do Douro, l'association des viticulteurs du Douro, a eu pour mission d’enregistrer toutes les parcelles de vignes de la région délimitée du Douro. Dans les années 50, toutes les données qualitatives et quantitatives recueillies au cours des décennies précédentes dans les différentes zones du Douro, ont permis la mise en place d’une méthodologie pour classifier qualitativement les parcelles[2].

Cette méthode appelée "Méthode de Notation Moreira da Fonseca" se base sur 3 critères principaux : le sol, le climat et les conditions de culture. Ces critères sont subdivisés en 4 paramètres avec pour chacun une note minimum et une note maximum pouvant être attribuées [3],[4] :

Critères/Paramètres Note
minimum
Note
maximum
Sol
Nature du sol -400 100
Pierrosité 0 80
Productivité -900 120
Inclinaison 1 101
Climat
Localisation -50 600
Altitude -900 240
Abri au vent 0 60
Exposition -30 100
Conditions de culture
Cépages cultivés -150 150
Âge de la vigne 0 60
Cadre et conduite de la vigne -500 100
Densité -50 50

Chaque parcelle reçoit une note pour chacun des 12 critères. Les notes sont additionnées et les parcelles sont ensuite classées de A à I en fonction de la notation totale obtenue [3],[4] :

  • Parcelles classées A : plus de 1200 points ;
  • Parcelles classées B : de 1001 à 1200 points ;
  • Parcelles classées C : de 801 à 1000 points ;
  • Parcelles classées D : de 601 à 800 points ;
  • Parcelles classées E : de 401 à 600 points ;
  • Parcelles classées F : de 201 à 400 points ;
  • Parcelles classées G : de 1 à 200 points ;
  • Parcelles classées H : de -200 à 0 points ;
  • Parcelles classées I : de -400 à -201 points.

Les parcelles classées A sont l’équivalent du grand cru. Ces parcelles sont celles étant situés au bord du Douro, plantés sur un sol schisteux assurant une croissance optimale des cépages, orientés plein soleil pour une maturation régulière et ayant une inclinaison forte pour un bon drainage, les cépages recommandés et des vignes âgées de 15 à 75 ans. Celles classées G, H ou I n'ont pas l'autorisation de vinifier des vins de Porto [2].

Le système du "beneficio"[modifier | modifier le code]

Chaque année, l'Instituto dos Vinhos do Douro e do Porto (IVDP) détermine le "beneficio" c'est-à-dire la quantité totale de vin de Porto qui pourra être produite. Cette quantité est déterminée en fonction des ventes et des stocks encore existants. Plus les ventes augmentent, plus la quantité autorisée augmente et inversement, le but étant de réguler la production tout en contrôlant la qualité [5].

La classification apparaît donc primordiale pour les viticulteurs et les producteurs puisque en fonction de la classification de la parcelle, seul un pourcentage de la récolte pourra être utilisé pour la production de vin de Porto [5]. Néanmoins, si le "beneficio" est vraiment réduit, les producteurs peuvent "racheter" le beneficio à d'autres exploitants afin de pouvoir récolter plus. C'est notamment le cas des exploitations ayant les meilleurs terrains.

Par exemple, pour les vendanges de 2015, 111 000 pipas de 550 litres ont été autorisées à la production de vins de Porto, soit 61 050 000 litres de vins de Porto. Cette quantité est répartie sur les parcelles selon leurs classifications et autorise une quantité maximum de moût de raisin pouvant être réalisée dans le cadre de l’élaboration de vin de Porto dans une parcelle donnée. Le raisin restant est utilisé dans la production de vin du Douro[2].

