Songbun

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Songbun, en coréen 출신성분, est un système de caste en Corée du Nord qui existe depuis les années 1950. C'est un système de gestion de la prestation des services de l'État et de surveillance des individus. Ce système divise la population en 5 groupes : spécial, normal, de base, complexe et hostile. Le système est formé sous forme de pointage et les citoyens sont susceptibles de monter et descendre dans la hiérarchie. Il est très difficile de connaître la constitution exacte de ce système en raison de la difficulté d'accès à l'information. Les informations proviennent en grande partie de témoignages de Nord Coréen en exile.

De nombreux facteurs peuvent influencer le pointage. Ceux ayant combattu l'occupation japonaise et/ou combattue lors de la guerre de Corée reçoivent un rang spécial ou normal. Les citoyens vedette ayant été visité par un leader ou fait un geste héroïque pour la patrie reçoivent un rang spécial ou normal. Au contraire, les personnes ayant lutté contre le Parti reçoivent un rang complexe ou hostile. D'autres facteurs plus quotidiens affectent ce pointage comme la participation active aux diverses activités obligatoires, le métier, la position dans le Parti. Le pointage se transmet au membre de la famille et se transmet aux prochaines générations.[1]

Le pointage ou même le rang du Songbun n'est pas systématiquement connu des citoyens. Ils peuvent demander aux instances appropriées leur pointage, ce qui leur sera donné après un certain temps. Ce qui émet des doutes sur la rigueur de la comptabilisation de cesdits points.

Le Songbun classifie les citoyens afin de déterminer les ressources et privilèges auxquels ils auront accès. Ce système de caste est englobant sur tous les aspects de la vie d'une personne. Alors, contrairement aux principaux systèmes occidentaux de classification, comme les examens de classement académique. Les citoyens sont sélectionnés selon leur loyauté et utilité politique plutôt que leurs compétences. Ce faisant, les citoyens classés aux plus hauts rangs vivront à Pyongyang, iront aux meilleures universités, obtiendront les meilleurs logements, une plus grande ration et pourront participer à diverses activités culturelles. Au contraire, les citoyens classés aux plus bas seront obligés de vivre loin des grands centres, notamment dans le Hamgyong du Nord, obtiendront les pires appartements, n'auront pas accès aux études supérieures. Ce faisant, les villes les plus éloignées géographiquement de la capitale seront aussi les plus délaissées et les plus pauvres[2]. Cela aura un effet pervers pour le régime puisque ça créera la classe non officielle des dongju. En effet, les citoyens les moins loyaux qui ont été relayés dans les villes profiteront du laxisme des autorités, eux aussi jugés moins loyaux, et de la proximité à la Chine pour importer des produits et faire du commerce[3].

Le Songbun est aujourd'hui non-efficace. La libéralisation de l'économie et par conséquent sa monétisation a créé un grand système de corruption[4]. Les personnes responsables de la surveillance et de la comptabilisation du pointage du Songbun seront portées à accepter une contribution en échange de laissez-passer. Il va de même pour l'accès aux diverses institutions et activités. L'économie étant libéralisé les citoyens ne s'appuient plus sur le système étatique pour recevoir des biens et nourritures. Ce changement des rapports à renverser le système social nord-coréen, les citoyens faisant partie de la caste spéciale a vu leurs privilèges disparaître et les citoyens des castes complexes ayant des moyens financiers ont pu déménager à Pyongyang[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephan Haggard et Marcus Noland, « Reform from below: Behavioral and institutional change in North Korea », Journal of Economic Behavior & Organization, vol. 73, no 2,‎ , p. 133–152 (ISSN 0167-2681, DOI 10.1016/j.jebo.2009.09.009, lire en ligne)
  2. Andrei Nikolaevich Lankov, In-ok Kwak et Choong-Bin Cho, « The Organizational Life: Daily Surveillance and Daily Resistance in North Korea », Journal of East Asian Studies, vol. 12, no 02,‎ , p. 193–214 (ISSN 1598-2408 et 2234-6643, DOI 10.1017/s1598240800007839, lire en ligne)
  3. Andrei Lankov et Kim Seok-hyang, « North Korean Market Vendors: The Rise of Grassroots Capitalists in a Post-Stalinist Society », Pacific Affairs, vol. 81, no 1,‎ , p. 53–72 (ISSN 0030-851X, DOI 10.5509/200881153, lire en ligne)
  4. Seung-Ho Jung, Ohik Kwon et Sung Min Mun, « Dollarization, Seigniorage, and Prices: The Case of North Korea », Emerging Markets Finance and Trade, vol. 53, no 11,‎ , p. 2463–2475 (ISSN 1540-496X et 1558-0938, DOI 10.1080/1540496x.2017.1344833, lire en ligne)
  5. Andrei Nikolaevich Lankov, In-ok Kwak et Choong-Bin Cho, « The Organizational Life: Daily Surveillance and Daily Resistance in North Korea », Journal of East Asian Studies, vol. 12, no 02,‎ , p. 193–214 (ISSN 1598-2408 et 2234-6643, DOI 10.1017/s1598240800007839, lire en ligne)