USS Pueblo (AGER-2)

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USS Pueblo (AGER-2)
Image illustrative de l’article USS Pueblo (AGER-2)
USS Pueblo en octobre 1967
Type Banner class enviromental research ship (en)
Histoire
A servi dans Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Chantier naval Kewaunee Shipbuilding and Engineering
Lancement 16 avril 1944
Commission 13 mai 1967
Statut En service dans l'US Navy
Capturé par la Corée du Nord le 23 janvier 1968
Équipage
Équipage 6 officiers, 70 hommes d'équipage
Caractéristiques techniques
Longueur 177 pieds (54 m)
Maître-bau 32 pieds (10 m)
Tirant d'air 9 pieds (3 m)
Vitesse 12,7 nœuds (24 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement 2 mitrailleuses M2 Browning de calibre .50

L’USS Pueblo (AGER-2) est un navire de recherche technique ELINT et SIGINT[1] de classe Banner de la marine américaine. Capturé par la Corée du Nord en 1968, à partir de 2013 il est exposé en tant que navire musée dans un bassin proche du musée de la guerre victorieuse de la libération de la patrie de Pyongyang[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Il est construit pour servir comme navire de charge pour passagers et marchandises pour l'United States Army en 1944.

Ce cargo léger est transformé avec deux de ses navire-sœur en « navire espion » pour l'US Navy en 1967.

Crise du Pueblo[modifier | modifier le code]

Il fut abordé et capturé par la Corée du Nord le dans ce qui fut appelé la crise ou l'incident du Pueblo. La prise du navire américain et de ses 83 membres d'équipage, dont l'un fut tué lors de l'opération, se produisit seulement trois jours après le raid sur la Maison Bleue lors duquel 31 soldats nord-coréens franchirent la zone coréenne démilitarisée entre les deux Corées et tuèrent 26 Sud-Coréens dans l'objectif d'assassiner le président sud-coréen à Séoul, et dans le contexte de la guerre du Vietnam, une semaine avant l'offensive du Tet.

La prise du Pueblo et la torture de son équipage pendant ses 11 mois de détention devint une crise majeure de la guerre froide entre les États-Unis et l'URSS et la Chine populaire.

La Corée du Nord affirma que le Pueblo était délibérément entré dans ses eaux territoriales, à 7,6 miles de l'île de Ryo en mer du Japon et que le livre de bord montrait qu'il s'y était introduit plusieurs fois[3]. Cependant, les États-Unis ont maintenu que le navire était dans les eaux internationales au moment de l'incident et que toutes les prétendues preuves avancées par la Corée du Nord pour soutenir ses allégations étaient fabriquées[4].

Réaction des États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis des personnes voulaient « faire payer cet acte de piraterie »[2]. Des élus américains ont demandé l'utilisation de l'arme nucléaire. Lucius L. Mendel Rivers a suggéré d'envoyer un ultimatum en menaçant d'utiliser l'arme nucléaire[2] et l'utilisation de l'arme nucléaire fut effectivement envisagée[5]. Finalement, hormis une démonstration de force (quatre unités de la marine et une opération de reconnaissance aérienne) les États-Unis n'ont pas réagi, Richard Nixon expliquant dans ses mémoires cette inaction pour « éviter le risque de rouvrir un conflit dans la péninsule »[6].

Après la crise[modifier | modifier le code]

Après sa capture, il disparut pendant plusieurs années pour réapparaître en 1995 en tant que symbole exposé au port de Wonsan. En 1999, il a été amarré sur le fleuve Taedong à Pyongyang. Puis, à partir de 2013, il est amarré le long de la rivière Botong à Pyongyang et sert comme bateau musée au musée de la guerre victorieuse de la libération de la patrie de Pyongyang[2],[7].

Le Pueblo est toujours détenu par la Corée du Nord en 2018 ; il est le seul navire de l'US Navy encore sur le registre des navires en service, et actuellement saisi[8],[9] (à ce titre, il est le plus ancien navire encore en service de la marine américaine après le trois-mâts USS Constitution).

L'USS Pueblo à Pyongyang en 2014

Pourquoi l'USS Pueblo a-t-il été capturé ?[modifier | modifier le code]

Il existe différentes hypothèses pour expliquer cette capture. La première serait que le navire aurait été confondu avec une unité sud-coréenne et que les autorités se seraient rendu compte trop tard de leur méprise. La seconde hypothèse est que la Corée du Nord aurait, par cette capture, voulu tester la détermination des États-Unis à intervenir, pensant que pris dans la guerre du Vietnam, ils n'auraient pas réagi[5].

Dans son émission Rendez-vous avec X sur France Inter, Patrick Pesnot évoque plusieurs faits troublants, laissant penser que le Pueblo a été délibérément sacrifié par quelques extrémistes afin de pousser vers une guerre nucléaire avec les Nord-Coréens.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Newton 1992.
  2. a b c et d Philippe Pons, Corée du Nord, un État-guérilla en mutation, Paris, Gallimard, coll. « La Suite des temps », , 720 p. (ISBN 978-2-07-014249-1), page 228 + note de bas de page nº1 et 2
  3. Naenara News
  4. (en) John R. Schindler, « A DANGEROUS BUSINESS: The U.S. Navy and National Reconnaissance During the Cold War » (consulté le 24 juin 2013), p. 9.
  5. a et b Philippe Pons, Corée du Nord, un État-guérilla en mutation, Paris, Gallimard, coll. « La Suite des temps », , 720 p. (ISBN 978-2-07-014249-1), page 228 229
  6. Philippe Pons, Corée du Nord, un État-guérilla en mutation, Paris, Gallimard, coll. « La Suite des temps », , 720 p. (ISBN 978-2-07-014249-1), page 229 + note de bas de page nº3
  7. http://www.usspueblo.org/North_Korea/USS_PUEBLO_Today.html
  8. (en) « List of active ships », Naval Vessel Register, NAVSEA Shipbuilding Support Office (consulté le 23 mai 2013).
  9. (en) « Naval Vessel Register Web page on USS Pueblo – AGER-2 », Nvr.navy.mil (consulté le 11 juin 2009).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurin Picard, « L'US Navy nous a abandonnés aux Nord-Coréens », Guerres et Histoire, no 14,‎ , p. 6-12, article original du magazine Life du .
  • (en) Robert E. Newton, The Capture of the USS Pueblo and Its Effect on SIGINT Operations, U.S. Cryptologic History, Special Series, Crisis Collection, National Security Agency (NSA), , 148 p. (lire en ligne).