Classification Coefficient (%) Litres/hectare
A 100 % 2051
B 98,4 % 2018
C 90,0 % 1846
D 87,5 % 1795
E 75,0 % 1538
F 31,0 % 636
G 0 % 0
H 0 % 0
I 0 % 0

Si par le passé la quasi-totalité des bons raisins étaient utilisés dans la production de vins de Porto, on constate aujourd’hui une tendance à l’équilibre avec une répartition des meilleurs raisins, tant dans les vins de Porto que dans les vins du Douro. Ceci explique l’incroyable amélioration des vins d’appellation d’origine contrôlée "DOC Douro" et l’apparition de nouveaux vins tranquilles tout à fait exceptionnels depuis quelques années [2].

L'élaboration du porto[modifier | modifier le code]

Elle commence avec les vendanges, effectuées dans des conditions particulièrement pénibles en raison de l'étagement du vignoble en de multiples terrasses accessibles uniquement à pied et par de fortes chaleurs. Et c'est aussi avec les pieds que s'effectuait autrefois le foulage du raisin, dans les lagares, ces grands cuviers naturels en granit qu'on trouve encore dans les quintas les plus traditionnelles et qui sont toujours utilisés pour la fermentation des meilleures catégories de "rubis" Vintages et LBV.

En cours de fermentation, on ajoute au moût sucré une quantité (environ 100 l d'alcool pour 400 l de vin) d'une eau-de-vie de vin le "brandy", titrant 77 % d'alcool. Le moment est crucial pour l'avenir du porto : trop tôt, et le vin sera lourd et pâteux, trop tard, il manquera de fruit et de rondeur. Nommé le mutage, cette opération a pour avantage de stopper la fermentation primaire, conservant du sucre au vin (ce qui apporte rondeur et fruité) pour lui éviter de devenir trop sec ou trop âpre ; elle renforce aussi son aptitude au vieillissement, lui conférant un corps plus puissant et un bouquet bien plus riche.

Le mutage terminé, le vin entre dans une période de sommeil qui dure tout l'hiver, lui permettant de se clarifier sous l'action du froid, grâce à des soutirages successifs. Le printemps venu, le porto quitte les quintas, à destination des chais des négociants. Selon sa qualité, il va entamer un vieillissement plus ou moins long, en foudres (20 000 à 100 000 litres), en barriques de 550 l, en bouteilles, ou selon une méthode mixte.

Les différents types de porto [6][modifier | modifier le code]

Les portos blancs[modifier | modifier le code]

Vin de 1870 à 1873
Bouteille de Porto blanc

Ils sont parfois moins alcoolisés que les autres types de portos et peuvent être secs ou doux selon six variantes : extra-dry, dry, half-dry, half-sweet, sweet et Lagrima, ceci en relation avec la quantité de sucres résiduels. Toutes ces informations figurent sur l'étiquette dans la langue du pays d'importation : anglais, français et portugais pour le marché national. Seule la mention sweet, "doux" ou doce n'est pas reprise sur l'étiquette. La mention white ou fine white définit les porto blancs doux. En effet les blancs doux ayant la même quantité de sucre que les Porto Rouges, le simple fait de dire "Porto Blanc" le classe dans la catégories des "doux". Ils doivent être bus très frais. Il n'est pas interdit de les boire frappés ou même en long drink, allongés avec du Tonic-water (Schweppes par exemple)

Les portos rouges[modifier | modifier le code]

Les portos rouges peuvent avoir été exposés ou non à une oxydation durant leur élevage. De là, on distingue les portos "oxydatifs" — qui se sont oxydés — des portos "réductifs".

Les portos oxydatifs[modifier | modifier le code]

Ces rancios ont évolué au contact de l'air et se sont oxydés. Jeunes, ils ont une couleur rouge sombre — dite ruby (voir Porto Ruby) — qui vire progressivement au roux — dite tawny — au cours de leur maturation, sous l'effet de l'oxygène. Ces portos peuvent se conserver longtemps une fois la bouteille débouchée.

Typiquement, le Porto Tawny est un assemblage de cuvées, vieilli entre cinq et sept ans en fûts au contact de l'air. C'est un vin de tous les jours, agréable à boire. Il doit être bu chambré si on veut apprécier la richesse de ses arômes. C'est le porto le plus consommé en France. Quand il porte une indication d'âge, il s'agit de l'âge moyen approximatif des portos assemblés. Ces coupages mûrissent dans des fûts de chêne pendant 10, 20, 30 ou même parfois pendant 40 ans. Le Colheita (ou Porto Tawny millésimé) est un porto issu des vendanges d'une seule année, officiellement reconnue extraordinaire par l'Instituto dos Vinhos do Douro e do Porto ayant été élevé au minimum sept ans en fût. Voir la liste des millésimes déclarés.

Les portos réductifs[modifier | modifier le code]

Les portos réductifs ont été élevés à l'abri de l'air (peu ou prou). Ils sont ainsi sensibles à l'oxydation et donc à boire rapidement une fois la bouteille ouverte.

Porto Ruby[modifier | modifier le code]

Le porto ruby est un assemblage de vins jeunes qui passent entre deux et six ans en fût avant d'être embouteillés et vendus. Il conserve plus ou moins sa couleur rouge vif d'origine qui lui confère son nom. Ce porto est donc très fruité et conserve une vivacité de vin jeune.

Porto Vintage ou porto millésimé[modifier | modifier le code]

C'est le produit d'une année exceptionnelle qui provient en général des meilleurs vignobles. Le vin reste deux ans en fût avant d'être embouteillé. Contrairement aux autres portos, le porto vintage vieillit et se bonifie en bouteille. Il peut atteindre sa maturité au bout de 20 ans et parfois beaucoup plus. C'est un vin de très longue garde qui doit être décanté avant d'être servi chambré. Subissant une oxydation particulièrement rapide, il doit généralement être consommé dans les 24 heures qui suivent son débouchage.

Tout comme les colheitas, avant de pouvoir déclarer une année vintage, il faut que le producteur ou le négociant fasse instruire sa demande auprès de l'Instituto dos Vinhos do Douro e do Porto. Voir la liste des millésimes recensés.

Porto Single Quinta Vintage[modifier | modifier le code]

Ce vin est un porto vintage provenant d'une seule et même parcelle. Il est souvent le fleuron d'une maison avec le colheita.

Porto Late Bottled Vintage ou LBV[modifier | modifier le code]

À l'origine, le Late Bottled Vintage est né des fûts de porto vintage invendus : les vins, ne trouvant pas preneur, restaient en barrique plus longtemps que prévu. Au fil du temps il est devenu une catégorie de porto à part entière. Il est conservé quatre à six ans en fût. De ce fait, il est moins puissant qu'un vintage et n'offre pas les mêmes capacités de vieillissement en bouteille. Il est prêt à déguster dès sa mise en bouteille.

Porto Crusted[modifier | modifier le code]

À l'origine le Crusted était produit lors de l'embouteillage des vintages effectué en Angleterre. Le vintage était transporté en fûts et embouteillé sans filtration. Toutefois les fonds de barrique, pleins de dépôts, n’étaient pas mis en bouteille dans la catégorie noble de vintages. À la fin de cette opération d’embouteillage, ces fonds de barrique étaient alors rassemblés dans l'une d'elles, mis en repos pour décantation, et ce vin, qui perdait son appellation de vintage, était embouteillé pour le plaisir du personnel de cave. On l'appelait "vintage du pauvre". Aujourd'hui[Quand ?], l'obligation de mise en bouteille au Portugal a éteint cette coutume. Néanmoins deux ou trois maisons tentent de maintenir cette appellation au travers d'assemblages, non pas de vintages, mais de vins de qualité supérieure de type LBV ou ruby sélectionnés qu'il est obligatoire de conserver deux ans en bouteille avant mise sur le marché. C'est le cas des maisons Graham's et Churchill. Hormis le côté élitiste de ces vins, ils ne présentent pas de qualités organoleptiques exceptionnelles : on leur préférera souvent des LBV traditionnels, non filtrés. On remarquera d'ailleurs que ces mêmes maisons filtrent leurs LBV.

Liste des millésimes déclarés Vintage[modifier | modifier le code]

L'Instituto dos Vinhos do Douro e do Porto a déclaré vintage les millésimes suivants [7] :

1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
  • 1900
  • 1904
  • 1908
  • 1911
  • 1912
  • 1917
  • 1920
  • 1922
  • 1924
  • 1927
  • 1931
  • 1934
  • 1935
  • 1942
  • 1945
  • 1947
  • 1948
  • 1950
  • 1955
  • 1958
  • 1960
  • 1963
  • 1966
  • 1967
  • 1970
  • 1975
  • 1977
  • 1979
  • 1980
  • 1982
  • 1983
  • 1985
  • 1987
  • 1989
  • 1991
  • 1992
  • 1994
  • 1997
  • 2000
  • 2003
  • 2007
  • 2011

Les producteurs et le marché[modifier | modifier le code]

Vitrail de Bacchus, 1899, chez Ramos Pinto

Les producteurs peuvent être répartis en trois catégories :

  • Les grandes compagnies de négociants, elles sont une quarantaine, possèdent plus de 200 marques et représentent 90 % du marché. Les porto vendus par ces compagnies sont le résultat d'assemblages de vins, achetés à des caves coopératives ou à des producteurs, produits par elles à partir de leurs propres raisins, produits par elles à partir de raisins achetés. Ces compagnies sont par exemple, Andresen, Burmester, Càlem, Croft, Cruz, Dow's, Ferreira, Fonseca, Graham's, Niepoort, Offley, Ramos Pinto, Rozès, Sandeman, Taylor's.
  • Les producteurs embouteilleurs, qui produisent eux-mêmes leur porto, seulement à partir des raisins de leur propre domaine ; ils ne peuvent acheter ni vins ni raisins. Ils sont au nombre d'une quarantaine également mais ne représentent que 5 % des ventes. Les producteurs embouteilleurs sont entre autres Quinta de Baldias, Quinta da Casa Amarela - http://www.quinta-casa-amarela.com/, Casal dos Jordoes, Casa de Sta Eufemia, Quinta de Sta Eufemia, Quinta do Infantado, Martha's Porto - http://marthasgroup.com/ , Quinta das Lamelas, Sao Leonardo, Magalhaes - Quinta dos Lagares- Quinta de Silval, Quinta da Pacheca, Quinta da Revolta, Quinta da Romaneira, Quinta de la Rosa, Quinta de Seara d'Ordens, Quinta do Tedo, Quinta do Vallado, Valriz.
  • Les caves coopératives que l'on trouve dans chaque village de la région du Douro. Ces caves produisent du porto à partir des raisins apportés par les habitants du village qui possèdent quelques pieds de vigne ou de petites propriétés sans contrat avec des compagnies. Il y a 33 000 propriétaires de vignes pour 30 000 hectares de vignes dans le Douro. Ces caves vendent leur porto aux grandes compagnies, mais également en vente directe. On y trouve Alijo, Mesao Frio.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Les Institutions Régulatrices des Vins de Porto », sur lesvinsdeporto.com (consulté le 18 octobre 2018)
  2. a, b, c et d « Classification des parcelles et "Beneficio" », sur lesvinsdeporto.com (consulté le 18 octobre 2018)
  3. a et b « Cotation du Vignoble du Douro », sur portodequintas.com (consulté le 18 octobre 2018)
  4. a et b (pt) « Portaria n° 413/2001 du 18 avril 2001 », sur ivdp.pt (consulté le 18 octobre 2018)
  5. a et b (en) « Port Wine, N. Moreira and P. Guedes de Pinho », sur researchgate.net (consulté le 18 octobre 2018)
  6. Les types de Porto
  7. « Instituto dos Vinhos do Douro e Porto », sur www.ivdp.pt (consulté le 18 octobre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Instituto dos Vinhos do Douro e do Porto

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